Par Hanane Ben

Selon le récent rapport «Africa Risk Dimension Report» publié par le cabinet de conseil et d'analyse Sompa & Partners, l'Algérie se hisse à la deuxième position africaine parmi les grandes économies les moins exposées aux risques majeurs, juste derrière l'Égypte et devant le Ghana et le Maroc.

Ce classement s'appuie sur une grille d'évaluation mesurant sept dimensions clés (notées chacune sur 25 points, pour un score global sur 175). Décryptage des sept indicateurs fondamentaux qui caractérisent la stabilité et les défis du profil macroéconomique algérien.

Risque politique et gouvernance

L'Algérie présente un cadre politique centralisé et une grande stabilité institutionnelle.

L'État maintient une trajectoire stratégique claire tournée vers la réindustrialisation, la souveraineté alimentaire et énergétique, ainsi que le développement des exportations hors hydrocarbures. 

Cette continuité prémunit le pays contre les revirements politiques brusques, même si la centralisation administrative peut parfois rallonger les délais d'instruction, cette étape garantit en contrepartie un suivi rigoureux, une maîtrise optimale des risques et une validation méthodique de chaque projet d'investissement.

Risque économique et financier

C'est le pilier majeur du bon positionnement du pays. L'Algérie se distingue par un taux de dette extérieure publique quasi nul (inférieur à 2 % du PIB), ce qui élimine tout risque d'étranglement financier extérieur.

Portées par les recettes énergétiques et une régulation des importations, les réserves de change offrent un matelas de sécurité solide (couvrant plus de 14 à 16 mois d'importations). Portée par l'essor remarquable des exportations de gaz vers l'Europe et le dynamisme des filières hors hydrocarbures (ciment, acier, engrais), la balance commerciale se renforce continuellement, alimentant ainsi une stratégie ambitieuse d'accélération de la diversification économique.

Risque juridique et réglementaire

Le cadre des affaires a connu une modernisation significative avec le nouveau Code de l'investissement et l'abrogation de la règle 51/49 pour la majorité des secteurs non stratégiques, permettant aux investisseurs étrangers de détenir jusqu'à 100 % du capital de leur filiale.

L'Agence Algérienne de Promotion de l'Investissement (AAPI) propose désormais un guichet unique et des incitations fiscales ciblées. Pour optimiser leurs opérations, les investisseurs internationaux s'appuient sur un cadre réglementaire bancaire et monétaire clair, assurant une gestion rigoureuse et prévisible du contrôle des changes

Risque sécuritaire et opérationnel

Sur le plan intérieur, l'Algérie bénéficie d'un appareil de sécurité performant garantissant la protection hermétique des infrastructures énergétiques critiques (champs gaziers, raffineries, pipelines) et des taux de criminalité violente très bas par rapport aux moyennes continentales.

Bien que l'instabilité aux frontières régionales (Sahel, Libye) impose un effort budgétaire permanent en matière de défense, le climat opérationnel pour les entreprises et les expatriés demeure hautement sécurisé.

Risque socioculturel et capital humain

L'Algérie dispose d'un bassin d'ingénieurs et de techniciens qualifiés, soutenu par la gratuité du système éducatif et universitaire.

Avec un coût du travail compétitif à l'échelle méditerranéenne et des mécanismes de soutien social (subventions, allocations) qui préservent la paix sociale, le principal défi réside dans la capacité du secteur privé à absorber le flux continu de jeunes diplômés sur le marché de l'emploi.

Risque environnemental et climatique

Face au défi du stress hydrique qui touche l'ensemble de la région, l'Algérie met en œuvre une politique d'anticipation majeure basée sur le dessalement d'eau de mer (visant à couvrir plus de 60 % des besoins en eau potable) et le transfert d'eau.

Par ailleurs, le pays détient un gisement solaire parmi les plus élevés au monde, posant les bases pour le développement futur du photovoltaïque et de l'hydrogène vert.

Risque d'infrastructures et technologique

L'Algérie s'appuie sur des infrastructures de base solides : un réseau routier et autoroutier dense (Autoroute Est-Ouest, Transsaharienne), des capacités portuaires majeures et un taux de couverture électrique national supérieur à 98 %.

Le déploiement de la fibre optique (FTTH), la modernisation des réseaux télécoms et la numérisation progressive des services fiscaux et douaniers viennent renforcer l'efficacité opérationnelle du tissu économique.