Le ministre de l'Hydraulique, Lounès Bouzegza et le ministre de l'Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, ont coprésidé, mardi à Alger, une réunion de coordination au cours de laquelle il a été convenu de faciliter l'implication des microentreprises et des startups dans les projets du secteur de l'hydraulique et d'en accélérer la cadence.

La réunion s'est déroulée en présence du directeur général de l'Agence nationale d'appui et de développement de l'entrepreneuriat (NESDA), Bilal Achacha, du directeur général de l'accélérateur public Algeria Venture, Lyes Abdoun, ainsi que du directeur général de la Société des eaux et de l'assainissement d'Alger (SEAAL), Mohamed Reda Boudab.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, M. Bouzegza a souligné que cette rencontre s'inscrivait dans le cadre de "la concrétisation de la démarche de l'Etat visant à élargir la contribution des startups et des microentreprises à la réalisation des projets de développement, notamment ceux relevant du secteur de l'hydraulique, à travers le mécanisme de la sous-traitance, de manière à leur offrir de réelles opportunités de s'intégrer au circuit économique national et de contribuer effectivement au développement".

Il a, dans ce sens, mis en relief "la volonté commune de consolider les passerelles de coopération entre le secteur de l'Hydraulique et celui de l'Economie de la connaissance, des Start-up et des micro-entreprises, à l'effet d'ouvrir de nouvelles perspectives à ce type d'entreprises pour qu'elles deviennent un partenaire actif dans la réalisation des projets nationaux, et qu'elles contribuent, par leur expertise et leurs innovations, au renforcement des capacités de production nationales ainsi qu'à l'ancrage de la culture de l'autonomie basée sur les compétences algériennes".

Le ministre de l'Hydraulique a, par ailleurs, estimé que le maintien de la dynamique que connaît aujourd'hui son secteur "exige d'élargir le cercle de participation et d'intégrer les startups et les micro-entreprises dans les différentes phases de réalisation, conformément aux orientations du président de la République, qui n'a eu de cesse de souligner, à diverses occasions, la dernière étant la récente réunion du Conseil des ministres où l'accent à été mis sur la nécessité d'accompagner ces entreprises et de leur permettre de s'intégrer dans l'économie nationale en tant que levier essentiel de la croissance et de la diversification économique".

Le ministre a, à ce titre, souligné que le développement du service public de l'eau ne se limite pas à la réalisation d'infrastructures et d'ouvrages, mais qu'il est désormais tributaire de la transition numérique, de l'innovation, de l'intelligence artificielle (IA), de l'exploitation optimale des données et de l'adoption de solutions technologiques modernes dans la gestion des ressources en eau.

Pour sa part, M. Ouadah a affirmé que les micro-entreprises et les start-up possèdent désormais des capacités importantes les habilitant à contribuer efficacement à la réalisation des objectifs du secteur de l'hydraulique, à travers la garantie de la sécurité hydrique par des compétences algériennes et une technologie développée localement, dans le cadre d'une économie fondée sur la confiance en les jeunes et l'innovation.

Il a ajouté que les applications intelligentes, les systèmes de surveillance et de contrôle et les solutions numériques, ainsi que les techniques modernes de gestion de l'eau, développées par les start-up algériennes, sont susceptibles de contribuer à améliorer la performance, à rationnaliser l'exploitation et à augmenter la qualité du service public.

Lors de la rencontre, le DG de la SEAAL a présenté un exposé dans lequel il a souligné que la société a procédé, depuis l'année 2025, à la construction d'un système intégré de coopération avec les start-up au titre d'une approche, basée sur l'innovation ouverte et la sollicitation des compétences nationales, voire l'encouragement de solutions technologiques développées en Algérie. En mars 2025, la SEAAL a signé un protocole d'accord avec l'Agence NESDA, visant à accompagner les micro-entreprises et à encourager leur contribution à la réalisation de projets et à la prestation de services liés au secteur de l'eau et de l'assainissement.

Cet accord a permis l'intégration de dix (10) micro-entreprises dans les opérations de pose et de dépose de compteurs, dans le cadre de marchés d'un montant global de 60 millions de dinars, soulignant que cette démarche a contribué à augmenter l'efficacité des interventions sur le terrain, à améliorer la qualité du service et à consacrer le recours à la sous-traitance en tant que levier de développement du tissu économique national.

Par ailleurs, un autre protocole d'accord a été signé en 2025 avec l'accélérateur public Algeria Venture, dans le but d'attirer des start-up en mesure de développer des solutions innovantes répondant aux besoins de l'entreprise, notamment dans les domaines de la numérisation, de l'intelligence artificielle et de l'efficacité opérationnelle.

Cette coopération a permis le lancement de plusieurs chantiers, à l'instar du projet de restructuration du système d'information de la clientèle (SIC) et de celui visant à doter la société "SEAAL" d'automates industriels et de systèmes de supervision fabriqués par une start-up basée à Sétif, outre le projet de réalisation d'un prototype de compteur d'eau intelligent de fabrication locale.

De son côté, le DG de l'Agence "NESDA" a mis en exergue les capacités dont disposent les micro-entreprises nationales, à même de leur permettre de contribuer à la réalisation des objectifs de développement du pays, soulignant, à ce propos, la présence de 210 micro-entreprises activant dans la chaîne de valeur du secteur de l'hydraulique.