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April 29, 2026

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Carlos Ruiz Miguel décrypte dans «L’invité du jour» les contours du droit à l’autodétermination du Sahara Occidental et fustige le Makhzen

Le professeur de droit constitutionnel en Espagne et néanmoins directeur du Centre d’études sur la Sahara occidental, Carlos Ruiz Miguel, a livré, ce mercredi dans l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne un éclairage exhaustif sur plusieurs aspects essentiels du dossier sahraoui, mêlant observations de terrain, analyse juridique et critique des dynamiques politiques et économiques entourant ce conflit de décolonisation.

Le professeur de droit constitutionnel en Espagne et néanmoins directeur du Centre d’études sur la Sahara occidental, Carlos Ruiz Miguel, a livré, ce mercredi dans l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne un éclairage exhaustif sur plusieurs aspects essentiels du dossier sahraoui, mêlant observations de terrain, analyse juridique et critique des dynamiques politiques et économiques entourant ce conflit de décolonisation.

Revenant d’un séjour à Tindouf à l’occasion du cinquantième anniversaire de la proclamation de la République sahraouie, l’universitaire a décrit une rencontre académique de haut niveau, coorganisée par l’université de Tindouf et celle de Tifariti.

Il souligne que «c’était une conférence de deux jours avec un très haut niveau de présentation. Le programme était très bien dessiné et l’organisation toute a été très bonne». Cette rencontre, marquée par la participation de chercheurs et spécialistes, s’est conclue par une réception officielle par le président sahraoui, offrant l’opportunité d’échanger directement sur les travaux présentés.

«Nous avons eu l’opportunité de lui exposer ce qu’on a fait dans la conférence», précise-t-il, insistant sur la qualité des échanges et l’importance symbolique de cette reconnaissance institutionnelle.

« La question fondamentale demeure celle du droit à l’autodétermination »

Sur le plan politique, Carlos Ruiz Miguel s’est montré particulièrement critique à l’égard des propositions marocaines dans les négociations récentes. Il estime que « ces initiatives constituent une provocation», dénonçant « un recul par rapport aux propositions antérieures ».

Selon lui, la question fondamentale demeure celle du droit à l’autodétermination, principe central du droit international. Il rappelle avec insistance «le droit à l’autodétermination (…) C’est le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental, pas du peuple marocain». Pour lui, « toute tentative de déplacer ce principe vers un cadre global marocain constitue une déviation juridique et politique. »

« Les propositions marocaines inversent la logique du processus »

L’universitaire souligne également que « la base des discussions au sein des Nations unies reste inchangée, centrée sur ce droit fondamental », critiquant le fait que « certaines propositions marocaines inversent la logique du processus en posant l’intégration comme point de départ plutôt que comme éventuelle conclusion ». Dans cette perspective, il exprime son scepticisme quant « à l’issue des négociations », estimant que « les conditions actuelles ne permettent pas d’aboutir à une solution conforme au droit international. »

Le Makhzen fait de la corruption un moyen de pression et de chantage 

Abordant la question des influences politiques, Carlos Ruiz Miguel évoque sans détour ce qu’il considère comme « des pratiques de corruption attribuées au Makhzen, notamment en Europe ». Il cite des scandales récents et affirme qu’«on a des preuves déjà de la corruption d’un député européen par l’ambassadeur marocain». Selon lui, « ces pratiques ne se limitent pas à des transactions financières, mais incluent également des formes de pression et de chantage », mentionnant « des stratégies visant à influencer des responsables politiques en Espagne, en France ou en Belgique, dans le but d’orienter leurs positions sur le Sahara occidental. »

Il décrit également « un système d’influence plus large » impliquant les relations entre le Maroc et l’Union européenne. Selon son analyse, « ces liens dépassent le cadre diplomatique classique et reposent sur des échanges d’intérêts, où la coopération sécuritaire ou migratoire est utilisée comme levier pour obtenir des avantages économiques », tout en remettant en question « la validité de ces justifications », affirmant que « les bénéfices sont largement asymétriques. »

Plusieurs secteurs bénéficient de délocalisations favorisées par les accords avec l’Union européenne 

Sur le plan économique, Carlos Ruiz Miguel met en lumière le rôle des entreprises opérant au Maroc et au Sahara occidental. Il observe que « plusieurs secteurs, notamment l’automobile et le textile, bénéficient de délocalisations favorisées par les accords avec l’Union européenne », précisant que « cette situation permet aux entreprises européennes de produire au Maroc à moindre coût tout en exportant vers l’Europe », ce qui, selon lui, nuit aux intérêts économiques européens eux-mêmes. Il souligne que «dans plusieurs domaines industriels, on met en œuvre une politique contraire aux intérêts économiques européens».

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large où les ressources du Sahara occidental sont également en jeu, bien que le professeur insiste surtout sur les mécanismes économiques globaux. Il estime que « ces politiques ne peuvent être comprises sans prendre en compte les influences politiques et les stratégies d’influence évoquées précédemment. »

« Le système international est défaillant »

Enfin, l’intervention met en évidence une critique globale du système international, que Carlos Ruiz Miguel considère comme « défaillant dans la gestion du dossier sahraoui ». Il évoque « un échec de la communauté internationale à faire respecter ses propres résolutions, notamment celles du Conseil de sécurité ». Cette situation, selon lui, « reflète l’existence de rapports de force et de complicités qui permettent à certains acteurs d’échapper aux obligations du droit international. »

Source: Radio Algérie Multimédia

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