Par Amar Djerrad
Le présent article se propose de répondre aux récentes élucubrations de Saïd Salhi, qui est indigné de constater que le Dr Ahmed Bensaada anime une conférence à Béjaïa sur les “guerres cognitives”. Salhi, ancien militant des “droits de l’homme”, a vu son statut s’effondrer suite à la dissolution de sa Ligue (la LADDH) en juin 2022.
Cette décision judiciaire a été prise après la révélation de ses liens avec des entités étrangères, telles que la NED (National Endowment for Democracy), qui est considérée par de nombreux chercheurs comme le fer de lance des “révolutions colorées” et le “bras civil” du soft power américain.
Aujourd’hui, en exil en Belgique et soutenu par l’organisme BelRefugees, dont la mission est généralement d’aider les populations vulnérables, Salhi développe une identité numérique flatteuse. Sur Facebook, il se définit comme « personnalité publique », « membre d’une LADDH dissoute de façon arbitraire » et « coordinateur de centre de réfugiés ». Il met en avant ses titres académiques (UCL, Université de M’Sila) pour se parer d’une stature de « défenseur des droits humains universels ».
C’est cet individu qui est sorti de sa réserve pour appeler au boycott d’une conférence organisée le 24 janvier 2026 à Béjaïa. Le Dr Ahmed Bensaada y était invité par un forum de patriotes pour traiter de la thématique : « Algérie : culture et guerre cognitive ».
S’érigeant en autorité autoproclamée de sa wilaya d’origine depuis le confort de Bruxelles, Salhi a qualifié cette rencontre de provocation symbolique. Son intervention est d’une rare violence : « Quand je vois certains militants dérouler le tapis rouge à la Maison de la culture de Béjaïa pour Bensaada, cet écrivaillon de service, ce héros de salon, toujours prêt à distribuer des leçons… quand je me rappelle quand il jubilait …(de) la dissolution de RAj, et de la LADDH , ses écrits tissés de mensonges servent a couvrir et légitimer la répression… j’ai la nausée. Quel piteux spectacle. Pauvre Béjaïa… Quand les lions s’absentent, les …. organisent la réception…»
Cette réaction trahit une hypocrisie manifeste. Pourquoi ce « chantre » autoproclamé des libertés n’a-t-il pas exprimé son indignation lors des précédentes conférences du Dr Bensaada dans d’autres régions d’Algérie ? En ne s’indignant que pour « sa » wilaya, il se révèle être un régionaliste primaire et vil, intellectuellement malhonnête qui ne mérite aucune considération !
Qualifier les organisateurs locaux de « chacals » (qu’il n’ose pas écrire), alors que lui, le prétendu « lion », a fui le terrain, témoigne d’un esprit de caniveau.
Cette hostilité était prévisible : le Dr Bensaada a prouvé, documents à l’appui, les financements occultes liant Salhi, la LADDH, et le RAJ (d’A. Fersaoui) à la NED et à Canal France International (CFI). Les chiffres, tirés des rapports mêmes de ces organismes, sont irréfutables :
• LADDH : 117 000 dollars de la NED (2002-2010), soit plus de 1,5 milliard de centimes.
• RAJ : 427 000 dollars (1997-2019), dépassant les 5,6 milliards de centimes.
• Radio M : entre 20 000 et 80 000 euros versés par CFI (dépendant du Quai d’Orsay).
D’autres entités subversives telles que « Djazaïrouna », « Somoud », « SOS Disparus » ou le SNAPAP sont également citées dans ces réseaux de « printanisation » financés par l’étranger.
Face à ces faits, Salhi tente, en mentant effrontément, de mettre en parallèle ces subventions opaques reçues par la LADDH, et le RAJ en les plaçant sur le même plan que les institutions de l’État, les organismes régaliens ou le Croissant-Rouge. Or, ces structures gouvernementales opèrent dans le cadre d’accords bilatéraux souverains, régis par des règles et des procédures spécifiques, contrairement à ces associations qui contournent les protocoles officiels pour servir des agendas de déstabilisation.
Condamné par contumace en Algérie pour des activités subversives, Saïd Salhi cherche aujourd’hui, par la calomnie, de se venger de celui qui a révélé son rôle d’agent d’influence. Derrière le vernis du militantisme, l’opinion perçoit désormais un opportuniste dont l’allégeance à des puissances extérieures et le soutien au « changement de régime » sont perçus comme une trahison envers sa patrie.
Saïd Salhi entretient des relations étroites avec plusieurs milieux associatifs et médiatiques français, qui servent de relais à ses attaques contre l’État algérien et ses institutions. Parmi ces soutiens, figurent notamment la LDH France, Riposte Internationale, l’ACAT, EuroMed Rights, ainsi que BelRefugees, en collaboration avec le réseau français SINGA, impliqué dans le programme « Voix en exil » soutenu par le ministère français des Affaires étrangères. À cela, s’ajoutent certains médias, tels que L’Humanité ou des publications spécialisées sur le Maghreb où il diffuse ses tribunes, ainsi que des personnalités françaises qui le présentent comme un « témoin » privilégié.
Pour les autorités algériennes, cet ensemble de soutiens constitue un indicateur d’une collaboration entre les militants en exil et les milieux d’influence étrangers, visant à exercer une pression diplomatique sur Alger. Inséré dans cet écosystème franco-belge, Saïd Salhi renforce, aux yeux de nombreux Algériens, les accusations de « connexion étrangère » et d’ingérence manifeste. S’il rejette ces griefs en invoquant de simples « partenariats internationaux » et des financements destinés à la « formation », l’origine de certaines subventions — notamment celles liées à la NED — alimente, pour ses détracteurs, l’hypothèse d’un agenda politique dicté de l’extérieur.
L’implication de Saïd Salhi (et de la LADDH) a été manifeste dans la dérive du Hirak. À la suite de la démission de l’ex président en 2019, il avait plaidé, aux côtés du Pacte pour l’Alternative Démocratique (PAD), en faveur d’une “transition” hors du cadre constitutionnel. Ce projet reposait sur la désignation d’un collège de trois personnalités chargées de diriger le pays jusqu’aux élections. En s’appuyant sur la LADDH, il a tenté de contourner le suffrage universel au profit d’une élite cooptée. L’Armée ayant refusé d’avaliser ce schéma, la voie constitutionnelle a été privilégiée, conduisant aux élections de décembre 2019.
À l’inverse, l’action du Dr Ahmed Bensaada s’inscrit exclusivement au service de la patrie. Cette posture contraste avec celle de la LADDH (et du RAJ), perçus par une large frange de l’opinion comme des structures instrumentalisées pour détourner le Hirak originel. Les preuves matérielles de financements par la NED américaine, ainsi que par certains réseaux français, sont documentées et difficilement contestables.
Invité à Béjaïa pour une conférence de haut niveau sur les « guerres cognitives », M. Bensaada entend sensibiliser et prémunir la population contre les mécanismes de manipulation informationnelle. Les attaques personnelles qu’il subit relèvent davantage de la vantardise que de l’argumentation, et montrent une incapacité à aborder le sujet de manière substantielle.
Contrairement aux accusations portées contre lui, Ahmed Bensaada n’est nullement un « écrivaillon de service ». Ses travaux, fondés sur l’exploitation rigoureuse de sources ouvertes et de documents officiels, ont mis en évidence les liens financiers entre la LADDH et la National Endowment for Democracy. Les enquêtes qu’il a menées à partir des rapports annuels de la NED ont montré que cette organisation figurait pendant plusieurs années parmi les bénéficiaires de fonds destinés à des opérations de “changement de régime” sous couvert de « promotion de la démocratie » ou de « défense des droits de l’homme ».
Face à ces constats, Saïd Salhi soutient, depuis son exil, que ces partenariats relevaient de coopérations techniques conformes aux standards des ONG internationales. À l’opposé, les défenseurs de la souveraineté nationale estiment que l’acceptation de financements étrangers constitue une ligne rouge franchie.
Monsieur Ahmed Bensaada est docteur en physique de l’Université de Montréal. Il est reconnu pour ses travaux de recherche scientifique et pour ses analyses géopolitiques, en particulier ses essais consacrés à l’ingérence étrangère et aux dynamiques géopolitiques dans le monde arabe et en Algérie. Il utilise la rigueur méthodologique de sa formation scientifique pour étayer ses analyses politiques.
Loin des postures idéologiques de type « gauche-bobo », qu’il démonte dans son ouvrage “Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien”. Il demeure un intellectuel de haut niveau, ayant reçu plusieurs distinctions honorifiques pour ses contributions scientifiques, pédagogiques et en communication, principalement au Canada. Il compte à son actif de nombreuses publications et contributions académiques, parmi lesquelles “Arabesque$ – Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes (2015)”, consacré à la mystification des soulèvements populaires en Géorgie et en Ukraine, son premier ouvrage publié au Canada, puis en Belgique et en Algérie ; “La face cachée des révolutions arabes” (2012, Ellipses, Paris) ; “Le développement économique de l’Algérie” (2011, Casbah Éditions, Alger) ; “Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête”, ainsi que de nombreux travaux en physique et en pédagogie. Il a également contribué à des ouvrages collectifs tels que “La Chine sans œillères et La Russie sans œillères”, et animé des dizaines de conférences et d’interviews, sur les guerres dites de quatrième génération.
Malgré l’importance de ses travaux, aucun média dit « mainstream » ne l’a sollicité sur ces questions, sans doute parce que ses analyses risqueraient de remettre en cause certains narratifs dominants.
Ses principaux axes de réflexion portent sur le rôle des cyberactivistes formés par des organisations étrangères, la critique de l’ingérence occidentale sous couvert de promotion de la démocratie, ainsi que la défense de la souveraineté nationale et de l’identité culturelle algérienne contre les influences extérieures. Il est déplorable de voir que des initiatives portées par des intellectuels de cette ampleur provoquent plus d’hostilité que de véritables débats.
Plutôt que de s’enfermer dans l’invective ou la dénonciation systématique du « système », du « régime » ou des institutions nationales sans éléments probants, il serait plus constructif de produire des analyses étayées ou d’organiser leurs propres conférences sur des thématiques similaires – guerres hybrides, subversion, néocolonialisme ou manipulation médiatique – qui relèvent également du champ des “droits de l’homme” et des “libertés”. À défaut, leurs propos demeurent marqués par la vacuité et relèvent davantage du discours de comptoir que de la réflexion intellectuelle.
Ces éléments ont vraisemblablement contribué à la décision de la justice algérienne de dissoudre la LADDH (et le RAJ) en application de la loi sur les associations (loi 12-06), laquelle interdit tout financement étranger non autorisé et toute activité politique incompatible avec l’objet social déclaré. L’image d’organisations « indépendantes » et exclusivement dédiées à la défense des droits humains ne résiste donc pas à l’examen des faits.
Il est déplorable d’observer des personnes ayant bénéficié gratuitement de l’éducation publique algérienne se retourner contre leur propre pays en cherchant à discréditer ceux qui œuvrent à la préservation de sa souveraineté. Plutôt que de multiplier les invectives, ils gagneraient à produire des analyses solides ou de débattre de leurs idées dans un cadre académique
Malheureusement, Salhi et ses semblables, des sbires, sont loin de ces valeurs et de cette intégrité. Ils sont des renégats, totalement immergés dans ce système de guerre hybride. Leur rôle se concentre sur la désinformation, visant à manipuler leurs compatriotes et à compromettre la stabilité de leur pays, sans égard pour toute considération éthique ou patriotique !
Amar Djerrad