Par Fatma Zohra Hamza

Le Maroc a bel et bien orchestré l’afflux de plus de 80 000 migrants marocains depuis son territoire vers l’enclave espagnole Ceuta, les 30 et 31 juillet 2026 sous la protection d’une police complice et d’incursions de navires du Makhzen dans les eaux espagnoles en total violation de la souveraineté de l’Espagne, c’est ce que révèlent des enregistrements de la marine ibérique.

La presse espagnole dévoile les derniers développements dans l’enquête juridique introduite par Madrid et placée sous la direction de la juge María Tardón de l'Audience nationale, comme un possible crime contre la paix et l'indépendance de l'État.

La justice et les services de renseignement espagnols exposent le double jeu du Maroc qui savait pertinemment qu’une vague massive de migrants se préparait et qui a même faciliter leur passage vers Ceuta.

La police marocaine a reçu des ordres d’agir avec une totale passivité et même d’aider les migrants clandestins à franchir la frontière entre les deux royaumes. 

Lors de sa comparution devant le juge Tardón le 1er octobre dernier, Gonzalo Sanz, l’ancien chef d’état-major de l’ancien délégué du gouvernement à Ceuta, est revenu en détail sur cette journée.

L’ancien numéro deux de Miguel Ángel Pérez Triano s’était rendu à la frontière entre les deux pays pour vérifier ce qui se passait dans les premiers instants de l’assaut sur Ceuta ; il évoque « une folie d'inondation était en cours de préparation et la frontière était encore ouverte normalement (...) les gens entraient avec leur voiture (...) Je ne l'ai pas compris », tout en relevant un échange lunaire avec des responsables marocains, selon le contenu de son témoignage révélé par le journal ibérique The Objective.

L’ancien chef d’état-major avait exprimé sa surprise, en évoquant son échange avec un « patron » des forces de sécurité marocaines et à qui il a demandé s’ils allaient fermer la frontière ? une question à laquelle, le responsable marocain a répondu « Pourquoi vais-je fermer la frontière ? La frontière est parfaite. Pourquoi me demandez-vous de la fermer ?» explique Gonzalo Sanz dans un témoignage ; très descriptif des faits.

Cet échange atteste clairement de la nature des ordres que les services de sécurité ont reçu du Makhzen, Sanz avait même alerté le démissionnaire Miguel Ángel Pérez Triano des avertissements préalables à l'agression marocaine.

Dans un audio de sa déclaration de témoin, auquel THE OBJECTIVE a eu accès, l’ancien chef d’état-major espagnol ont publié avec le gouvernement de la ville une déclaration commune qui parlait de « l’effondrement et de l’urgence de l’immigration ».

L’agression maritime du Maroc contre l’Espagne

Parallèlement à l’afflux massif des migrants marocains vers Ceuta, des navires marocains sont entrés systématiquement et à plusieurs reprises dans les eaux espagnoles au large de l’enclave et sans même désactiver leurs systèmes d'identification. 

La frégate ‘Mohamed VI’, la plus moderne de la flotte marocaine, a « disparu » des systèmes moins de 24 heures avant le début de l’assaut au sol sur Ceuta, explique le journal ibérique ; tout en affirmant que la marine espagnole conserve tous les enregistrements radar et même les images de ces incursions grâce à la station de surveillance du détroit (Eviest) de Ceuta, qui exploite à la fois la marine et le centre de renseignement des forces armées (Guidances).

Le « silence radio » imposé par la flotte marocaine à l’époque de la crise de Ceuta, n’ont pas empêché la marine espagnole de suivre les mouvements des navires de guerre de Rabat qui sont entrés dans les eaux espagnoles pendant la crise migratoire de fin juillet. 

Ces données constituent une source fondamentale de preuves pour reconstruire les incursions marocaines que la Cour nationale enquête actuellement. Le juge Tardón ne se contente pas de demander s'il y avait des navires marocains dans la région mais exige de connaitre les dates et les plages horaires spécifiques de cette agression contre les forces navales espagnoles.