Quatre projets de recherche scientifique sont actuellement en cours de réalisation afin de développer les techniques de stockage des produits alimentaires et de renforcer les outils de leur contrôle, a fait savoir, lundi à Alger, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif.
La ministre s’exprimait lors des travaux d’une rencontre nationale organisée par son département ministériel sous le thème: «Amélioration du climat des affaires et régulation du marché national: entre les garanties accordées aux entreprises et le renforcement de la protection du consommateur», en présence du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, du conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires économiques, Farid Kourtel, du directeur général des douanes (DGD), le général-Major, Abdelhafid Bakhouche, ainsi que du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula.
Mme Abdellatif a, en outre, précisé qu’«en consolidation de la vision stratégique de son secteur, visant à intégrer la recherche scientifique dans la prise en charge des défis techniques auxquels fait face le secteur et à développer des solutions innovantes à valeur ajoutée pour le secteur du commerce et de l’économie nationale, le secteur bénéficie actuellement de quatre projets de recherche nationaux portant sur le développement des techniques de stockage et de conditionnement, le renforcement des outils de détection de la fraude, la numérisation des informations relatives aux produits alimentaires et l’étude de la durée de conservation de certains produits».
Ces projets de recherche, s’inscrivent dans le cadre des efforts de l’Etat visant à assurer la qualité des biens et des services suivant les normes internationales, à lutter contre les pratiques déloyales, à organiser le marché et à renforcer les mécanismes de contrôle et de répression, à même de préserver une concurrence loyale et à protéger les droits du consommateur, a ajouté la ministre.
Par ailleurs, Mme Abdellatif a souligné l’importance de l’intégration des activités informelles dans l’économie formelle, relevant que son département ministériel s’attèle, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, à finaliser un projet visant à mettre à la disposition des jeunes des locaux et espaces aménagés pour l’exercice d’activités commerciales à travers différentes wilayas.
La ministre a rappelé que «les pouvoirs publics s’emploient à développer un système de contrôle économique selon une approche équilibrée», basée sur le renforcement des garanties accordées aux entreprises et la transparence des procédures, tout en maintenant l’efficacité des dispositifs de régulation pour protéger le marché et préserver les droits du consommateur».
L’objectif de cette démarche «n’est pas de restreindre l’activité économique, mais d’instaurer un environnement plus clair et équitable permettant aux entreprises d’exercer en toute confiance et d’encourager l’initiative et l’investissement», a assuré la ministre, relevant que cette orientation ne saurait être accomplie qu’à travers la mise en place d’un système efficace pour la protection du consommateur.
Révision du cadre juridique du E-commerce
Lors des séances de discussion ayant regroupé nombre de responsables, d’experts et de chercheurs, les participants ont abordé les droits fondamentaux du consommateur ainsi que l’importance de promouvoir la culture du signalement pour appuyer le travail des agents de contrôle.
A ce titre, le directeur de la qualité et de la protection du consommateur au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, M. Noureddine Haridi, a révélé que le ministère étudie le lancement d’une plateforme numérique dédiée au signalement des produits non conformes.
Abordant le volet du E-commerce et des risques liés aux produits d’origine inconnue commercialisés en ligne, la sous-directrice du commerce électronique au ministère du Commerce intérieur, Mme Wahiba Zaknoun, a annoncé l’élaboration d’une stratégie nationale du commerce électronique, en coordination avec les différents départements ministériels, organismes publics, organisations et associations de protection du consommateur, associations professionnelles et les opérateurs économiques.
Elle a, en outre, précisé que cette stratégie s’articulera autour de la gouvernance du E-commerce, à travers la révision du cadre juridique régissant cette activité essentiellement basée sur des technologies en constante évolution, ce qui nécessite, a-t-elle dit, «une adaptation des textes législatifs en vigueur afin de suivre cette dynamique», soulignant que le processus de révision a atteint des stades avancés.
Il a également été question de discuter du rôle du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national en matière d’organisation et d’interaction avec les autres institutions, ainsi que des garanties accordées aux entreprises dans le cadre des opérations de contrôle.
L’accent a aussi été mis sur l’importance de la simplification des procédures administratives, notamment grâce à la numérisation. A cet égard, une nouvelle plateforme du ministère intitulée «ekhadamet», regroupant l’ensemble des services numériques du secteur, a été annoncée.
La rencontre s’est clôturée par une série de recommandations, dont la nécessité de développer les cadres juridiques relatifs à la protection du consommateur, de consacrer la gouvernance participative, de développer les applications et plateformes numériques ainsi que les mécanismes de réception et de traitement des réclamations, et d’instaurer un système numérique interactif garantissant l’échange de données intersectorielles en temps réel.
Les recommandations ont également porté sur le renforcement de la coordination entre les instances chargées du contrôle frontalier, l’encouragement de l’adoption de systèmes de gestion de la qualité au sein des entreprises économiques, le soutien à la compétitivité du produit national selon des normes modernes et durables, et l’adoption d’un système de contrôle moderne basé sur l’analyse et l’évaluation des risques, en sus de doter les agents de contrôle d’outils numériques permettant la notification immédiate des infractions, tout en appelant à l’activation d’une approche globale pour l’intégration de l’activité informelle via des mécanismes d’incitation et d’accompagnement.