L’Algérie accélère la modernisation de ses infrastructures stratégiques avec l’ambition de renforcer son intégration territoriale et de soutenir la diversification de son économie. Invité ce jeudi de l’émission «L’Invité du jour», le docteur en économie et professeur à l’Université d’Alger, Mohamed Bacha, a mis en lumière le rôle central du réseau ferroviaire et du projet minier de Gara Djebilet dans cette dynamique de transformation.

Selon l’universitaire, le chemin de fer constitue « la voie par excellence du développement économique et social ».

À ses yeux, le projet d’envergure de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset, longue de plus de 2 000 kilomètres et reliant le Nord méditerranéen au Grand Sud saharien, permettra à la fois de désenclaver les régions du Sud, de stimuler les échanges commerciaux à l’échelle continentale et de renforcer la densification du réseau ferroviaire national. «Ce projet permettra de désenclaver le Sud et de faire passer cette région du statut de simple zone d’extraction de matières premières à celui de véritable pôle de production», a-t-il souligné.

Il rappelle qu’au lendemain de l’indépendance, l’Algérie ne disposait que d’environ 1 000 kilomètres de voies ferrées. Les efforts de développement engagés durant les années 1970 et 1980 ont permis de porter ce réseau à plus de 4 000 kilomètres, avant que cette dynamique ne connaisse une période de stagnation dans les années 1990.

Depuis le début des années 2000, une nouvelle impulsion a été donnée au secteur. Le réseau ferroviaire national atteint aujourd’hui près de 5 800 kilomètres, témoignant de la volonté des pouvoirs publics de relancer les grands projets structurants. Pour Mohamed Bacha, cette évolution est essentielle, le transport ferroviaire offrant des avantages considérables en matière de coûts logistiques, de rapidité et de capacité de transport. 

À ce titre, il surpasse largement le transport routier sur ces différents plans. Pour étayer son analyse, il rappelle le rôle déterminant joué par le chemin de fer dans l’essor économique des États-Unis.

Dans ce contexte, M. Bacha souligne que la stratégie ferroviaire nationale s’articule autour de trois grandes rocades. La rocade Nord relie les principales villes du pays tout en accompagnant la modernisation des infrastructures portuaires. La rocade des Hauts Plateaux, destinée à assurer la liaison entre l’Est et l’Ouest, vise à renforcer l’équilibre territorial et à favoriser le développement des régions de l’intérieur.

Enfin, la rocade Sud, associée à plusieurs pénétrantes et boucles ferroviaires, constitue un levier majeur pour l’intégration économique des régions sahariennes. Pour l’économiste, ces projets dépassent largement la seule dimension du transport. Ils s’inscrivent dans une vision globale de l’aménagement du territoire, longtemps reléguée au second plan.

Il plaide ainsi pour un renforcement de la planification stratégique nationale afin d’assurer une meilleure coordination entre les différents secteurs et de définir des objectifs de développement à moyen et à long terme.

Évoquant le traitement du minerai de fer de Gara Djebilet, l’invité de la Chaîne 3 estime que ce projet représente bien davantage qu’un simple investissement industriel. 

Avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer, Gara Djebilet constitue en effet l’un des plus importants gisements au monde.

À travers le développement simultané des infrastructures ferroviaires et des grands projets miniers, l’Algérie cherche ainsi à poser les bases d’une croissance durable, inclusive et mieux répartie sur l’ensemble du territoire national, conclut Mohamed Bacha.

Source: Radio Algérienne