Le président du Parlement iranien et négociateur clé, Mohammad Bagher Ghalibaf met en garde les États-Unis et annonce des actions « très destructrices » contre Washington et ses alliés : « Ils ne respectent ni les cessez-le-feu, ni ne croient au dialogue. Ils ont montré qu’ils ne comprennent que le langage de la force. Le feu vert donné aujourd’hui par les États-Unis au régime sioniste transforme les bases et les intérêts américains ainsi que ceux du régime dans la région en cibles légitimes. Les forces armées iraniennes sont maintenant prêtes à donner une leçon à l’ennemi ».

Cette prise de parole fait directement suite à de nouvelles frappes israéliennes majeures sur la banlieue sud de Beyrouth. Au cours des jours précédents, une forme d'immunité relative planait sur la capitale libanaise. En reprenant ses bombardements l’entité sioniste a, selon Téhéran, brisé cette dynamique. Ghalibaf a accusé donc les États-Unis d'avoir donné un « feu vert » à ces frappes, rendant caducs les espoirs de désescalade à court terme.

Le commandant militaire iranien, Khatam al-Anbiya, avait averti que si Benjamin Netanyahou met à exécution la frappe annoncée sur Beyrouth, il frappera directement le nord du territoire israélien et les colonies militaires. Il a exhorté les habitants à évacuer immédiatement la zone, selon l'agence Tasnim. L’entité sioniste a annoncé des frappes imminentes de Tsahal contre des cibles du Hezbollah dans le quartier de Dahieh à Beyrouth. L'armée génocidaire a émis un ordre d'évacuation vers 16h50, heure de Beyrouth, et les habitants fuient actuellement.

Presque immédiatement après cet avertissement, Tsahal a lancé des raids de grande envergure. Des frappes majeures viennent tout juste de toucher de plein fouet plusieurs immeubles et des centres de commandement du Hezbollah dans la banlieue sud, brisant la relative accalmie qui pesait sur la capitale.

Le timing est d'autant plus dramatique que des diplomates et médias régionaux évoquaient justement ce week-end la possibilité d'une annonce imminente d'un accord de prolongation de cessez-le-feu de 60 jours négocié en coulisses. En l'espace de quelques heures, le regain de violence au Liban et la rhétorique de Ghalibaf viennent d'opposer un immense coup de froid aux espoirs de désescalade.

La guerre américano-sioniste contre l'Iran, qui dure depuis plus de 100 jours, entre dans une nouvelle phase critique. La reprise des bombardements sur Beyrouth ferme la porte aux négociations diplomatiques à court terme.

Si l'Iran répond, comme promis, à l’entité sioniste et les États-Unis, cela risque de se traduire d'abord par une pluie de roquettes du Hezbollah sur le nord d'Israël, des attaques de drones sur les navires et bases américaines, et possiblement – en dernier recours – par de nouvelles salves de missiles balistiques iraniens.

Quelques instants après sa déclaration officielle, Mohammad Bagher Ghalibaf a publié un message particulièrement direct sur le réseau X, affirmant en référence à l’entité sioniste : « Ce chien enragé doit être châtié et remis à sa place. Regardez le ciel des territoires occupés ce soir ».

Hanane Ben