Le régime du makhzen ne cesse d’investir et d’exploiter tout ce qui est prohibé, y compris la carte de la migration clandestine pour faire commerce de la souffrance des Africains subsahariens et faire chanter l’Europe en vue d’obtenir des gains politiques illégitimes et d’indus avantages financiers à travers de “sales accords” conclus en coulisses et en dehors du cadre légal.
Au cours des dernières années, le Maroc mise de plus en plus sur la carte de la migration clandestine, notamment à mesure que s’aggravent les crises internes et se multiplient les appels en faveur de l’accélération du processus de décolonisation du Sahara occidental, conformément à la légalité internationale.
Le makhzen multiplient les crises diplomatiques et s’inscrit dans des “politiques hostiles” en porte à faux avec les principes de bon voisinage, en recourant à des mises en scène grossières à l’intérieur du pays comme à l’étranger. A chaque resserrement de l’étau, il engage des représailles contre ceux qui refusent d’adhérer à ces politiques décriées, dictées par des appétences financières, des desseins expansionnistes et des pratiques répressives.
Le relâchement du contrôle, le laisser-faire ou encore la menace de retrait de la surveillance des frontières constituent le stratagème du Maroc lors des crises diplomatiques, dans un contexte marqué par des pratiques inhumaines et des violations répressives sans précédent à l’encontre des migrants africains.
Désormais, le Maroc est perçu comme “un partenaire déloyal et peu fiable”, notamment en Espagne, après avoir mobilisé, à plusieurs reprises, des milliers de migrants, dont des mineurs, et les avoir instrumentalisés sous la machine répressive pour exercer une pression sur les frontières.
Un récent sondage d’opinion en Espagne a révélé une perception choquante des Espagnols quant aux risques sécuritaires provenant du Maroc, dans un contexte où se multiplient les appels à ne pas céder aux pressions du Makhzen et à adopter des mesures fermes face au “chantage” de ce régime voyou.
Plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme estiment que le makhzen recourt au “banditisme frontalier” en tant que manœuvre qu’il pratique depuis des décennies, consistant à transformer la souffrance humaine en une “carte de pression politique”, dans une démarche systématique reflétant la nature d’un régime qui utilisent les êtres humains comme moyen au service de ses intérêts étroits, quitte à marchander la dignité humaine et la sécurité de toute la région.
Mohamed Cherkaoui, académicien marocain, n’a pas mâché ses mots en affirmant que le Maroc, en provoquant des crises extérieures avec ses voisins, entend par là “détourner l’attention des crises internes qui ne cessent de s’aggraver”, car il s’agit d’une “manœuvre politique marocaine et d’une fuite en avant consistant à rejeter la responsabilité de l’échec du développement sur la question migratoire”.
— Politique de chantage à travers la combinaison drogue, migration clandestine et terrorisme — Il ne fait désormais aucun doute que ce régime n’hésite pas à instrumentaliser son appartenance africaine et à faire commerce de la vie des populations du continent. Les migrants deviennent ainsi de simples chiffres dans le marché politique, même lorsque les gains sont entachés de sang.
Pis encore, il fait tout son possible pour éviter de partager le “gâteau” des fonds européens avec les Etats africains, allant jusqu’à miser sur la vie de dizaines d’africains comme levier de pression sur Madrid lorsque celle-ci a voulu conclure des accords avec certains pays africains pour limiter la migration irrégulière.
Il est impossible d’évoquer les crimes du Maroc à l’encontre des migrants africains, sans rappeler le massacre du “vendredi noir” du 24 juin 2022 à la frontière maroco-espagnole, qui a couté la vie à des dizaines d’Africains sous les coups des forces de sécurité du makhzen.
Ces évènements restent marqués par des images et vidéos choquantes montrant des corps entassés, filmées par les caméras internationales.
Le migrant africain est ainsi présenté par le makhzen comme une “carte de négociation” rentable sur le marché de la politique internationale, plutôt que comme un être humain en quête d’asile et d’assistance humanitaire.
Selon les témoignages de migrants ainsi que d’organisations marocaines et internationales de défense des droits de l’homme, la mort de dizaines de migrants africains lors de ce massacre était “préméditée et porte clairement l’empreinte de la répression”, afin de montrer à l’Espagne que le Maroc “gardait efficacement les frontières”, ouvrant ainsi la voie à “des pressions et des marchandages”. L’affaire ne s’est pas arrêtée aux assassinats, puisque des dizaines de personnes ont également été jetée en prison sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces.
Le dossier migratoire, que le Maroc a transformé en un marché d’asservissement des êtres humains, est marqué par de graves violations. Le makhzen mène, à travers ses forces de sécurité et son appareil de propagande, une campagne raciste abjecte contre les Africains, après son échec retentissant à s’approprier, par tous les moyens illégitimes, la Coupe d’Afrique des nations (CAN), révélant ainsi l’hypocrisie de ce régime quant à son appartenance au continent africain.
Ces derniers jours, le régime marocain mène une vaste campagne de traque contre les Africains en situation régulière ou irrégulière, ayant conduit à l’interpellation de dizaines d’entre eux, sans compter les fouilles humiliantes et attentatoires à la dignité humaine.
Il est indéniable que le Maroc s’inscrit dans une politique de chantage et de manœuvres à travers la combinaison: drogue, migration clandestine et terrorisme, se posant en “gendarme mercenaire chargé de protéger l’Europe contre ces fléaux et crimes”, dont il constitue pourtant lui-même la principale source. Transformer l’être humain en marchandise sur le marché politique n’est qu’une faillite morale rappelant “des époques révolues d’asservissement humain”.