La marine espagnole a renforcé son dispositif de surveillance maritime à proximité des enclaves de Ceuta et Melilla, dans un contexte de tensions persistantes avec le Maroc. Le nouveau protocole prévoit une capacité d’intervention accrue des patrouilles espagnoles face aux mouvements de navires marocains dans ces eaux.
 
L’Espagne durcit sa vigilance maritime face aux mouvements des navires marocains à proximité de Ceuta et Melilla. Selon des informations rapportées par la presse espagnole et relayées lundi, la marine royale espagnole a modifié ses procédures opérationnelles afin de permettre à ses unités d’intervenir directement lorsque la situation l’exige, sans devoir attendre systématiquement les instructions d’un échelon supérieur.
 
Ce renforcement du dispositif intervient dans le sillage des événements survenus à la fin du mois de juillet dernier, lorsque des milliers de migrants ont rejoint l’enclave espagnole de Ceuta depuis le territoire marocain. Cette crise a exacerbé les tensions entre Madrid et Rabat, notamment autour de la gestion des frontières et du contrôle des espaces maritimes.
 
D’après le média européen Euronews, le nouveau protocole ne se limite plus à la surveillance des déplacements des navires marocains. Il prévoit également le déploiement de patrouilles chargées de suivre leurs mouvements et d’intervenir en cas de nécessité. Des bâtiments de la marine espagnole ont notamment été mobilisés à proximité des deux enclaves.
 
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a par ailleurs confirmé, le 12 octobre, que des navires militaires marocains étaient entrés dans les eaux espagnoles lors des événements de juillet. Il avait toutefois qualifié ces incidents d’isolés, tout en soulignant l’importance du maintien de la coopération entre les deux pays.
 
Au-delà du renforcement des moyens de surveillance, cette évolution traduit la volonté des autorités espagnoles de mieux encadrer les mouvements maritimes autour de Ceuta et Melilla, deux territoires dont la souveraineté est contestée par Rabat. Elle illustre également les tensions qui persistent entre les deux voisins, malgré les mécanismes de coopération bilatérale.
 
Rasha Selmi