La Commission européenne vient de tirer la sonnette d’alarme, sur le phénomène de la paupérisation de la population dans la foulée de la crise socioéconomique qui touche le Vieux Continent qui dans un passé récent regardait la pauvreté de haut, confortablement installé dans son rôle de bienfaiteur des pays lointains.
Selon, les chiffres officiels de la Commission européenne sont sans appel : un Européen sur cinq risque la pauvreté ou l’exclusion sociale. Un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté.
La moitié des citoyens de l’Union européenne disent que le coût de la vie est leur angoisse principale. On ne parle pas de statistiques importées du Soudan ou du Bangladesh : on parle de l’UE. Et pendant ce temps-là, que fait la grande machine bruxelloise ? Elle sort la toute première Stratégie de lutte contre la pauvreté de son histoire, comme un pompier qui arriverait dix ans après le début de l’incendie. L’immobilier a grimpé de 60 % depuis 2013, près de 17 % de la population s’entasse dans des logements insalubres ou surpeuplés, et environ un million de personnes dorment dans la rue, sans toit, dans l’indifférence générale. Les mêmes qui faisaient la morale à tout le monde sur l’accueil des migrants et les droits humains sont aujourd’hui incapables de loger leurs propres citoyens.
L’Europe était le grand chevalier blanc de la planète, toujours prête à sortir son carnet de chèques pour les pays pauvres. La pauvreté, c’était une affaire lointaine, un sujet de bonne conscience qu’on traitait confortablement depuis un plateau télé climatisé. Aujourd’hui, les journalistes, éditorialistes, et responsables politiques qui donnaient de leçons, n’ont plus le luxe de regarder ailleurs. Ainsi, ils seront obligés de parler de la pauvreté qui explose en Europe. Plus besoin de prendre l’avion pour trouver des gens qui ne mangent pas à leur faim ou qui vivent dans la rue : il suffit de descendre dans la rue.