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March 27, 2026

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Algérie-Espagne: Le dégel acté

Après une brouille de plusieurs mois liée au revirement de la position du gouvernement espagnol dirigé par le socialiste Pedro Sanchez sur la question du Sahara Occidental, les relations entre Alger et Madrid reprennent leur cours, comme l'illustre bien la réactivation du Traité d'Amitié, de Bon Voisinage et deCoopération , décidée par le président de la république Abdelmadjid Tebboune àl'issue de l'audience qui l'a accordée ce jeudi 26 mars,au ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares.

Après une brouille de plusieurs mois liée au revirement de la position du gouvernement espagnol dirigé par le socialiste Pedro Sanchez sur la question du Sahara Occidental, les relations entre Alger et Madrid reprennent leur cours, comme l’illustre bien la réactivation du Traité d’Amitié, de Bon Voisinage et deCoopération , décidée par le président de la république Abdelmadjid Tebboune àl’issue de l’audience qui l’a accordée ce jeudi 26 mars,au ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares.

Suspendu, il y a quatre ans, le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé en 2002 a été réactivé, marquant le dégel des relations entre l’Espagne et l’Algérie.Un dégel qui affecte directement et immédiatement le commerce, victime collatérale de cette crise diplomatique.

En 2026, quatre années après la crise diplomatique, les échanges commerciaux entreles deux pays ont connu une reprise accélérée qui ramène les relations bilatérales à leur niveau d’avant 2022, et laisse même entrevoir un possible dépassement à court terme. Le déplacement du chef de la diplomatie espagnole à Alger et Oran, illustre bien cette reprise accélérée

A l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la république ce jeudi, José Manuel Albares, dont c’est le premier voyage en Algérie depuis sa nomination, a qualifié les relations entre l’Algérie et l’Espagne de stratégiques .

« En 2025, le volume des échanges bilatéraux a atteint près de 8,5 milliards d’euros, et nos exportations de marchandises vers l’Algérie ont triplé l’an dernier par rapport à l’année précédente », a souligné M. Albares lors d’une conférence de presse à Alger. « Nos échanges commerciaux progressent chaque année », a-t-il insisté, dans une déclaration qui, sans répondre aux questions, visait à projeter une image de normalité.

Le bond est significatif. Après avoir touché le fond en 2023 – année où les exportations espagnoles ont chuté à 332 millions d’euros contre 2,9 milliards en 2019 – la réouverture des échanges, amorcée en novembre 2024, a déclenché un rebond. Entre janvier et mai 2025 seulement, les ventes espagnoles avaient déjà progressé de 162 %, préfigurant une reprise qui se confirme désormais. La croissance annuelle atteint 270 %.

Cette reprise , il faut bien le souligner s’inscrit dans une conjoncture géopolitique particulière liée au conflit au Moyen-Orient e aux inquiétudes espagnoles et européennes en matière de sécurisation des approvisionnements énergétiques. Sur ce registre, l’Algérie demeure fidèle à sa réputation de partenaire fiableayant honoré tous ses engagements d’approvisionnement en gaz envers l’Espagne pendant la crise diplomatique. 

« L’Algérie est également un fournisseur de gaz stable, fiable et régulier. Elle est le principal fournisseur de gaz naturel de notre pays depuis trois ans », a souligné Albares, confirmant, sans donner plus de détails, un accord visant à « renforcer ce partenariat énergétique stratégique ».

L’objectif de Madrid est clair : sécuriser l’approvisionnement et explorer les possibilités d’accroître les importations via le gazoduc Medgaz , d’une capacité d’environ 10 milliards de mètres cubes par an. Dans un contexte de tensions dans le détroit d’Ormuz, de prix du gaz sous pression et d’une interdiction totale du gaz russe qui se profile à l’horizon 2027, la stabilité algérienne est devenue un atout géopolitique d’une importance capitale.

Dans le secteur des entreprises, l’interprétation est similaire. Djamal Eddine Bouabdallah, président de la Chambre de commerce et d’industrie hispano-algérienne, décrit la situation actuelle comme une opportunité à saisir. « Nous vivons un moment charnière dans les relations et les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne. D’ici 2025, l’Algérie devrait redevenir le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, avec plus de 38 % du marché, et le volume des échanges se rapproche de celui de 2022, dépassant les 6 milliards d’euros », a-t-il expliqué dans un entretien accordé au média ibérique El Independiente.

Bouabdallah explique la fin de la crise diplomatique comme un passage de la phase politique à la phase économique : « Je pense que nous avons déjà dépassé cette période d’émotion politique, et il est temps maintenant de parler d’économie et de voir ce que nous pouvons faire ensemble. » Selon lui, la situation internationale, marquée par la guerre au Moyen-Orient, a accéléré cette transition : « L’Espagne a besoin d’énergie en cette période très difficile , et c’est le moment de réfléchir à ce que nous pouvons faire ensemble. »

D’autre part, il faut noter qu’outre le volet de sécurisation des approvisionnements énergétiques recherché par l’Espagne, l’Algérie compte se repositionner comme une destination d’investissement de premier choix pour les opérateurs économiques espagnols. Des investissements économiques dépassant de loin le volet commercial, et qui auron l’avantage de bénéficier des opportunités offertes par la législation algérienne en matière d’investissement.

L’Algérie a mis en œuvre des réformes visant à améliorer son climat des affaires et à attirer les capitaux étrangers dans des secteurs stratégiques.

« L’Algérie met officiellement en place un nouveau climat des affaires afin d’améliorer l’environnement des investissements, car c’est un enjeu crucial », souligne Djamek Eddine Bouabdallah. Parmi les projets en cours figurent des développements miniers – notamment dans le secteur des phosphates –, des infrastructures ferroviaires liées au transport du minerai de fer et de nouvelles explorations gazières offshore « aux ressources très prometteuses ».

À cela s’ajoute un projet d’envergure continentale : le gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie, destiné à approvisionner l’Europe en gaz de manière « abondante et efficace ». « C’est un moment exceptionnel », résume le chef d’entreprise, qui insiste sur le fait qu’il faut désormais « finaliser tout cela ».

Dans le même temps, Alger considère l’Espagne non seulement comme un client énergétique, mais aussi comme un partenaire technologique et industriel. « L’Espagne dispose d’un système d’investissement performant. Les autorités algériennes insistent beaucoup sur le rôle de l’Espagne dans l’avenir de l’Algérie », souligne-t-il.

La présence de plus d’une centaine d’entreprises espagnoles dans le pays témoigne, selon Albares, du dynamisme d’une relation qui aspire à se développer. Le chef de la diplomatie espagnole a également annoncé de nouveaux contacts d’affaires à Alger afin de consolider cette dynamique .

« Le président Tebboune m’a réaffirmé la pleine validité du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, et nous avons convenu de relancer les voyages, les visites et les rencontres à tous les niveaux », a déclaré José Manuel Albares. Ce retour à la normale, plus qu’une réconciliation idéologique, témoigne d’une convergence d’intérêts. L’énergie, la stabilité régionale et les perspectives économiques ont prévalu. Il en résulte un rapprochement accéléré qui, selon les propres termes d’Albares, vise « le progrès et le bénéfice mutuel ». 

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