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February 17, 2026

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Arslane Chikhaoui: le réchauffement des relations entre l’Algérie et le Niger marque un retour naturel à la normale, à la stabilité et à la sérénité

L’expert en géopolitique et en géoéconomie, Arslane Chikhaoui, a estimé que le réchauffement des relations entre l’Algérie et le Niger marque un retour naturel à la normale, à la stabilité et à la sérénité entre deux pays liés par l’histoire, la géographie et des intérêts stratégiques communs.

L’expert en géopolitique et en géoéconomie, Arslane Chikhaoui, a estimé que le réchauffement des relations entre l’Algérie et le Niger marque un retour naturel à la normale, à la stabilité et à la sérénité entre deux pays liés par l’histoire, la géographie et des intérêts stratégiques communs.

Intervenant ce à l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, à l’occasion de la visite du président nigérien en Algérie, il a souligné « que cette dynamique traduit une volonté politique claire de renforcer la coopération bilatérale et de consolider la confiance mutuelle. »

« C’est le retour à la normale, le retour à la sérénité et le retour à la stabilité dans les relations entre les deux pays », a-t-il affirmé, précisant que la terminologie diplomatique utilisée pour qualifier cette visite n’était pas anodine.

« On parle d’une visite de travail et d’une visite d’amitié. Le travail signifie que des dossiers précis ont été traités à très haut niveau, tandis que l’amitié renvoie à la fraternité, donc à la construction de la confiance, sans laquelle aucune relation durable entre États n’est possible. »

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Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur attachement aux principes fondateurs de leurs relations

Selon lui, cette confiance renouvelée constitue aujourd’hui le socle de la relation algéro-nigérienne, rappelant que « les deux chefs d’État ont réaffirmé leur attachement aux principes fondateurs de leurs relations, notamment le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-ingérence dans les affaires intérieures et la solidarité face aux menaces communes ».

« Chaque mot a son importance, surtout lorsqu’il s’agit de souveraineté et de non-ingérence. Ce sont des principes fondamentaux hérités du non-alignement et des bases mêmes de l’État algérien. »

Dans un contexte de recomposition géopolitique et géoéconomique mondiale, Arslane Chikhaoui a expliqué que la notion de souveraineté ne se limite plus à l’espace physique. « Aujourd’hui, la souveraineté doit être respectée à la fois sur le plan territorial et dans l’espace digital. La non-violation des données et la protection contre les attaques cybernétiques font désormais partie intégrante de la sécurité des États. » Cette approche globale de la souveraineté renforce, selon lui, la pertinence du partenariat entre l’Algérie et le Niger.

Abordant l’impact régional de ce rapprochement, l’expert a estimé qu’il revêt « une dimension symbolique et stratégique majeure pour l’ensemble du Sahel ». Il a rappelé que les turbulences politico-militaires et les conflits de faible intensité ont fragilisé la zone sahélo-saharienne, créant un climat d’instabilité et d’incertitude. « Le Niger, notamment dans sa partie sud-ouest, fait face à de fortes pressions sécuritaires. La reprise des relations permet de désamorcer les risques d’implosion et de contenir les menaces communes. »

Conjuguer développement économique et sécurité pour lutter contre le terrorisme, le narcotrafic, les trafics humains et d’armes ainsi que les migrations clandestines 

Il a insisté sur « la nécessité de conjuguer développement économique et sécurité pour lutter efficacement contre le terrorisme, le narcotrafic, les trafics humains et d’armes ainsi que les migrations clandestines ».

« Sans stabilité, il n’y a pas de développement. Et sans développement, l’instabilité se propage, avec des flux migratoires incontrôlés vers les pays voisins et au-delà. »

Enfin, Arslane Chikhaoui a mis en avant le rôle central de l’Algérie comme acteur de stabilisation régionale à travers une diplomatie de proximité appuyée par une diplomatie économique, énergétique et minière.

« L’Algérie avance calmement mais sûrement. Elle défend, avec le Niger et d’autres pays voisins, une aire d’intérêt commun qu’il est essentiel de préserver face aux appétits d’acteurs extrarégionaux. » Pour lui, cette stratégie de long terme est la clé d’une stabilité durable dans l’espace sahélo-saharien.

Le TSGP , un axe central du renforcement de la coopération économique et énergétique entre l’Algérie et le Niger

Par ailleurs, M Chikhaoui abordé la relance du projet du gazoduc transsaharien (TSGP) qui, selon lui, constitue un axe central du renforcement de la coopération économique et énergétique entre l’Algérie et le Niger.

Selon l’expert, « le retour à une coopération économique active entre Alger et Niamey correspond à un retour à la normale et à une logique de stabilité régionale ».

Porté par Sonatrach, le TSGP vise à faire transiter le gaz à travers le territoire nigérien avant son acheminement vers l’Algérie et les marchés européens. Pour Chikhaoui, « ce projet n’est pas uniquement énergétique, il est avant tout structurant, car il crée de l’emploi local et stabilise les régions frontalières », soulignant que les frontières ont historiquement été « des zones naturelles d’échanges commerciaux et humains » et que leur développement économique est une réponse durable aux défis sécuritaires et migratoires.

Le Niger tirera un bénéfice direct du passage du gazoduc, notamment à travers des redevances et des dividendes. L’expert explique que « le Niger pourra profiter soit de royalties financières, soit de retombées en nature, ce qui représente un investissement à long terme pour son économie ». Cette approche tranche avec les anciennes logiques d’exploitation, car « il ne s’agit plus de siphonner les ressources, mais de bâtir un partenariat gagnant-gagnant ».

Pour l’Algérie, le TSGP renforce sa position d’acteur énergétique majeur et son rôle de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe. « Il y a un retour sur investissement évident pour l’Algérie, mais surtout une vision africaine de coopération et de solidarité », insiste Chikhaoui. Selon lui, « ce projet montre que l’Afrique est capable de se prendre en charge et de répondre elle-même à ses défis économiques et géopolitiques ».

Source : Radio Algérienne

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