Par Hanane Ben
L’attentat raciste qui a frappé les communes de Trappes et de La Verrière laissant derrière lui un mort et plusieurs blessés, dont une enfant de douze ans, ne peut pas être appréhendé comme un simple fait divers tragique ou le geste isolé d’un déséquilibré.
Cet acte terroriste marque un tournant dramatique et agit comme le révélateur tragique d’un climat politique et médiatique profondément dégradé. Il renseigne sur les conséquences désastreuses du discours de haine véhiculé à longueur de journées sur les chaînes télés françaises. Les musulmans, les personnes noires, les populations d’origine arabe et particulièrement la communauté algérienne y sont méthodiquement désignés comme des menaces démographiques, culturelles ou sécuritaires.
Depuis des années, le discours raciste et xénophobe ne cesse d'alimenter les haines dans les camps de l'extrême droite et de la droite extrême, s’infiltrant désormais jusque dans le centre droit. Les discours de figures politiques comme Éric Zemmour et Jordan Bardella, qui martèlent les théories du « grand remplacement » et de la submersion démographique ou de la reconquête identitaire, alimentent directement cette haine. En érigeant ces thèses complotistes en vérités politiques et en les distillant au quotidien, ils arment idéologiquement ceux qui cherchent à désigner des coupables.
Ce discours est systématiquement identitaire devient alors la stratégie électorale privilégiée : les candidats rivalisent de propositions toujours plus stigmatisantes, transforment les minorités en bment dupliqué et surenchéri à chaque approche d’élections. La surenchère sécuritaire et l’obsession idoucs émissaires pour engranger des voix et s’assurent un temps d’antenne maximal en attisant les peurs de l’opinion.
Ce pilonnage idéologique constant transforme le débat politique en une arène d’invectives où la déshumanisation de l’autre devient la norme. À force d’inviter des figures d’extrême droite pour commenter chaque fait divers sous un angle exclusivement identitaire, ces médias ont progressivement légitimé des concepts autrefois cantonnés à la marge fascisante.
A vrai dire, les vrais coupables dans cet attentat, ce sont les figures politiques du Rassemblement National et de Reconquête. C'est à eux qu'incombe la responsabilité de cet acte ignoble, car ils ne cessent d'entretenir ce climat à travers leurs discours racistes et anti- musulmans. Mais les médias stipendiés, à l'instar de BFMTV et CNews, ne sont pas en reste. Au moindre événement, aussi insignifiant soit-il, ils ouvrent leurs antennes et donnent la parole à de vrais racistes au détriment de tout discours d'apaisement, alimentant sans relâche cette spirale haineuse.
Les leaders et idéologues de l’extrême droite ont réussi à armer intellectuellement ceux qui cherchent des boucs émissaires à leurs propres frustrations. Comment ne pas croire qu’une violence verbale soit banalisée à longueur de journées sur les plateaux télévisés par des éditorialistes en costume, ne finit inévitablement pas par s’incarner dans le réel ? La frontière entre le discours d’incitation à la haine et le passage à l'acte violent s'efface, laissant place à la terreur sur le terrain.
Ce qui s'est passé à Trappes n'augure rien de bon pour les communautés musulmanes qui essaient tant bien que mal de survivre dans cet environnement anxiogène. La peur s'installe au quotidien, nourrie par le sentiment d'être devenus des cibles permanentes dans un pays où la stigmatisation est érigée en débat politique quotidien.