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June 3, 2026

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TRIBUNE

La succession sous tutelle: Quand le traité d’amitié franco-marocain masque une nouvelle colonisation

Dans son édition d'hier, le journal Assahifa English a révélé les détails du futur traité d'amitié franco-marocain, affirmant que « le Maroc et la France s'apprêtent à vivre un tournant potentiellement historique en 2026, alors que les hauts responsables politiques et les experts des deux pays finalisent le cadre d'un nouveau traité d'amitié destiné à redéfinir leurs relations bilatérales sur des bases stratégiques à long terme ».

Par Hanane Ben

Dans son édition d’hier, le journal Assahifa English a révélé les détails du futur traité d’amitié franco-marocain, affirmant que « le Maroc et la France s’apprêtent à vivre un tournant potentiellement historique en 2026, alors que les hauts responsables politiques et les experts des deux pays finalisent le cadre d’un nouveau traité d’amitié destiné à redéfinir leurs relations bilatérales sur des bases stratégiques à long terme ».

Le choix de l’horizon 2026 pour sceller ce nouveau traité d’amitié n’a d’ailleurs rien d’un hasard : il marquera précisément le 70e anniversaire des accords de La Celle-Saint-Cloud.

Si ce texte «historique» est destiné à clore définitivement l’ère de la Déclaration de La Celle-Saint-Cloud de 1955 — qui avait acté un semblant d’indépendance du Royaume et régie leurs liens pendant sept décennies — il n’en demeure pas moins que ce nouveau traité d’amitié est perçu comme la mise à jour d’un logiciel de domination ancien, marquant une nouvelle colonisation et la confirmation de l’intronisation d’un nouveau roi sous la tutelle de la France.

Quand on regarde la récurrence de l’histoire, il est difficile de ne pas ressentir une impression de déjà-vu. Un accord qui va régir les 30 prochaines années rappelle inévitablement la configuration de 1912 ou de 1955, où les destins politiques semblaient se décider dans les salons parisiens.

Se sachant malade et affaibli, le roi orchestrait en coulisses la transition politique en préparant son jeune fils à sa succession et, pour sécuriser son trône et mettre le futur roi à l’abri des ambitions féroces et des convoitises du palais, utiliserait ce nouveau traité d’amitié pour sceller un accord plaçant le futur souverain sous la protection bienveillante de la France.

Selon des sources anglophones d’Assahifa, la dimension culturelle est peut-être l’élément le plus sensible et le plus stratégiquement important du traité proposé. En effet, le volet culturel du traité vise à pérenniser la place privilégiée du français comme langue de référence dans l’éducation, l’administration et l’économie du Royaume, afin de maintenir l’influence stratégique de Paris sur les futures élites marocaines. Pour cela, la France prévoit d’augmenter le nombre de places pour les étudiants marocains dans ses Grandes Écoles, d’investir dans son enseignement et d’étendre son réseau de lycées et d’instituts culturels au Maroc.

Pour les opposants marocains, ce traité n’est pas une rupture avec le passé, mais une modernisation du protectorat. Selon eux, la France concède des victoires politiques, comme sur le dossier du Sahara Occidental, en échange d’un contrôle durable sur l’économie, l’éducation et la projection africaine du Maroc, installant ainsi un système de nouvelles règles où la domination culturelle et financière reste la norme.

Si la France y cherche une bouée de sauvetage économique et géopolitique en Afrique, le Maroc quant à lui, aliène son économie au profit des intérêts parisiens.

Structuré autour de quatre piliers, mis à part le volet culturel, le traité d’amitié franco-marocain de 2026 prévoit des investissements français massifs combinés à des transferts de technologies industrielles et militaires en échange d’un accès préférentiel aux marchés marocains pour les entreprises françaises. Sur l’échiquier politique, la France s’engage à soutenir fermement la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental et à ouvrir ses archives coloniales en contrepartie d’une alliance stratégique pour réintégrer les marchés d’Afrique de l’Ouest.

À la lecture des quatre piliers sur lesquels repose ce traité d’amitié, la France semble ne faire que réclamer ses privilèges habituels avec une insistance renouvelée. Ce constat apparaît tout à fait légitime quand on connaît les concessions faites par le Maroc à la France, mais aussi à l’entité sioniste, dont l’implantation dans le Royaume suscite de vives inquiétudes par une frange de la population marocaine.

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