Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) renforcera le rôle de l’Afrique dans la sécurité énergétique internationale et contribuera à repositionner le continent comme un acteur majeur des marchés énergétiques mondiaux, ont souligné à l’APS des experts, se félicitant du lancement officiel, jeudi, des travaux de réalisation du tronçon algérien de cette infrastructure d’envergure.
“Le TSGP est bien plus qu’un simple gazoduc de transit. Il constitue un véritable corridor de développement énergétique et industriel pour l’Afrique subsaharienne. A l’échelle mondiale, il renforcera le rôle de l’Afrique dans la sécurité énergétique internationale et pourrait repositionner le continent comme un acteur majeur des marchés énergétiques du XXIe siècle”, a indiqué l’expert en énergie Boudjema Hamada.
Au-delà de sa dimension énergétique, ce projet constitue “un puissant levier d’intégration régionale, de développement industriel et de création d’emplois”, selon l’expert, ajoutant que le TSPG favorisera l’accès à l’énergie ainsi que l’essor de la pétrochimie, de la production d’engrais et de la génération électrique dans les pays traversés.
Le doyen de la faculté des hydrocarbures et de chimie de Boumerdès a également relevé que la réalisation du TSGP générera des milliers d’emplois dans les secteurs de la construction, de la maintenance et des services, et contribuera au développement de centrales électriques, d’industries manufacturières, de complexes pétrochimiques et d’unités de production d’engrais.
Ce projet permettra d’améliorer l’accès à l’énergie, de renforcer les infrastructures et de créer de nouvelles opportunités économiques. Il stimulera également les échanges intra-africains et l’intégration régionale, a-t-il ajouté.
S’agissant du rôle de l’Algérie dans la concrétisation du projet, M. Hamada a mis en avant l’expertise de Sonatrach dans le développement des infrastructures gazières ainsi que ses connexions directes avec les marchés européens via Medgaz et TransMed. Cela permettra, selon lui, d’assurer la coordination technique du projet et de faciliter la mobilisation des financements.
“A terme, le projet pourrait faire de l’Algérie un hub énergétique africain majeur et repositionner l’Afrique comme un acteur stratégique des marchés énergétiques du XXIe siècle”, a-t-il encore estimé.
De son côté, l’expert en énergie Tewfik Hasni a estimé que cette infrastructure stratégique contribuera à renforcer la position géostratégique de l’Algérie en tant que trait d’union entre les pays du Maghreb, du Sahel et la rive sud de l’Europe.
Il a, en outre, mis en avant les retombées de ce grand projet, qui ne concerneront pas uniquement l’Algérie, le Niger et le Nigeria, mais s’étendront à un espace économique plus large reliant l’Europe méridionale, le Maghreb et le Sahel.
Il a insisté, à ce titre, sur la nécessité de mobiliser d’importants investissements pour les infrastructures d’accompagnement, notamment les réseaux de transport, les routes, les liaisons ferroviaires, les systèmes de communication et les infrastructures énergétiques indispensables à la réalisation et à l’exploitation du gazoduc.
M. Hasni a également relevé l’importance du développement des compétences humaines et de la formation de ressources qualifiées pour accompagner la mise en œuvre de ce projet d’envergure, rappelant que le gazoduc nécessitera l’installation de nombreuses stations de compression et de structures logistiques tout au long de son tracé.
Les travaux de lancement de ce mégaprojet ont été officiellement entamés jeudi depuis le champ gazier d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, au lendemain de la 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage du TSGP tenue à Alger, sanctionnée par l’adoption du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du projet.