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February 23, 2026

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Brahim Mouhouche: les stations de déminéralisation de Tindouf et Tamanrasset sont économiques et rationnelles

L’expert en agronomie et en hydraulique, le professeur Brahim Mouhouche, a longuement abordé, ce lundi, la question de l’eau dans le Grand Sud, notamment la décision présidentielle de lancer des stations à Tindouf et Tamanrasset, clarifiant qu’« il ne s’agit pas d’un dessalement classique comme sur le littoral, mais plutôt d’une déminéralisation des eaux souterraines. »

L’expert en agronomie et en hydraulique, le professeur Brahim Mouhouche, a longuement abordé, ce lundi, la question de l’eau dans le Grand Sud, notamment la décision présidentielle de lancer des stations à Tindouf et Tamanrasset, clarifiant qu’« il ne s’agit pas d’un dessalement classique comme sur le littoral, mais plutôt d’une déminéralisation des eaux souterraines. »

Intervenant à l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le professeur Mouhouche, explique ce procédé « n’est pas une désalinisation. C’est ce qu’on appelle une déminéralisation », soulignant que « dans ces régions, la salinité de l’eau souterraine varie entre 5 et 10 grammes par litre, contre 35 à 40 grammes pour l’eau de mer ».

« Enlever 35 grammes par litre demande beaucoup d’énergie. Au sud, il suffit de diminuer un tout petit peu le sel et l’eau devient directement utilisable », dira l’expert, ajoutant que « cette option est à la fois plus économique et plus rationnelle (…) Elle évite de transporter l’eau sur 400 ou 500 kilomètres, ce qui représenterait un coût énergétique considérable », tout en plaidant pour « l’installation de stations de déminéralisation au plus près des zones de consommation, alimentées par l’énergie solaire et éolienne, abondante dans le Sahara. »

L’agriculture saharienne, entre opportunités et prudence

Le Sud algérien, rappelle Brahim Mouhouche, dispose d’un potentiel hydrique considérable. « Il y a 50 000 milliards de mètres cubes d’eau », affirme-t-il, évoquant les immenses réserves souterraines. Mais cette richesse impose une gestion rigoureuse. L’expert insiste sur le fait que l’agriculture est « un gouffre de consommation d’eau ». Pour illustrer son propos, il précise : « Un kilogramme de blé a besoin de 3 000 kilos d’eau », citant à titre comparatif, la pomme de terre qui nécessite environ 150 litres par kilogramme.

Des barrages mieux remplis, une embellie à consolider

Les récentes pluies ont sensiblement amélioré la situation hydraulique du pays. Selon les données relayées par l’expert, sur les 81 barrages que compte l’Algérie, huit ont atteint 100 % de remplissage et 58 dépassent les 50 %. « Normalement, la moyenne générale va dépasser les 60 % », anticipe-t-il.

Il rappelle toutefois que « tous les barrages ne se remplissent pas chaque année à pleine capacité ». Certains, comme le barrage de Beni Haroun, peuvent sécuriser l’alimentation en eau sur plusieurs années. « Il y a des barrages, lorsqu’ils se remplissent, qui tiennent entre 3 et 5 ans », explique-t-il.

L’expert souligne également la complexité du choix des sites de barrages, citant autant de paramètres, dont la pluviométrie suffisante, le bassin versant adapté, la configuration géographique resserrée pour limiter le coût des digues, l’absence de pollution et la proximité des zones d’usage. « Ce n’est pas facile de choisir un site de barrage », insiste-t-il.

Vers une réduction progressive des importations

Enfin, Brahim Mouhouche a abordé la question sensible des importations agricoles, notamment le blé tendre. « On ne sera jamais autonome à 100 % », reconnaît-il, tout en appelant à « diminuer un petit peu chaque année », rappelant que « l’agriculture nationale couvre déjà environ 75 % des besoins alimentaires du pays ».

Pour lui, « le développement du Sud constitue une partie de la solution, grâce à la disponibilité en eau et aux nouveaux partenariats agricoles ». Mais la clé reste la maîtrise de la ressource hydrique. « S’il n’y a pas d’eau, l’agriculture n’existe pas », conclut-il, résumant ainsi l’enjeu central des politiques agricoles et hydrauliques du pays.

Source:Radio Algérienne

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