Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a réaffirmé, lundi au Caire, l'attachement de l'Algérie à sa position constante en faveur d'une solution nationale et inclusive aux crises qui secouent les pays arabes, loin des ingérences étrangères.
"Nous nous retrouvons aujourd'hui dans une conjoncture exceptionnelle, marquée par une succession de crises, l'extension des foyers de tension et la multiplication des zones de conflit, qui nous impose, plus que jamais, de hisser notre action arabe commune au niveau des défis et dangers auxquels nos Etats et peuples sont confrontés, dans un contexte international hautement sensible, complexe et instable", a dit M. Attaf, lors de la séance inaugurale de la 166e session ordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau des ministres des Affaires étrangères.
Dans ce contexte, le ministre d'Etat s'est arrêté sur trois questions principales liées à la sécurité nationale arabe, aux développements de la question palestinienne et à la situation prévalant dans les territoires palestiniens occupés, ainsi qu'aux autres crises que connaît la région arabe.
Concernant la première question, M. Attaf a affirmé que "la sécurité arabe nationale est un tout indivisible", soulignant que l'Algérie "condamne dans les termes les plus forts les attaques qui ont ciblé et ciblent la sécurité et la stabilité de nos frères dans les pays du Golfe".
Il a réitéré "le rejet formel par l'Algérie de toute atteinte à la souveraineté des Etats arabes, de toute menace à leur sécurité nationale et de toute violation de l'intégrité de leurs territoires".
"D'ici, nous réitérons notre soutien à nos frères dans le Golfe et réaffirmons notre rejet de la politique du fait accompli visant à transformer notre région en théâtre de conflits et de règlements de comptes qui ne sont pas les nôtres et au service d'intérêts qui ne sont pas les nôtres", a-t-il dit.
Concernant la question palestinienne, M. Attaf a indiqué que "la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens occupés a atteint des niveaux sans précédent, alors qu'un processus systématique ciblant l'être humain, la terre et l'identité se poursuit, dans le but d'enterrer la cause palestinienne".
Il a, dans ce cadre, condamné "fermement les politiques de l'occupant israélien visant à modifier le statut géographique et démographique dans les territoires occupés".
L'Algérie affirme, poursuit le ministre d'Etat, que la cause palestinienne "demeurera la boussole qui guide notre action arabe commune, car il ne saurait y avoir de véritable paix ni de stabilité durable dans notre région sans permettre au peuple palestinien de jouir de ses droits nationaux légitimes, à leur tête son droit à l'établissement de son Etat indépendant et souverain, avec El-Qods comme capitale".
Dans le même contexte, l'Algérie a renouvelé son soutien et sa solidarité avec les frères en Syrie et au Liban face à l'agression sioniste continue et à ses politiques expansionnistes, soulignant la nécessité de mettre fin à l'occupation de l'ensemble des territoires arabes.
S'agissant des autres crises que connaît la région, M. Attaf a souligné que "l'attention tournée vers les graves développements au Moyen-Orient ne doit pas nous détourner d'autres crises tout aussi graves". "En Libye, au Soudan, au Yémen et en Somalie se poursuivent des crises qui ont épuisé les Etats, accablé les peuples et érodé les capacités".
Réitérant son attachement à sa position constante, l'Algérie estime que la solution aux crises que traversent les pays arabes "doit être nationale et inclusive, loin des ingérences étrangères qui n'ont fait qu'accentuer les divisions, les difficultés et les souffrances".
"Ce que révèlent ces crises, quelles qu'en soient les causes et les trajectoires, c'est la nécessité pour notre monde arabe d'avoir une position plus forte, une plus grande coordination, une solidarité plus profonde et une action arabe commune plus efficace. C'est là que réside la responsabilité centrale de la Ligue arabe", a soutenu le ministre d'Etat.
La conjoncture actuelle "ne tolère aucune hésitation, n'accepte pas les demi-mesures et ne nous permet pas de demeurer de simples observateurs de ce qui se passe autour de nous ni d'être divisés, otages de calculs et d'intérêts étroits", a conclut M. Attaf.