Beaucoup de monde se pressait aujourd'hui vendredi 30 octobre au stand des Éditions Hibr au Salon International du Livre d’Alger, à l'occasion de la rencontre de vente-dédicace du dernier ouvrage d’Ahmed Benzelikha, Djaout, le déterreur de l’histoire, consacré à cette grande figure de la littérature et du journalisme algériens.

​Un essai-événement qui n’est pas passé inaperçu. Et pour cause : son sujet ambitieux consiste à revisiter l'ensemble de l'œuvre romanesque de Tahar Djaout, l'un des intellectuels les plus lumineux et tragiquement fauchés de notre histoire contemporaine. Benzelikha, comme à son habitude, sort des sentiers battus pour nous faire découvrir, sous les récits, tout un monde de mythes ; sous les personnages, toute une symbolique ; et sous les discours, tout un ensemble de résonances politiques et esthétiques.

Un regard neuf sur l'architecture romanesque de Djaout

​Plongeant dans les textes fondateurs de Djaout,  de L’Exproprié aux Chercheurs d’os, en passant par L'Invention du désert ou Les Vigiles – l'auteur s'attache à décortiquer la fabrique du texte djaoutien.

​Pour Benzelikha, le roman chez Djaout ne relève jamais du simple divertissement ou de la narration linéaire. Il s'apparente à un laboratoire du sens, un espace où la création littéraire dialogue en permanence avec l'histoire, la sociologie et la politique.

​Le mythe comme arme de résistance

​L'une des thèses maîtresses développées dans cet essai réside dans l'usage que fait Djaout du mythe et de la mémoire. Loin d'être figé ou purement décoratif, le mythe est chez lui « déterré » pour devenir un outil de combat immédiat.

​Ainsi l'essai met en lumière la façon dont Djaout intègre les structures du conte, de la parabole et de la culture amazighe pour irriguer son écriture.

​De même les mythes ne servent pas à fuir le réel, mais à le percuter, à dénoncer l'imposture des appareils de domination et à éveiller les consciences endormies.

​Une foule au rendez-vous de la mémoire

​L'affluence constatée au stand des Éditions Hibr témoigne de la vitalité de la mémoire de Tahar Djaout, plus de trente ans après son assassinat.

À travers cet ouvrage, Ahmed Benzelikha réussit un double pari : rendre hommage à un écrivain irremplaçable et offrir aux lecteurs contemporains les clés indispensables pour comprendre la profondeur d’une œuvre qui continue d'éclairer notre présent.

​Djaout, le déterreur de l’histoire s’impose ainsi d’ores et déjà comme une lecture incontournable pour quiconque souhaite mesurer la portée universelle et singulière de la voix de Tahar Djaout dans le paysage littéraire algérien, méditerranéen et universel.