Le ministère de l'Hydraulique et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) ont appelé, dimanche dans un communiqué conjoint, les citoyens et l'ensemble des acteurs concernés à ancrer durablement les pratiques de rationalisation de l'eau et à les adopter de manière pérenne afin de contribuer à la préservation de la ressource, à la protection de la santé publique et au renforcement de la sécurité sanitaire, soulignant que la préservation de l'eau, en tant que ressource vitale et patrimoine national commun, est une responsabilité individuelle et collective qui exige une utilisation rationnelle et un comportement responsable dans tous les aspects de la vie quotidienne.
Le communiqué a précisé que "la disponibilité d'une eau sûre et potable constitue l'un des fondements essentiels pour la protection de la santé humaine, pour l'amélioration de la qualité de vie et pour le soutien au développement économique et social.
Cependant, cette ressource vitale, longtemps considérée comme abondamment disponible, est aujourd'hui plus vulnérable et davantage soumise à des tensions résultant de facteurs multiples et croissants, notamment l'augmentation des températures, la répétition des vagues de chaleur, la diminution des précipitations et l'aggravation des périodes de sécheresse".
L'eau revêt une importance fondamentale pour la santé, la vie quotidienne ainsi que pour le développement économique et social. Dans un contexte marqué par l'intensification des tensions climatiques et hydriques, la sécheresse impose des défis croissants aux ressources disponibles ce qui nécessite un renforcement de la vigilance, l'adoption de comportements responsables et une utilisation rationnelle de l'eau afin d'en garantir la durabilité et préserver ainsi les besoins essentiels de la population.
Selon le communiqué, "la diminution de la disponibilité des ressources en eau ou l'accès limité à une eau salubre en quantité suffisante se traduira par des répercussions environnementales, sanitaires, sociales et économiques. De même, la concomitance des vagues de chaleur et des périodes de sécheresse peut, selon les circonstances, accroître les risques liés à la déshydratation aigue, à l'hyperthermie ainsi qu'à certains risques associés à la qualité de l'eau notamment aux maladies à transmission hydrique, à la sécurité sanitaire et au bien-être du citoyen".
Face à ces défis, "il serait impératif de consolider les principes d'une gestion quotidienne et rationnelle de l'eau, celle-ci constituant un élément essentiel de la protection de la santé publique et de la préservation durable des ressources hydriques".
Dans ce contexte, la gestion rationnelle de l'eau constitue un défi commun étroitement lié à la santé publique et à la préservation des ressources. Elle nécessite la mobilisation des autorités publiques, des opérateurs et des différents usagers, ainsi que l'adoption de comportements responsables permettant de réduire les consommations non nécessaires et de limiter les pertes en eau.
Afin d'anticiper les effets potentiels de la sécheresse et d'adapter progressivement les mesures à l'évolution de la situation hydrique, il est proposé d'adopter quatre niveaux complémentaires, servant de cadre indicatif de sensibilisation et de vigilance : 1. Vigilance: ce niveau vise à assurer le suivi des premiers indicateurs de stress hydrique et à sensibiliser les citoyens ainsi que les secteurs concernés à la nécessité d'adopter des comportements responsables, de rationaliser la consommation d'eau et de limiter les usages non indispensables.
2. Alerte: ce niveau est activé lorsque des tensions significatives sur les ressources en eau sont constatées. Il comprend la mise en œuvre de mesures visant à réduire certains usages non essentiels, accompagnée d'un renforcement des actions de sensibilisation et d'information sur la nécessité d'économiser l'eau.
3. Alerte renforcée: ce niveau est adopté lorsque la situation hydrique continue de se dégrader et que la tension sur les ressources disponibles s'intensifie. Il implique la mise en œuvre de mesures plus strictes de maîtrise de la consommation et de préservation des réserves en eau afin d'éviter d'atteindre un seuil critique.
4. Crise: ce niveau est déclenché lorsque la situation hydrique atteint un stade critique nécessitant d'accorder une priorité absolue à l'approvisionnement en eau potable, aux usages sanitaires et aux exigences de sécurité publique, tout en limitant la majorité des autres usages, afin de préserver les besoins vitaux de la population.
Il convient de préciser que ces niveaux constituent un cadre indicatif de sensibilisation et de vigilance. En revanche, les mesures de restriction des usages de l'eau revêtant un caractère réglementaire relèvent des autorités compétentes et sont appliquées conformément aux textes et procédures en vigueur.
Dans ce cadre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire et le ministère de l'Hydraulique incitent les citoyens ainsi que l'ensemble des acteurs concernés à contribuer activement à la préservation des ressources en eau, notamment à travers l'adoption des pratiques suivantes : Eviter le gaspillage de l'eau et en réserver l'usage aux besoins réellement nécessaires.
Eviter d'utiliser l'eau potable pour des usages pour lesquels des solutions alternatives peuvent être envisagées.
Ne pas laisser les robinets ouverts inutilement et veiller à réparer les robinets et les réseaux d'eau internes présentant des fuites, tout en économisant l'eau lors des différents usages domestiques.
Surveiller la consommation d'eau au sein des ménages et des établissements et prendre les mesures nécessaires en cas d'augmentation inhabituelle de la consommation.
Signaler, sans délai, les fuites et les dysfonctionnements constatés sur les réseaux de distribution d'eau ou sur la voie publique auprès des organismes chargés du service public de l'eau et des services compétents des collectivités locales (selon les estimations de la Banque mondiale, les pertes d'eau au sein des réseaux de distribution sont estimées à deux litres pour cinq litres produits).
Rationaliser l'arrosage des jardins et des espaces verts, éviter l'arrosage durant les heures de forte chaleur et privilégier, lorsque cela est possible, des techniques économes en eau notamment l'irrigation goutte à goutte Limiter le lavage des véhicules, des trottoirs et des espaces extérieurs, sauf en cas de nécessité et dans les lieux prévus à cet effet.
Reporter le remplissage, le renouvellement ou la remise à niveau de l'eau des bassins et piscines privés durant les périodes de tension hydrique.
Accorder la priorité à l'eau destinée à la consommation humaine et aux usages sanitaires essentiels.
Promouvoir une culture de préservation de l'eau et de rationalisation de son utilisation au sein de la famille, de l'école et du milieu professionnel.
Préserver les ressources en eau de toute pollution et éviter le rejet de déchets ou de substances polluantes dans les oueds, les cours d'eau ou à proximité des puits et des ouvrages hydrauliques, compte tenu de leurs effets directs sur la qualité de l'eau, la santé humaine et l'environnement.
Réutiliser les eaux usées traitées pour le lavage des voiries ainsi que pour l'arrosage des jardins et des espaces verts.
L'eau, note la même source, est "une ressource vitale et un patrimoine national commun. Sa préservation constitue une responsabilité individuelle et collective qui exige une utilisation rationnelle et un comportement responsable dans tous les aspects de la vie quotidienne".
Ainsi, la protection des ressources en eau ne se limite pas aux seules mesures techniques et administratives, elle commence également par les comportements individuels et collectifs. Une consommation responsable de l'eau, même à petite échelle, peut contribuer de manière concrète à réduire la tension sur les ressources hydriques et à garantir leur durabilité au bénéfice des générations présentes et futures.
Dans ce contexte, "le ministère de l'Hydraulique et l'Agence nationale de sécurité sanitaire appellent les citoyens ainsi que l'ensemble des acteurs concernés à ancrer durablement ces pratiques et à les adopter de manière pérenne, ceci afin de contribuer à la préservation des ressources en eau, à la protection de la santé publique et au renforcement de la sécurité sanitaire".