Par Fatma Zohra Hamza
Le Maroc fidèle à ses coutumes d’immixtion dans le processus électoral espagnol, a d’ores et déjà commencer à instrumentaliser la communauté marocaine vivant en Espagne ; une ingérence systématique révèle un rapport publié par le journal ibérique « El Espagnol ».
A l’approche des prochaines élections législatives anticipées en Espagne, prévues le 29 novembre prochain, le Makhzen met en mouvement sa cinquième colonne.
Les réseaux marocains commencent à bouger, une page Facebook comptant 117 000 abonnées, a demandé ouvertement, à la communauté marocaine présente sur le territoire ibérique de voter le jour J pour le parti de Pedro Sanchez.
La publication dont le contenu écrit en arabe est indiscutable : "la communauté marocaine résidant en Espagne est suppliée de voter pour…" a bénéficié d’une importante visibilité sur cet incontournable réseau social ; explique le quotidien El Espagnol.
Cette nouvelle tentative décomplexée de Rabat, de fausser les intentions de vote, répond à un certain enjeu pour le Makhzen, celui d’avoir toujours au pouvoir de Madrid, un gouvernement favorable à ses positions territoriales et ses plans de colonisation pour le Sahara occidental.
Cette hérésie marocaine se heurte à la dure réalité, cette démarche du Makhzen est d’avantage d’une tempête dans un verre d’eau qu’un véritable enjeu ; puisque rappelons-le, le dossier du Sahara Occidental, est une question de décolonisation, en attente de l’organisation d’un référendum pour le peuple sahraoui. Le Maroc tente vainement d’imposer la politique du fait accompli afin de dénaturer le statut juridique du Sahara Occidental et manipuler l’opinion publique espagnole. Seulement, la position du parti socialiste ouvrier espagnol, (PSOE) soutient, certes officiellement le plan marocain pour le Sahara occidental, mais le soutien comme base de négociation et non pas comme solution finale, conformément aux résolutions onusiennes.
En ce sens, le dernier rapport du SG de l’ONU, a été clair et a fait trembler les couloirs du palais royal. Antonio Guterres, a rappelé encore une fois trois points : le premier, la résolution 2797 fournit, seulement un cadre pour les négociations mais ne prescrit pas d’issue au conflit, deuxième point, il faut une solution mutuellement acceptable qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et enfin le chef de l’ONU a recommandé le maintien de la MINURSO pour atteindre ces objectifs.
Déboussolée et ne perte de repères, Rabat tente de tirer, à nouveau, les ficelles en coulisses ; comme cela a toujours été durant les campagnes électorales précédentes en Espagne.
Lors des élections générales de novembre 2019, le parti Marocain, l’union socialiste des forces populaires (USFP), l’une des formations historiques de la gauche marocaine, avait demandé aux électeurs espagnols d’origine marocaine de voter pour le PSOE.
Une ingérence encore reproduite en 2023, lorsque deux jours avant les élections municipales et régionales, la secrétaire générale du dit parti (USFP) en Espagne, Aicha El Gourgi, avait publié une lettre dans laquelle elle encourageait les électeurs à soutenir les socialistes.
Cette pratique anticonstitutionnelle du Maroc, est un acte d’ingérence grave documentée qui porte atteinte à la souveraineté même du royaume ibérique ; le Makhzen n’a aucune limite !