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April 23, 2026

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Chaleur extrême: l’agriculture marocaine fragilisée par la crise climatique

Un rapport conjoint de la FAO et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), consacré aux effets des vagues de chaleur extrêmes sur l’agriculture, met en évidence une "aggravation préoccupante" de la vulnérabilité du secteur agricole marocain face aux dérèglements climatiques.

Un rapport conjoint de la FAO et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), consacré aux effets des vagues de chaleur extrêmes sur l’agriculture, met en évidence une “aggravation préoccupante” de la vulnérabilité du secteur agricole marocain face aux dérèglements climatiques.

Publié mercredi à l’occasion de la Journée de la Terre nourricière, célébrée chaque année le 22 avril, le document dresse un constat sévère des conditions de production au Maroc enregistrées entre 2022 et 2024, marquées par une succession de sécheresses prolongées et d’épisodes caniculaires d’une intensité sans précédent.

Dans ce contexte, le secteur agricole marocain, fortement dépendant des précipitations et représentant environ 10 % du produit intérieur brut, apparaît particulièrement exposé. Après plusieurs années consécutives de déficit hydrique, le pays a subi des vagues de chaleur répétées, dont certaines ont dépassé dix jours, avec des températures franchissant régulièrement le seuil des 40 C. Ces conditions extrêmes,selon le rapport, ont considérablement aggravé le stress hydrique des cultures ainsi que celui du cheptel.

Par conséquent, les impacts sur la production agricole, comme le précise le document, se sont révélés particulièrement lourds. La production céréalière a chuté de 43 % sur la campagne 2023-2024, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de quinze ans. Dans le même contexte, les cultures pérennes, notamment les agrumes et l’olivier, ont enregistré une baisse notable de rendement et de qualité, sous l’effet combiné des fortes températures diurnes et nocturnes.

De surcroît, le secteur de l’élevage, selon la même source, a également subi de plein fouet les conséquences de cette situation climatique.

Le stress thermique, conjugué à la raréfaction des ressources fourragères, a entraîné une baisse significative de la productivité laitière et de la production carnée. Dans plusieurs zones rurales, cette dégradation a conduit à une réduction des superficies cultivées, voire à l’abandon de certaines exploitations, accentuant ainsi la fragilité économique des ménages agricoles.

Par ailleurs, le rapport souligne que ces phénomènes climatiques ont engendré des effets en cascade sur les écosystèmes naturels. Les forêts marocaines ont été durement affectées, notamment à travers des incendies de grande ampleur ayant ravagé plus de 22 000 hectares en 2022, en particulier dans la région du Rif. Dans le même temps, la pression sur les ressources en eau s’est fortement intensifiée, aboutissant à des niveaux historiquement bas des réserves des barrages et des nappes phréatiques à l’été 2024.

Cette situation a entraîné des perturbations majeures dans la distribution de l’eau potable, ainsi que des restrictions généralisées de l’irrigation agricole, aggravant encore davantage les pertes de production. Ainsi, les interconnexions entre climat, agriculture et ressources hydriques apparaissent de plus en plus fragilisées.

Dans ce cadre, Kaveh Zahedi, responsable du bureau des changements climatiques à la FAO, a souligné que ” les vagues de chaleur extrêmes bouleversent les règles de production agricole”, ajoutant qu’elles peuvent déterminer la capacité même des agriculteurs à poursuivre leurs activités.

Enfin, le document met en garde contre une accélération du réchauffement climatique à l’échelle mondiale, 2025 figurant parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées. Dès lors, la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes devraient continuer à augmenter, réduisant davantage la marge de sécurité nécessaire aux cultures, au-delà des seuils critiques de température estimés autour de 30 C pour plusieurs productions essentielles.

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