LA péninsule ibérique vit depuis plusieurs jours au rythme du scandale Zapatero, l'ancien premier ministre socialiste, mis en examen par la justice espagnole, dont l'impact dépasse les frontières espagnoles.

Si les médias internationaux ont couvert l'enquête judiciaire visant l'ancien dirigeant socialiste dès le début, une enquête récente dujournal français Le Monde révèle l'intérêt suscité hors d'Espagne par l'affaire Plus Ultra et ses ramifications.

«C'est du jamais vu pour un Premier ministre, en exercice ou ancien, dans l'histoire démocratique du pays», a déclaré le quotidien français au sujet du témoignage de Zapatero devant le juge Calama mercredi.

Le média français qualifie l'affaire de «l'un des plus grands scandales de l'histoire politique récente de l'Espagne», soulignant la portée internationale des poursuites judiciaires engagées contre Zapatero, sachant que les informations fournies par la France et la Suisse qui ont conduit la justice espagnole à enquêter sur l'ancien premier ministre espagnol.

Le Monde , révèle de nouveaux détails ont émergé concernant le contenu du téléphone portable qui a joué un rôle crucial dans le démantèlement du prétendu réseau des sociétés écrans, impliqués dans le blanchiment d'argent à l'étranger. Ce qui avait débuté en 2019 comme une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF) sur l'utilisation d'informations privilégiées pour obtenir des profits substantiels s'est transformé en une opération visant un réseau dont les ramifications s'étendaient jusqu'au gouvernement vénézuélien.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a concentré son enquête sur l’homme d’affaires péruvien Luis Felipe Baca et un autre homme – identifié par la presse française comme Romain B. – après avoir détecté une série d’opérations boursières transitant par une société basée à Maurice et contrôlée par ces individus.

Grâce à ces opérations, les deux hommes et leurs associés auraient acquis des biens immobiliers d’une valeur de 20 millions d’euros en France. Par ailleurs, le média français a révélé  que Luis Felipe Baca possède également au moins 19 appartements à Dubaï, d’une valeur de 12,2 millions d’euros.

Suite à l'enquête, l'AMF a mis au jour un possible cas de blanchiment d'argent à grande échelle impliquant ces deux hommes: «Des transferts de flux financiers impliquant des sociétés internationales  gérées par des prête-noms, bénéficiant notamment à des personnes faisant l'objet de sanctions internationales, dont certaines sont liées au gouvernement vénézuélien ». En 2022, l'agence française a mené une perquisition au domicile familial de Baca qui allait tout changer.

Grâce au téléphone, l'AMF a récupéré «des captures d'écran mentionnant des transferts de sacs d'argent liquide ou de quantités d'or d'une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi que des tableurs récapitulant des montants se chiffrant en dizaines de millions d'euros», rapporte le média français. C'est à ce moment-là que l'autorité financière a informé le parquet financier des faits.

Pour ce qui est de la Suisse, les déplacements du Péruvien Baca et de trois autres personnes étaient étroitement surveillés. Ces individus étaient soupçonnés d'avoir mis en place des montages financiers pour blanchir de l'argent provenant d'affaires de corruption au Venezuela. Parmi ces transactions figurait le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra.

En 2024, les enquêteurs français et suisses ont transmis l'ensemble de ces informations à l'EspagneLe Monde rapporte que les données obtenues lors de la saisie du téléphone de Baca en France leur ont permis de «comprendre et d'établir de multiples liens entre les activités de sociétés ayant œuvré de concert pour blanchir des fonds appartenant à des tiers».

La branche suisse a mis en lumière les commissions présumées perçues par les blanchisseurs d'argent, ainsi que le détournement de fonds publics. Plus précisément, des fonds publics auraient été détournés des programmes des Comités locaux d'approvisionnement et de production (CLAP) et d'opérations liées à la vente internationale d'or par la Banque du Venezuela.

À partir de là, les enquêteurs espagnols ont mis au jour un réseau présumé de trafic d'influence dirigé par l'ancien Premier ministre en échange de paiements via des sociétés écrans. Bien que l'ancien premier ministre espagnol, le lobbyiste du régime du Makhzen ait nié les faits mercredi dernier à l'occasion de sa comparution, le juge Calama le place à la tête de cette organisation chargée de promouvoir les intérêts de tiers en vue d'en tirer un profit financier.