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January 31, 2026

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Quand Sansal devient académiste et non académicien

Le 29 janvier 2026, Sansal a été élu à l’Académie française par 25 voix sur 26 pour le strapontin numéro 3, laissé vacant depuis 2021. Il est des consécrations qui sentent le théâtre, le maquillage et la mise en scène plus que la littérature. 

Par Dr. Benali

Le 29 janvier 2026, Sansal a été élu à l’Académie française par 25 voix sur 26 pour le strapontin numéro 3, laissé vacant depuis 2021. Il est des consécrations qui sentent le théâtre, le maquillage et la mise en scène plus que la littérature. 

Sansal à l’Académie française n’est pas célébré pour sa plume, mais pour le montage institutionnel qui l’a propulsé: un éditeur prescripteur, des médias serviles et une lecture idéologique calibrée. L’homme n’est pas devenu écrivain, il est devenu « académiste »: un produit manufacturé, emballé par le système néocolonial français pour servir ses usages symboliques et diplomatiques. La littérature, dans ce décor, n’est plus le fruit du travail, de l’expérience ou de la maturation ; elle devient un accessoire, un costume que l’on met à qui convient. On ne devient pas écrivain en quelques mois, mais on peut devenir académiste si l’institution décide que l’efficacité symbolique l’emportesur la substance.

Et quelle farce ! L’Académie, jadis gardienne de la langue, s’est transformée en fabrique de légitimité littéraire, où les voix algériennes sont triées comme des échantillons dans un laboratoire idéologique: compatibles avec le récit néo-colonial français, critiques du pouvoir algérien, dénonciatrices de l’islamisme, et surtout utilisables pour flatter l’opinion publique hexagonale. La consécration devient alors un outil de manipulation, un instrument de diplomatie culturelle, une vitrine pour le soft power. 

Sansal, dans cette pièce bien réglée, n’est plus auteur : il est acteur, baudet académiste, promu pour jouer le rôle que le système lui a assigné. Même consacré, il demeure exemple vivant de cette mise en scène où la littérature française avance… en reculant, et il restera le symbole d’un renversement absurde : l’institution élève non pas la création, mais la conformité; elle transforme la reconnaissance littéraire en marchandise politique, et rappelle, à certains égards, le sort des officiers indigènes encensés par le colon, tel le Colonel Ben Daoud.

Et comme dans tout bon vaudeville politique, l’extrême-droite française, représentée par le défaillant Retailleau, a dû remercier, sourire crispé, et se plier devant le génie allemand qui a contribué à l’élargissement de leur enfant littéraire. Oui, même la droite charognarde est contrainte de courber l’échine devant les manigances d’un montage culturel qui dépasse son entendement. 

La littérature officielle, dans ce théâtre, continue sa marche… à reculons, tandis que le baudet académiste parade sous les feux des projecteurs, béat, consommé par le système qu’il sert plus qu’il ne crée.

Enfin, l’académiste est récompensé pour le service rendu et pour ce qu’il sert, l’académicien pour le talent, la plume et l’œuvre d’un véritable homme de lettres. La nuance est de taille, mais l’institution s’en arrange parfaitement.

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