Par Hanane Ben

Selon le journal allemand spécialisé dans le solaire pv magazine, le marché photovoltaïque algérien entre aujourd'hui dans une phase plus mûre et décisive. Le média estime qu'il ne suffit plus de compter sur le potentiel d'ensoleillement exceptionnel du pays ou sur sa proximité géographique avec l'Europe, mais qu'il faut désormais évaluer sa capacité à concrétiser ses projets sur le terrain.

D'après le journal allemand, l'Algérie ne suit pas la même logique de transition énergétique que ses voisins. pv magazine souligne que le solaire y est perçu comme un véritable outil de souveraineté économique : chaque mégawatt-heure produit grâce au photovoltaïque permet de préserver du gaz naturel pour l'exporter ou le valoriser dans l'industrie.

Bien que le pays vise un programme ambitieux de 15 GW, dont 3,2 GW sont déjà en cours d'exécution, la publication spécialisée rappelle que près de 99 % de l'électricité nationale dépend toujours du gaz naturel. Selon le journal allemand, le modèle actuel fondé sur la commande publique (EPC) montre ses limites financières. Pour passer des annonces aux financements réels, pv magazine indique que l'Algérie gagnera à s'ouvrir davantage aux producteurs d'électricité indépendants (IPP) et aux contrats d'achat d'électricité à long terme.

Selon le journal spécialisé, la modernisation et l'extension du réseau électrique constituent la clé de voûte de cette transition, les gisements solaires les plus puissants étant situés loin des grands centres de consommation. De plus, pv magazine insiste sur l'importance du stockage par batterie, présenté non pas comme une option, mais comme une infrastructure essentielle pour stabiliser le réseau national et alimenter les zones industrielles.

Enfin, d'après le journal allemand, le choix des équipements solaires doit s'adapter aux contraintes climatiques du désert, comme les fortes chaleurs et la poussière, afin de garantir leur rentabilité sur 20 à 30 ans. pv magazine salue l'exigence algérienne de 35 % d'intégration locale dans les projets, tout en rappelant que cette mesure doit servir à bâtir de véritables compétences techniques et des chaînes d'approvisionnement industrielles pérennes à travers le pays.

L'Algérie s'inscrit pleinement dans la trajectoire décrite par le journal spécialisé, confirmant une transition progressive d'une politique d'intentions vers une phase d'exécution concrète sur le terrain. Le pays a en effet engagé la réalisation effective de son programme stratégique de 3 000 MWc de centrales photovoltaïques, quittant ainsi la simple logique d'annonces pour entrer dans le concret. Cette démarche répond à l'objectif central de préserver le gaz naturel, qui alimente encore près de 99 % de l'électricité nationale, afin de le valoriser à l'exportation ou dans l'industrie locale. Pour soutenir cette ambition, l'Algérie modernise progressivement ses infrastructures de réseau pour acheminer l'énergie depuis les gisements solaires du Sud vers les centres de consommation du Nord, tout en intégrant les contraintes climatiques sahariennes et les exigences de stockage par batterie. Enfin, le pays applique rigoureusement l'exigence d'un taux d'intégration locale de 35 % pour structurer une véritable industrie nationale.

Enfin, face aux limites financières du modèle traditionnel fondé uniquement sur la commande publique (EPC) et le budget de l'État, l'Algérie amorce une évolution progressive vers l'ouverture aux producteurs d'électricité indépendants (IPP) et aux contrats d'achat à long terme (PPA) ; cette mutation est jugée indispensable pour offrir aux banques et investisseurs internationaux les garanties de rentabilité nécessaires (la bancabilité ) pour mobiliser les milliards de dollars requis vers l'objectif des 15 GW, tout en maintenant ces partenariats privés sous le contrôle strict, la régulation souveraine et le pilotage permanent de l'État.