Deux étudiants sahraouis, détenus dans les geôles marocaines, ont entamé une grève de la faim pour protester contre les violations de leurs droits, notamment les mauvais traitements dont ils sont victimes, a indiqué lundi la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, exigeant leur “libération immédiate et inconditionnelle”.
“Les étudiants et détenus civils sahraouis Salah Eddine Sabbar et Brahim Babait ont entamé une grève de la faim d’avertissement de 48 heures”, a précisé la Ligue dans un communiqué.
Cette action vise à “protester contre le traitement dégradant et la discrimination systématique qu’ils subissent dans la prison d’Ait Melloul près d’Agadir, ainsi que contre la politique discriminatoire appliquée par l’administration pénitentiaire marocaine”, a expliqué cette organisation de défense des droits humains.
Les deux étudiants ont été condamnés à huit mois de prison ferme en raison de leurs opinions et positions politiques pacifiques en faveur de la cause sahraouie.
Depuis leur détention, “ils ont subi une série de violations incluant des mauvais traitements, la destruction de leurs effets personnels, un entassement dans des cellules avec des détenus de droit commun dangereux, et des incitations à la haine de la part des fonctionnaires de la prison”, a détaillé la Ligue.
Selon les informations recueillies par la Ligue, Brahim Babait souffre d’une “détérioration importante de son état de santé, nécessitant des soins médicaux urgents”.
Les deux jeunes hommes attendent toujours le procès en appel concernant la sentence prononcée contre eux.
Tenant la délégation générale de l’administration pénitentiaire de l’occupant marocain pour “responsable de l’intégrité physique et psychologique” des deux prisonniers, la Ligue exige leur “libération immédiate et inconditionnelle, en tant que prisonniers d’opinion” et appelle à “l’ouverture d’une enquête impartiale sur toutes les violations dénoncées”.
Elle exige également la “fourniture de soins médicaux appropriés” et “la garantie de conditions de détention dignes et humaines”, ainsi que “la cessation de la politique de discrimination et de harcèlement systématique contre les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines”.
La Ligue appelle la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’Homme à “exercer des pressions sur le Maroc afin de garantir le respect des droits fondamentaux des détenus sahraouis”.