Par Hanane Ben 

Après 15 mois de fermeture, provoquée par le drone malien abattu à Tin Zaouatin, sur le territoire algérien, l'Algérie a décidé de rouvrir entièrement son espace aérien national à la circulation aérienne malienne. C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale, précisant que cette décision prend effet à partir de ce vendredi 10 juillet 2026 et qu’elle inclut tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali à travers les différentes destinations internationales.

Cette décision marque un tournant important dans les relations complexes qui lient Alger à Bamako. L'accréditation officielle de l'ambassadeur du Mali en Algérie, Mahamadou Amaga Dolo, auprès du président Abdelmadjid Tebboune, constitue le point culminant et la clé de voûte de cette décrispation.

Depuis la crise des drones d'avril 2025 à la frontière, les canaux officiels étaient totalement gelés. En février 2026, Bamako persistait d'ailleurs à démentir fermement toute rumeur de retour de son ambassadeur à Alger. Le fait que l'ambassadeur malien ait pu présenter ses lettres de créance et être reçu à Alger symbolise la fin officielle de cette rupture. L'acceptation des lettres de créance par Alger a remis les compteurs de la souveraineté à zéro : l'Algérie reconnaît pleinement l'interlocuteur de Bamako, et Bamako accepte de renouer le fil avec Alger.

La réouverture de l'espace aérien national par l'Algérie, survenue immédiatement après cette accréditation, est la première traduction concrète de ce tête-à-tête diplomatique. Les deux pays ont rappelé à cette occasion qu'ils étaient « deux pays frères liés par l'histoire et la géographie ». La réouverture du ciel est le premier dividende visible de ce dégel pour le Mali, qui en avait cruellement besoin pour désenclaver ses routes aériennes.

De plus, l'Algérie qui vient de poser un acte concret de bonne volonté, a toujours adopté une posture de grand frère pragmatique. Cette mesure qui permettra au trafic malien de transiter à nouveau par le ciel algérien est une bouffée d'oxygène pour la connectivité du Mali, enclavé. Aussi, elle permet à l’Algérie de desserrer l'étau pour maintenir un ancrage d'influence et rétablir son statut de pivot incontournable de la stabilité sahélienne.

Pour la presse malienne, la réouverture du ciel algérien représente avant tout une bouffée d'oxygène économique cruciale pour un pays structurellement enclavé. Les éditorialistes et analystes économiques locaux soulignent le soulagement immédiat pour les finances publiques et le secteur privé : la fin du contournement de l'immense territoire algérien, qui imposait aux vols à destination de l'Afrique du Nord et de l'Europe des détours interminables, va drastiquement réduire la consommation de kérosène et les coûts d'exploitation des compagnies aériennes.

Les médias nationaux entrevoient déjà une baisse mécanique du prix des billets d'avion pour la nombreuse diaspora malienne, ainsi qu'une bouffée d'air pour le fret aérien et les importations de produits de première nécessité, l'espace aérien algérien redevenant la voie d'accès la plus directe, la plus rapide et la moins coûteuse vers les marchés méditerranéens.