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May 18, 2026

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Maroc: Le commerce juteux de la corruption et de l’espionnage de la DGED en Espagne

Les services de renseignement extérieur marocains la DGED dirigés par Yassine El Mansouri, un acteur clé du scandale de Marocgate ( une large opération de corruption ciblant des parlementaires européens), sont de nouveau impliqués dans une opération criminelle de détournement de fonds publics destinés à l'intégration et la lutte antiterroriste . Des fonds de commerce qui ont pris une autre direction à savoir les poches des proches de hauts dirigeants de la sinistre DGED, via des sociétés écrans

Les services de renseignement extérieur marocains la DGED dirigés par Yassine El Mansouri, un acteur clé du scandale de Marocgate ( une large opération de corruption ciblant des parlementaires européens), sont de nouveau impliqués dans une opération criminelle de détournement de fonds publics destinés à l’intégration et la lutte antiterroriste . Des fonds de commerce qui ont pris une autre direction à savoir les poches des proches de hauts dirigeants de la sinistre DGED, via des sociétés écrans

C’est à partir d’un audit interne visant les comptes d’une association à caractère religieux en activité dans la région de la Catalogne, dans le but de clarifier les mouvements et le flux d’argent, que la justice espagnole a réussi à décortiquer une opération complexe impliquant les services de renseignement marocains, blanchiment d’argent et financement d’activités d’espionnage.

La justice espagnole enquête sur la manière dont des millions d’euros de subventions envoyées par le Maroc pour contrôler le discours religieux et prévenir les activités subversives dans ses communautés auraient été détournés au profit d’agents de la DGED et de leurs proches.

Selon des sources judiciaires espagnoles, l’épicentre de l’activité criminelle menée par les proches de Yassine El Mansouri, se situe au niveau d’une modeste agence de voyages, appelée Aya Travel Tours, rue Victòria à Mataró, en Catalogne.Une entité qui n’était que la partie émergée d’un iceberg de sociétés écrans utilisées pour blanchir l’argent public qui arrivait en Catalogne via l’Union des Centres Culturels Islamiques de Catalogne UCCIC

L’enquête judiciaire place le dénommé Nourredine Ziani comme l’homme clé en Espagne. Qualifié par les services de renseignement espagnols CNI de « danger pour la sécurité nationale » et expulsé en 2013 par le ministère espagnol de l’Intérieur pour ses liens avec les services secrets marocains et l’activité subversive de certaines organisations islamistes marocaines. Ziani avait créé l’UCCIC en 2010. Officiellement, il coordonnait 70 mosquées et recevait plus de deux millions d’euros par an du ministère marocain des Affaires religieuses.

Cependant, l’enquête révèle que cet argent n’est jamais arrivé aux mosquées. « Ils ont créé l’association pour organiser des activités, mais l’argent était destiné aux usages personnels de Ziani et de ses chefs des renseignements marocains ». Les relevés bancaires montrent des dépôts quotidiens sur les comptes personnels de Ziani et de son épouse, Atiqa Bouhouria Meliani, qui ont dépassé les 240 000 euros toutes les deux semaines entre 2011 et 2013.

À la tête de l’agence Aya Travel Tours se trouvent trois femmes : Atiqa Bouhouria (l’épouse de Ziani), Naima Lamalmi et Naziha El Montasser. L’enquête révèle que Naima est mariée à Mohamed Belahrech, chef de la DGED à Rabat, l’homme responsable du contrôle des mosquées et des imams à l’étranger. Naziha, quant à elle, est l’épouse d’Abdellah Boussouf, secrétaire général du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger (CCME), un poste de confiance directe de Mohammed VI qui, paradoxalement, supervise les subventions destinées aux communautés en Europe.

Pour rappel, Ziani a travaillé en Catalogne aux côtés de Mohamed Belahrech qui, six ans plus tard, était le meneur du Moroccogate .

Le circuit était parfait : l’argent quittait Rabat pour l’UCCIC en Catalogne, était transféré sur les comptes des épouses et à l’agence de voyage Aya TravelTours et retournait finalement au Maroc via une autre agence écran à Rabat, appelée Elysée Travels,enregistrée au nom de Ziani, Boussouf et Belahrech.

Le conseil d’administration actuel de l’UCCIC, qui a pris la relève après l’expulsion de Ziani, a commandé un audit en constatant que les comptes ne concordaient pas. Les découvertes sont accablantes : des dizaines de fausses factures présentées par Atiqa Bouhouria pour justifier des dépenses, y compris des cours d’arabe datés du 31 février (une date inexistante). Un chèque de 49 000 euros censé être destiné à une mosquée de Sabadell a également été découvert, qui n’est jamais arrivé, avec la signature du président actuel de l’UCCIC falsifiée.

Pour tenter de justifier un congrès d’oulémas financé par un virement de 390 410 euros en provenance du Maroc, Atiqa a présenté plusieurs factures d’Aya Travel Tours d’une valeur de plus de 50 000 euros… toutes émises le même dimanche. La justice espagnole a déjà dressé un procès-verbal pour faux en écriture. Pour extraire l’argent, l’enquête indique qu’Atiqa a parcouru les distributeurs automatiques de Barcelone en retirant des montants inférieurs à 2 000 euros pour ne pas éveiller les soupçons, une démonstration de « maladresse » qui, selon des sources, prouve qu’« elles se croyaient intouchables ».

Lorsque la plainte est arrivée devant les tribunaux espagnols en 2016, les pressions ne se sont pas fait attendre. Mimon Jalich, actuel président de l’UCCIC, a reçu un appel d’un intermédiaire qui lui a dit : « Ceux d’en bas (Rabat) sont très inquiets ». Il s’est rendu dans la capitale marocaine pour rencontrer Mohamed Belahrech, le chef de la DGED, en Espagne. « C’est une honte d’avoir emmené une femme au tribunal. Combien cela me coûterait-t-il d’arranger cela ? », aurait lancé le haut responsable des renseignements, selon le témoignage de Jalich.

Mais le réseau ne faisait pas que déplacer de l’argent. Il servait à payer un vaste réseau d’indicateurs (chauffeurs de taxi, serveurs, politiciens) en échange d’informations. L’enquête pointe l’existence d’« agents dormants » infiltrés dans la mouvance indépendantiste catalane. Parmi les noms apparaissant dans les documents de la justice espagnole figure celui de Younes El Harrak, administrateur unique de l’agence Aya Travel Tours et imam à Mataró, lié à l’organisation appelée “Nous les Catalons” où participait également l’espion Ziani, expulsé. Une autre personne nommée est Fouad El Jebli, qui a rencontré le séparatiste catalan Carles Puigdemont en Belgique, défini par un ancien agent marocain comme « un espion inactif mais infiltré ».

La défense d’Atiqa Bouhouria s’est contentée de ne pas faire de déclarations, l’affaire étant en partie sous le secret de l’instruction. Le parquet espagnol enquête sur les faits pour présumés délits de fraude aux subventions et de blanchiment d’argent.

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