Par Fatma Zohra Hamza
Un nouveau front de contestation s’ouvre au Maroc, les enseignants du primaire et les inspecteurs de l’orientation et de la planification pédagogique montent au créneau pour dénoncer le reniement flagrant du gouvernement et la détérioration des conditions socio-professionnels de la corporation.
Le nouveau gouvernement marocain de Fatima Ezzahra El Mansouri, face à l’épreuve de feu, au risque de sa survie. A défaut de redresser la barre, cet exécutif fera face à la colère d’une rue déjà en ébullition.
La crise multilatérale qui tiraille la royauté, enregistre une nouvelle mobilisation d’envergure du personnel du secteur d’éducation. Déterminés à faire entendre leur voix, les enseignants et les inspecteurs désavouent l’inertie du nouveau gouvernement ; ils dénoncent le non-respect des engagements pris par l’exécutif de El Mansouri, les retards dans le versement de certaines indemnités et des salaires des enseignants contractuels et des dysfonctionnements dans la gestion statutaire des inspecteurs du secteur.
Des grèves nationales cycliques des enseignants du primaire dans l’ensemble des écoles débutent dès aujourd’hui, pour une durée de trois jours alors que les inspecteurs de l’orientation et de la planification pédagogique annoncent une nouvelle série de grèves et de sit-in, qui culminera par une marche vers le Parlement le 1er décembre prochain, il s’agit d’une première étape d’une mobilisation syndicale déterminée. À l’origine de cette escalade, des revendications professionnelles et statutaires restées, selon les syndicats, sans réponse satisfaisante.
Inspecteurs et enseignants du préscolaires contre le makhzen
La coordination syndicale regroupant cinq organisations syndicales à savoir le Syndicat national de l’enseignement affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), le Syndicat national de l’enseignement relevant de la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération libre de l’enseignement affiliée à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) et le Syndicat national de l’enseignement affilié à la Fédération démocratique du travail (FDT), porte sa mobilisation à la rue pour débloquer le dossier revendicatif de la corporation.
Le sit-in national tenu le 19 octobre dernier devant le parlement à Rabat a montré une fébrilité de l’exécutif en place. Inspecteurs et enseignants sortis pour réclamer l’intégration dans la fonction publique, des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail ; se sont retrouvés matraqués et confrontés à la répression et à des coups de la part des éléments de la sûreté nationale marocaine, appuyés par les forces auxiliaires.
La réponse des services marocains face à la grogne sociale est l’ultime preuve d’une rupture du contrat social entre les marocains et le palais royal. Ce recours excessif à la force policière, les arrestations et les procès arbitraires traduit la vulnérabilité des institutions du Makhzen et son incapacité à répondre favorablement aux revendication de la rue marocaine.