Le directeur exécutif en charge de la prospective, de la stratégie et des systèmes d’information au groupe Sonelgaz, Walid Kremia, a mis en lumière, ce mercredi, le renforcement de la coopération énergétique régionale, notamment avec le Niger.
Intervenant à l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, il a souligné que cette dynamique s’inscrit pleinement dans l’actualité, avec l’arrivée récente à Alger d’ingénieurs nigériens pour des cycles de formation spécialisés.
Selon M. Kremia, « cette coopération s’inscrit dans le cadre des instructions du Président de la République visant à renforcer les relations de l’Algérie avec les pays voisins, ainsi que dans les orientations du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables », rappelant que la visite du Président du Niger en Algérie, les 15 et 16 février derniers, a permis de relancer officiellement le partenariat avec la société nigérienne d’électricité Nigelec. « Cette coopération repose sur une vision stratégique partagée et une volonté commune d’aboutir à des résultats concrets au bénéfice des populations », a-t-il déclaré.
Deux axes structurants de coopération
Le responsable de Sonelgaz a expliqué que le partenariat avec le Niger s’articule autour de deux axes majeurs. Le premier concerne « le renforcement du système électrique nigérien, à travers la réhabilitation du réseau existant et l’augmentation des capacités de production ». Le second axe porte sur « le transfert de l’expertise algérienne dans les domaines de l’électricité et du gaz, notamment par le biais de programmes de formation ciblés. »
« Le transfert de compétences est un pilier essentiel de cette coopération. Il ne s’agit pas seulement d’installer des équipements, mais aussi de former des femmes et des hommes capables de les exploiter durablement », a souligné M. Kremia. C’est dans cette optique qu’une réunion par visioconférence s’est tenue le 18 février entre les responsables de Sonelgaz et de Nigelec, afin de définir en détail les modalités de coopération et d’accélérer leur mise en œuvre.
Formation des ingénieurs nigériens en Algérie
Dans le prolongement de cette réunion, plusieurs actions concrètes ont été décidées. La plus immédiate concerne l’accueil, en Algérie, d’une délégation d’ingénieurs nigériens pour une formation complète de trois semaines à l’école de formation de Sonelgaz, située à Draâ. Arrivés mardi dernier à Alger, ces ingénieurs bénéficieront d’un programme alliant enseignement académique et études de cas pratiques.
« Cette formation vise à doter nos partenaires nigériens des compétences nécessaires pour l’exploitation globale des centrales électriques, notamment celle qui sera installée à Niamey », a précisé M. Kremia. Le programme comprend également des visites techniques, dont le centre de conduite du réseau électrique et l’opérateur système de Sonelgaz, afin de familiariser la délégation avec les outils modernes de gestion et de supervision du réseau.
Un projet de centrale électrique stratégique à Niamey
Parallèlement à l’action de formation, une délégation d’experts techniques de Sonelgaz s’est rendue à Niamey le 27 février afin d’évaluer les sites destinés à accueillir une nouvelle centrale électrique. Le projet porte sur l’installation de deux turbines à gaz d’une puissance totale de 40 mégawatts, dans la zone de Gurubanda, à proximité de la capitale nigérienne.
« Nous avons finalisé sur place un plan d’action conjoint, avec la mise en place de deux équipes mixtes chargées de l’évaluation des sites, de la préparation logistique et du suivi de la feuille de route », a indiqué M. Kremia. Une attention particulière est accordée aux conditions de transport des équipements depuis l’Algérie vers le Niger, un défi logistique majeur actuellement à l’étude, notamment en coordination avec Air Algérie.
Un impact socio-économique attendu
Pour M. Kremia, cette centrale électrique représente un enjeu stratégique pour le Niger. Avec une puissance de 40 MW, elle contribuera à améliorer le taux d’électrification, encore insuffisant, et à soutenir le développement économique et industriel de la région de Niamey. « L’objectif est clair : permettre à un plus grand nombre de citoyens d’accéder à l’électricité et créer les conditions d’un développement durable », a-t-il conclu, soulignant que d’autres projets pourraient voir le jour dans différentes régions du Niger, en fonction de l’évolution des discussions entre les deux pays.
Source: Radio Algérienne