Le Centre national de renseignement espagnol a remis à la juge Maria Tardon les documents qu'elle avait demandés concernant les événements de Ceuta, dans le cadre de l'enquête judiciaire visant à identifier les parties ayant planifié, organisé et financé l'opération d'entrée massive de migrants dans la ville, alors que des rapports sécuritaires espagnols font état de l'implication du Maroc dans l'orientation des migrants vers des points de passage frontaliers, rapporte vendredi le quotidien espagnol "El País".
Selon le journal, l'enquête porte sur l'opération d'entrée massive de migrants marocains (entre 75.000 et 85.000 personnes, selon les estimations) à Ceuta, les 30 et 31 juillet derniers. La juge attend toujours des documents et des informations complémentaires de la part des différents services de sécurité et organismes militaires chargés de la protection des frontières.
Dans ce contexte, un rapport du Centre national de l'immigration et des frontières relevant de la police espagnole fait état d'une attitude permissive des éléments de la gendarmerie marocaine durant ces événements.
Le document évoque également l'orientation de migrants par des éléments marocains, dans la région de Fnideq vers des itinéraires déterminés pour traverser la mer en direction de Ceuta, mettant ainsi en lumière le rôle du côté marocain dans le déroulement de cette opération.
Le journal ajoute que les services de sécurité espagnols avaient repéré, avant les événements, des appels largement diffusés sur les réseaux sociaux à une entrée collective et massive dans la ville, par la clôture frontalière et par voie maritime.
Ces appels circulaient notamment dans des groupes comptant plus de 180.000 membres. Les services de renseignement marocains avaient également été informés de ces mouvements avant leur déroulement, selon la même source.
La juge Tardon cherche à identifier les parties ayant planifié, coordonné et financé l'opération. Dans une note judiciaire datée du 17 septembre dernier, elle a estimé que la mobilisation de 75.000 à 85.000 personnes était difficilement envisageable sans la mobilisation de moyens matériels et financiers.
Elle a ainsi ordonné à la police de consulter ses bases de données nationales et internationales afin d'identifier les acteurs ayant joué un rôle dans l'organisation de ces mouvements.
Le quotidien espagnol fait état également de la présence de navires de guerre et de patrouilleurs marocains dans les eaux espagnoles au moment des événements.
L'un des intervenants dans la procédure a demandé l'ouverture d'investigations sur les irconstances de cette présence et sur les ordres ayant été donnés à cet égard.