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June 2, 2026

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Abdelaziz Rahabi attaque l’Élysée et sa diplomatie opportuniste après les commémorations de Sétif

L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a violemment critiqué le communiqué de l’Élysée, taxant cette initiative d’une diplomatie purement transactionnelle et opportuniste.

 Par Hanane Ben

L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a violemment critiqué le communiqué de l’Élysée, taxant cette initiative d’une diplomatie purement transactionnelle et opportuniste.

Dans une déclaration publique intitulée «Algérie-France : est-il encore possible de célébrer ses morts sans l’inscrire dans un agenda diplomatique ?», le politicien s’interroge sur la possibilité de « célébrer nos morts et nos disparus dans le recueillement et les prières sans avoir à les inscrire dans un agenda diplomatique », en référence à la délégation française — flanquée d’Alice Rufo, ministre déléguée auprès du ministre des Armées, et de Stéphane Romatet, ambassadeur et Haut Représentant de la République française en Algérie — qui a tenu à assister aux commémorations des massacres du 8 mai 1945 à Sétif.

Rahabi a critiqué l’instrumentalisation française des commémorations des massacres de Sétif (8 mai-26 juin 1945), où des milliers d’Algériens ont été tués par l’armée coloniale alors que la France célébrait la victoire alliée.

Pour lui, Macron transforme ces hommages solennels en outil opportuniste, érigeant cet opportunisme diplomatique en pilier d’une reprise des relations bilatérales, au mépris du recueillement national algérien.

«Les cérémonies liées à la commémoration des massacres du 8 mai au 26 juin 1945 n’ont pas été épargnées, encore une fois, par un opportunisme diplomatique que le Président Macron s’évertue à élever au rang d’acte fondateur de la reprise relations algéro- françaises», a-t-il dénoncé, fustigeant ce mélange cynique de mémoires antagonistes.

«le communiqué de l’Elysée «s’insère dans une sorte de diplomatie transactionnelle en vogue, mêlant des mémoires antagoniques, celle des victimes et celle de leur bourreau, celle des moudjahidine à celle des harkis et même des questions consulaires opportunes».

Pour lui, cet opportunisme servira avant tout, les enjeux électoraux internes français (immigration, islam), plutôt qu’une vraie réconciliation bilatérale.

«Cela servira, a-t-il poursuivi, encore une fois, à alimenter et à orienter le débat interne dans la perspective toute prochaine des présidentielles en France, plus qu’à l’amélioration attendue dans les relations bilatérales», a-t-il fait savoir, accusant le président français de mener une politique contradictoire vis-à-vis de l’Algérie.

En effet, selon Abdelaziz Rahabi, Emmanuel Macron a adopté une politique ambiguë envers l’Algérie, oscillant entre volonté de rapprochement et gestes destinés aux Harkis et aux partisans de l’Algérie française. Il a estimé que l’instrumentalisation de la question mémorielle alimente des crises récurrentes entre les deux pays.

«Mettre chaque fois une hypothèque sur la question de la mémoire sans mesurer à quel point cette question incarne l’identité des algériens et garantit la continuité historique de l’Algérie est la voie la plus courte pour rendre cycliques les crises entre les deux pays», a-t-il conclu. 

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