Le nouveau ministre français des affaires étrangères Stéphane Séjourné a indiqué ce samedi 10 février, qu’il est personnellement chargé par le président français Emmanuel Macron de renouer les rapports avec le régime du Makhzen, dans la foulée des efforts déployés ces derniers mois par des figures de l’Etat profond français favorables à des relations privilégiées avec le Maroc, au détriment d’un réchauffement avec l’Algérie.
Dans un entretien accordé à Ouest-France, aux quotidiens polonais Gazeta Wyborcza et allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Stéphane Séjourné révèle plusieurs contacts avec des responsables marocains depuis son arrivée à la tête de la diplomatie française le 12 janvier dernier.
« Le Président de la République m’a demandé personnellement de m’investir dans la relation franco-marocaine et d’écrire aussi un nouveau chapitre de notre relation. Je vais m’y attacher », souligne-t-il.
« Nous ajoutons qu’il est temps désormais d’avancer ». « Je ferai tout dans les prochaines semaines et les prochains mois pour que la France et le Maroc se rapprochent » et ce, « avec le respect des Marocains » note-t-il, réitérant au passage le soutien de son pays au Maroc dans le dossier du Sahara Occidental. La France a « toujours été au rendez-vous, même sur les dossiers les plus sensibles comme le Sahara occidental où le soutien clair et constant de la France au plan d’autonomie marocain est une réalité depuis 2007 » dira-t-il.
Aujourd’hui, il est clair, que l’Etat profond en France, fait du rapprochement avec le régime du Makhzen, une priorité, qui serait une condition de la droite et des nostalgiques de l’Algérie française pour soutenir le locataire du palais de l’Elysée, et ce qui lui reste de son second mandat.
A ceux qui continuent de croire au discours de l’ancien colon, que la France ne s’intéresse qu’aux richesses de l’Algérie et son peuple pour relever la tête face à la crise économique.
Ceux qui véhiculent un “partenariat économique” algérois-français, visent à pérenniser la dépendance décisionnelle de l’Algérie vis à vis de Paris, au détriment d’une souveraineté qui commençait à se dessiner au lendemain de l’investiture du président Tebboune qui n’a cessé de plaider qu’il ne ménagera aucun effort pour placer l’Algérie dans la place qu’elle lui sied, loin du tutorat étranger.
Le président Tebboune semble avoir réussi sa mission, mais des nostalgiques de la soumission à Paris reviennent avec certains slogans et initiatives destinés à rééditer l’OPA français sur l’Algérie, bien illustré par l’accord d’association avec l’UE, dont les grands bénéficiaires sont les entreprises françaises, sachant que cet accord d’association a causé un préjudice financier au trésor Public Algérien de près de 300 milliards d’euros, entre 2005 et 2020.
Pour rappel, le président Tebboune avait bien souligné il y a quelques mois que sa visite en France ne sera nullement une promenade, mais une visite qui rendra à l’Algérie sa grandeur et confirmera son statut de pays souverain et d’Etat-pivot dans la région du Maghreb et un acteur incontournable dans le monde arabe, dans le continent africain et dans le bassin méditerranéen . Le président Tebboune avait loué les partenariats gagnant-gagnant, conclus avec la Russie et la Chine. Ceux qui s’aventurent à reprendre le discours consommé de coopération avec la France, avec l’ancienne version de néocolonisé, sont avertis. Le président Tebboune avait au lendemain de son investiture à la magistrature suprême, déjà annoncé qu’il rendra à l’Algérie sa grandeur de nation souveraine, et la lancera dans le rand qui lui sied sur la scène internationale.