Par Racha Selmi
Au moment où se tiennent les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), consacrées au dividende démographique africain, le Représentant résident du Groupe BAD en Algérie, Abdoulkader Dileita, revient, dans cet entretien, sur les grands enjeux du développement du continent et les perspectives de coopération avec l’Algérie. Jeunesse, entrepreneuriat, diversification économique, transition énergétique, infrastructures stratégiques et intégration régionale figurent parmi les principaux axes abordés, dans un contexte où l’Algérie entend renforcer son rôle économique en Afrique.
Algérie 54: les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement mettent l’accent sur le dividende démographique africain. Comment la Banque évalue-t-elle le potentiel de la jeunesse algérienne dans le contexte des transformations économiques et technologiques actuelles ?
Abdoulkader Dileita : le thème des Assemblées annuelles 2026 met en lumière un enjeu central pour l’Afrique : la capacité à transformer sa jeunesse en moteur de croissance inclusive et durable. Ce thème ne m’est pas étranger. Lorsque j’observe les discussions qui se tiennent ici, à Alger, au plus haut niveau de l’État, je mesure à quel point nos Assemblées de Brazzaville arrivent au moment juste.
Notre Président Sidi Ould Tah a structuré sa vision autour de quatre grandes priorités — ce qu’il désigne comme les “Quatre points cardinaux” :
Améliorer l’accès aux capitaux à grande échelle ; Réformer l’architecture financière de l’Afrique et donc de mobiliser des capitaux à grande échelle ; Transformer le boom démographique en puissance économique et enfin de construire des infrastructures résilientes et apporter une réelle valeur ajoutée. Le dividende démographique est au cœur de cette architecture.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il constitue l’un des quatre événements du savoir organisés en marge de Brazzaville.
Pourquoi ce sujet revêt-il une telle force ? Parce qu’il opère un renversement de perspective. La démographie africaine n’est pas un défi à contenir
— c’est une chance, une chance extraordinaire. À condition de lui en donner les moyens. L’Afrique n’est pas seulement le continent qui a commencé
— c’est le continent du futur. Sa jeunesse, son énergie, sa créativité : des atouts que le monde entier nous envie. La convergence avec l’Algérie est, sur ce point, saisissante.
Le Président Tebboune l’a formulé avec une clarté qui force le respect : toute politique publique, tout investissement, toute initiative doit in fine se mesurer à l’amélioration des conditions d’existence des citoyens. Il n’est de développement véritable que celui qui transforme concrètement la vie des femmes et des hommes. C’est précisément la raison d’être fondatrice de la Banque africaine de développement
— combattre la pauvreté, améliorer les conditions de vie, mobiliser l’investissement au service du développement économique et social.
En Algérie, cette jeunesse est nombreuse, formée, connectée. Elle porte une aspiration profonde à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Notre mission collective est de créer les conditions pour que cette énergie se transmue en emplois, en entreprises, en une croissance qui transforme véritablement les territoires. »
Algérie 54 : La BAD accorde une attention particulière à l’emploi des jeunes et à l’entrepreneuriat. Existe-t-il des programmes spécifiques susceptibles d’être développés ou renforcés en Algérie ?
Abdoulkader Dileita: pour la Banque africaine de développement, la jeunesse représente le principal atout de l’Afrique. La population jeune du continent devrait dépasser 830 millions d’ici 2050, offrant un potentiel considérable pour stimuler la productivité et une croissance inclusive. Permettez- moi d’être précis. Cependant, ce dividende démographique reste insuffisamment exploité en raison du chômage et du sous-emploi. Chaque année, seuls trois millions d’emplois formels sont créés, alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. De plus, de nombreux jeunes ne disposent pas des compétences recherchées par les employeurs. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées par des inégalités d’accès aux opportunités et aux rémunérations
La Banque n’aborde pas ces sujets sans instruments. Nous disposons du programme Jobs for Youth in Africa — un programme qui agit simultanément sur la formation, le financement des PME et l’environnement des affaires. Trois leviers actionnés de concert, parce que l’expérience nous a enseigné qu’un levier isolé ne produit pas de transformation durable.
En Algérie, les filières porteuses sont clairement identifiées : l’agro-industrie, le numérique, les énergies renouvelables. Il n’est pas fortuit que le Président Tebboune ait précisément engagé des chantiers d’envergure dans ces secteurs
— l’agriculture, les industries pharmaceutiques, les matériaux de construction, l’innovation, la valorisation du savoir-faire algérien à l’exportation, une politique attractive de la diaspora (A titre d’exemple, les transferts de fonds de la diaspora algérienne ont atteint 1.942 milliards de dollars en 2024 via les circuits officiels.
Ce sont précisément les domaines où la Banque peut apporter une contribution substantielle : du financement, de l’expertise technique, et, dimension souvent sous-estimée, le retour d’expérience de pays du continent qui ont déjà accompli ces transitions. L’Algérie a ses propres mécanismes, solides et éprouvés.
Elle n’appelle pas à une substitution — elle est en droit d’attendre une complémentarité, un appui ciblé et intelligent. C’est précisément dans cet espace que la Banque doit se positionner. À travers les projets qu’elle finance, notamment dans les infrastructures ferroviaires et leurs activités connexes, la Banque soutient l’employabilité des jeunes, le développement des compétences et l’entrepreneuriat en lien avec les besoins du marché.
Le projet ferroviaire de construction de la ligne Laghouat-Ghardaïa- El Ménéa par exemple il est prévu la création d’emplois directs et indirects qui tourne environs à 35 000 sur l’ensemble du projet. A cela il convient de rajouter les effets positifs et holistiques sur l’emploi des jeunes par ce maillage des territoires par le rail qui impulsera une dynamique vertueuse de cet élan de l’Etat qui organise et maitrise ainsi sa géographie. »
Algérie 54: quels sont aujourd’hui les principaux axes du partenariat entre la Banque africaine de développement et l’Algérie ?
Abdoulkader Dileita : ce partenariat, j’en parle avec une conviction profonde, forgée au quotidien. Et ce qui lui confère son caractère exemplaire, c’est qu’il transcende la simple relation financière. Il est d’abord une relation de confiance, édifiée dans la durée.
Premier axe : les grandes infrastructures. Je dois m’y arrêter un instant, car ce sujet est souvent appréhendé de manière réductrice. À la Banque, nous ne finançons pas des rails ou des routes pour ce qu’ils représentent matériellement. Nous finançons une vision.
Gouverner, c’est anticiper — et l’Algérie l’illustre magistralement avec ses grands corridors. Le chemin de fer Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, qui est une partie du grand axe Alger-Tamanrasset, que le Président Tebboune a lui-même qualifié de « projet du siècle », n’est pas un projet ferroviaire au sens ordinaire du terme, c’est une colonne vertébrale.
Elle relie le nord au sud du plus grand pays d’Afrique, et se prolongera jusqu’à Tamanrasset. Chaque kilomètre de cette ligne qui travers 30 wilayas, c’est un territoire qui s’éveille — ses gisements miniers, ses potentialités agricoles, son patrimoine touristique, sa logistique.
La Banque a contribué au premier tronçon. Ce travail a engendré quelque chose d’inestimable : un lien de confiance, une compétence partagée entre nos équipes et celles d’Algérie. Nous entendons poursuivre. Deuxième axe : l’expertise. Au-delà du financement, nous savons accompagner les États pour que des infrastructures deviennent de véritables corridors économiques — que chaque kilomètre ouvert soit une opportunité concrète pour les populations riveraines. Il est un troisième axe, moins visible, qui me tient particulièrement à cœur : le savoir-faire algérien lui-même. Ce que l’Algérie a accompli dans le Sahara — mettre en culture le désert — relevait de l’impensable voilà quelques années à peine. La wilaya d’Ouargla a doublé ses surfaces agricoles en une seule saison : de 5 800 à 11 400 hectares.
Les techniques de forage héritées de l’industrie pétrolière, réadaptées pour l’identification des nappes phréatiques en zone aride — voilà un génie proprement algérien, qui a vocation à irriguer l’ensemble du continent, a fortiori dans ce contexte d’accélération climatique.
Tout cela converge vers ce que formule le Président Tebboune : le développement se juge à son impact sur la vie réelle des femmes et des hommes. C’est, au fond, ce que nous sommes.
Ce travail conjoint nous a permis de mesurer toute l’expertise des cadres algériens, ainsi que leur engagement remarquable au service de leur pays. Je pense en particulier à l’ANESRIF, en sa qualité de maître d’œuvre et d’agence d’exécution, mais également aux représentants des différentes entités ministérielles concernées, au premier rang desquels ceux du ministère des Finances, notamment la DGRFE, notre point focal.
Pour en venir à l’actualité la plus immédiate : la crise du détroit d’Ormuz a révélé avec brutalité la vulnérabilité de l’Afrique dans son approvisionnement en intrants agricoles. L’Algérie est en mesure de jouer un rôle singulier dans cette équation. Ses engrais phosphatés et azotés constituent une alternative africaine crédible pour les marchés du continent. C’est une réponse africaine à une crise africaine.
Algérie 54 : dans un contexte marqué par la volonté de l’Algérie de diversifier son économie hors hydrocarbures, quelles opportunités de financement et d’accompagnement la BAD peut-elle offrir aux projets structurants et aux investissements productifs ?
Abdoulkader Dileita: ce qui me frappe, c’est que la diversification en Algérie n’est pas un horizon proclamé ; c’est un processus engagé. Les faits en attestent : l’agriculture saharienne, les industries pharmaceutiques, les matériaux de construction. Sur ce dernier point, la mutation est éloquente : l’Algérie est passée, en un temps remarquable, d’importateur à producteur et exportateur. C’est précisément le type de transformation structurelle que la Banque a pour vocation de soutenir et d’amplifier. Mais il importe de le dire sans détour : une diversification économique durable ne saurait reposer exclusivement sur la dépense publique. Il faut attirer le capital privé, national comme étranger. Et pour ce faire, il faut de la lisibilité, de la prévisibilité, un environnement qui inspire confiance. C’est sur ce terrain que la Banque dispose d’une expertise reconnue : accompagner les réformes de l’environnement des affaires, créer les conditions qui rendent l’investissement privé possible et attractif. C’est un travail moins spectaculaire, mais souvent le plus déterminant. »
Algérie 54 : quelles nouvelles perspectives de coopération entre l’Algérie et la BAD pourraient être envisagées dans les domaines des énergies renouvelables, de la transition énergétique et des infrastructures stratégiques ?
Abdoulkader Dileita: pour la Banque africaine de développement, le document de référence est le Document de Stratégie Pays (DSP) qui est le document élaboré en concertation avec chaque pays membre pour définir ensemble les priorités d’intervention et une stratégie pour une période déterminée, en l’occurrence 2025-2030, en fonction des besoins et de objectifs de développement du pays.. a été élaborée afin d’accélérer la diversification économique et l’intégration régionale pour une croissance inclusive et durable.
Cette stratégie repose sur deux domaines prioritaires complémentaires : (i) le développement des infrastructures en appui à la croissance économique et à l’intégration régionale ; et (ii) l’accélération de la transformation structurelle de l’économie à travers la mise en œuvre de réformes économiques et le développement de chaînes de valeur agro-industrielles.
Dans ce cadre, les interventions de la Banque se concentrent sur quatre (4) secteurs prioritaires, en cohérence avec les avantages comparatifs de la Banque et les priorités nationales : les transports et l’énergie au titre du premier domaine, ainsi que l’agro-industrie et la gouvernance économique au titre du second.
L’Algérie dispose de l’un des gisements solaires les plus importants au monde. C’est une réalité physique. Et dans le contexte de la transition énergétique mondiale, c’est un avantage compétitif de premier ordre.
La Banque s’est pleinement engagée dans cette direction à travers Desert to Power, une initiative qui vise précisément à valoriser ce potentiel à grande échelle, au Sahel et dans la région saharienne et transformer cet espace géographique en la plus grande zone solaire au monde afin de produire 10GW d’ici 2030 et fournir une électricité propre et abordable. Ce qui me frappe, au-delà des données, c’est la profondeur de la convergence de vision.
Le Président Tebboune a affirmé que les infrastructures sont les artères du développement et les clés de l’intégration africaine. C’est la philosophie même de la Banque. Pas une formule, une conviction qui se traduit en projets concrets.
Sur l’hydrogène vert, je veux être explicite : nous sommes face à la prochaine grande frontière industrielle du continent. L’Algérie dispose de tous les atouts nécessaires, l’ensoleillement, les ressources éoliennes, la position géographique, les savoir-faire de l’industrie gazière.
Conjuguer production pour les besoins nationaux et exportation vers l’Europe comme vers l’Afrique, c’est une opportunité dont peu de pays au monde peuvent se prévaloir. Nous travaillons à mobiliser les financements et les partenaires pour que cette ambition prenne corps. »
Algérie 54 : la région sahélo-saharienne fait face à d’importants défis. Quel rôle la BAD entend-elle jouer pour renforcer l’intégration régionale et soutenir les projets transfrontaliers impliquant l’Algérie, à l’image du gazoduc transsaharien TSGP, dont le lancement approche ?
Abdoulkader Dileita: la Banque africaine de développement salue cette initiative hautement intégratrice qu’est le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), longtemps attendu et porteur d’un fort potentiel régional. Ce projet de plus de 4 000 kilomètres vise à acheminer le gaz nigérian vers l’Algérie et l’Europe via le Niger, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité énergétique et de l’intégration régionale. Il s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la Banque, Sidi Ould Tah, qui place la connectivité des infrastructures au cœur de l’intégration africaine.
Lorsque l’on évoque le Sahel, une vérité s’impose en préalable : la sécurité ne se résout pas par les seuls instruments sécuritaires. La réponse durable aux crises sahéliennes est le développement — créer des opportunités là où elles font défaut, connecter les territoires, intégrer les économies. C’est la conviction de la Banque depuis ses origines, et c’est ce qu’exprime le Président Tebboune lorsqu’il affirme que tout investissement doit se mesurer à son impact sur la vie des femmes et des hommes.
L’Algérie, dans ce tableau, n’est pas un acteur périphérique. Elle en est le centre de gravité. Par sa position géographique, par son histoire, par le poids de sa diplomatie, elle est incontournable dans toute réponse durable à cette crise régionale.
Sur le gazoduc transsaharien, le Président lui-même l’a élevé au rang de maillon stratégique de la coopération continentale. Et c’est une juste appréciation. C’est un corridor énergétique majeur, du Nigeria à l’Europe, via l’Algérie. Mais il n’est pas isolé. La Route de l’unité africaine qui relie six nations, la dorsale à fibre optique transsaharienne, autant de projets qui, considérés ensemble, font de l’Algérie le pivot naturel de l’intégration africaine.
La Banque est prête à s’engager, directement, ou en fédérant d’autres partenaires financiers autour de ces chantiers d’envergure. Dans le contexte de la ZLECAf, les infrastructures de transport et d’énergie demeurent essentielles pour soutenir la diversification économique et développer les échanges intra-africains.
La Banque a déjà soutenu le projet routier transsaharien et accompagne le corridor ferroviaire Alger–Tamanrasset, dont les retombées bénéficieront également aux pays sahéliens voisins. Conçu comme un corridor économique, le TSGP pourrait renforcer la coopération entre les pays traversés, stimuler le développement industriel et énergétique des régions concernées et améliorer l’accès à l’énergie pour les populations locales.»
Algérie 54 : quelle place l’Algérie peut-elle occuper dans la dynamique de développement continental ?
Abdoulkader Dileita: : permettez-moi de vous répondre sans détour : l’Algérie a vocation à être un pilier du développement africain. Ce n’est pas une affirmation de convenance, c’est une réalité que les faits fondent et que les chiffres confirment. Troisième actionnaire africain de la Banque. Plus de 26 milliards de dollars mobilisés au titre de la coopération avec ses partenaires africains. Annulation de la dette de 18 pays africains. Contribution régulière et substantielle au Fonds africain de développement. L’Algérie est déjà, pleinement, un acteur majeur du développement continental.
Algérie occupe une position stratégique majeure en Afrique par sa superficie, son poids économique et son rôle énergétique et diplomatique. Avec plus de 2,3 millions de km2, elle est le plus grand pays du continent et constitue un pont naturel entre la Méditerranée, le Maghreb, le Sahel et l’Afrique subsaharienne.
L’Algérie figure parmi les principales économies africaines grâce à ses ressources en hydrocarbures, ses infrastructures énergétiques et son potentiel industriel et agricole. Elle joue également un rôle important dans la sécurité énergétique régionale à travers ses exportations de gaz et les projets d’interconnexion. Toutefois, malgré cette position stratégique, les échanges commerciaux avec le reste du continent restent en dessous de leur potentiel.
Et ce qui confère à cette réalité toute sa portée, c’est qu’elle est portée par une vision d’une remarquable cohérence. Il a été clairement annoncé au plus haut niveau de l’Etat que la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire un axe structurant de la politique extérieure algérienne, avec la conviction qu’elles constituent un catalyseur de paix, de prospérité partagée et de développement durable.
Ce n’est pas une générosité abstraite. Parmi les contributions récentes les plus significatives de Algérie au développement continental figure l’annonce, en 2025, d’une contribution volontaire de 1 million USD au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs afin de soutenir la gouvernance en Afrique.
L’Algérie a également renforcé son soutien au Groupe de la Banque africaine de développement. En 2026, le président de la BAD a salué une contribution algérienne estimée à 15 millions USD au Fonds africain de développement (FAD) dans le cadre des efforts de reconstitution des ressources de la Banque.
Par ailleurs, en 2023, l’Algérie a mobilisé 1 milliard USD à travers l’Agence algérienne de coopération internationale pour financer des projets de développement en Afrique, notamment dans les infrastructures, l’énergie et le développement local.
C’est une doctrine : une coopération qui respecte les priorités souveraines des pays africains, se concentre sur des projets structurants, et renforce, plutôt qu’elle n’affaiblit, la souveraineté des nations. L’Algérie occupe une position singulière : pays africain pleinement engagé dans son continent, puissance méditerranéenne, trait d’union naturel entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe.
Cette triple identité est une chance historique. Pour la Banque, cette vision nous est profondément familière. Et nous sommes résolus à construire ensemble. »
Entretien réalisé par Racha Selmi