Par Hanane Ben

L’Algérie fait face à ce que les services de sécurité qualifient eux-mêmes de véritable « tsunami » de substances illicites, notamment les comprimés psychotropes et le kif traité. Le constat est, certes, alarmant, mais la riposte s'est considérablement durcie face à la gravité de la situation.

Preuve, s’il en est d’une réalité extrêmement préoccupante qui fait d'ailleurs la Une des actualités sécuritaires et sociales dans le pays, le Premier ministre, Sifi Ghrieb a été chargé par le président de la République de présider la célébration de la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues.

Une fermeté qui s'est matérialisée concrètement ce vendredi 26 juin à Chlef, lors de la 5e opération nationale de destruction de stupéfiants, organisée en marge de la Journée mondiale de lutte contre ce fléau. Cette action coup de poing, qui a réuni l'ANP, la Gendarmerie, la Sûreté nationale et les Douanes sous l'autorité de la Commission nationale, a permis de réduire en cendres des cargaisons massives d'une valeur supérieure à 50,4 milliards de DA.

Le bilan des substances détruites s'élève à plus de 16,5 tonnes de kif traité, 1 tonne de drogues dures (cocaïne et héroïne), plus de 25,1 millions de comprimés psychotropes et 262 kg de poudre psychotrope. Recensées et acheminées sous haute escorte, ces saisies ont été détruites dans des usines spécialisées selon les normes légales et environnementales.

Pour le ministère de la Défense nationale, le succès de cette opération rigoureuse démontre l'efficacité de la stratégie nationale pour contrecarrer les tentatives d'inonder le pays et protéger la sécurité nationale, l'économie et la société contre ce fléau.

Dans un récent article, intitulé « Guerre narcotique du Makhzen : l'ANP, rempart vital contre la déstabilisation sociale, économique et sécuritaire », il a été mis en lumière le rôle crucial de l'Armée nationale populaire (ANP) face à une stratégie délibérée de déstabilisation orchestrée par le Maroc à travers l'introduction massive de stupéfiants.

En première ligne sur les frontières ouest et sud du pays, les forces de l'ANP multiplient les saisies records pour protéger la jeunesse algérienne, interceptant notamment 35 tonnes de kif traité et 40 millions de comprimés psychotropes en 2025, un rythme d'interceptions qui s'est intensifié au premier quadrimestre 2026.

Cette contre-offensive s'inscrit face à un fléau d'envergure internationale, puisque les rapports de l'ONU et d'Europol confirment le statut du Maroc comme premier producteur mondial de haschich et hub logistique transnational dont les routes alimentent de 70 à 90 % du marché européen.

L'Espagne, devenue la porte d'entrée de ce trafic vers l'Europe avec plus de 70 tonnes saisies en 2025, exprime une vive inquiétude sécuritaire, d'autant que des enquêtes récentes de la Garde civile en 2026 accusent formellement la Marine royale marocaine de complicité directe avec les narcotrafiquants et révèlent des infrastructures logistiques ultra-sophistiquées à Ceuta.

Face à cette menace asymétrique et insidieuse qui cherche à miner le tissu économique et social, la vigilance absolue de l'ANP s'impose comme le rempart indispensable à la souveraineté et à la résilience nationale.

Face à ce front invisible qui cible prioritairement la jeunesse, la vigilance absolue de l'ANP s'impose comme le garant de la cohésion et de la souveraineté nationale.

C'est précisément pour répondre à cette agression multiforme que la riposte algérienne s'organise désormais de manière globale au plus haut niveau de l'État. La rencontre présidée aujourd'hui par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, sous le slogan « Une année après le lancement de la Stratégie nationale, ensemble relevons le défi », est venue matérialiser cette contre-offensive en évaluant le bilan de l'an un de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue et les psychotropes 2025-2029.

Ce premier point d'étape institutionnel met en lumière les progrès accomplis dans la concrétisation des objectifs nationaux. Il valide l'efficacité de la synergie sur le terrain entre la Justice et les différents corps de sécurité, tout en posant les jalons d'un renforcement nécessaire des mécanismes de prévention et de répression pour la prochaine étape.