L'instrumentalisation religieuse et nationaliste destinée aux plans annexionnistes et expansionnistes bat tous les records et franchit les lignes rouges à la veille de la tenue des élections législatives de ce mercredi 23 septembre, et dans la foulée de la condamnation de l'invasion migratoire massive orchestrée par le régime du Makhzen les 30 et 31 juillet dernier.

Le déplacement prévu du roi d'Espagne Felipe VI, dans les enclaves espagnoles a réveillé les vieux démons du régime du Makhzen, qui toute honte bue continuent de revendiquer des territoires historiquement et selon le droit international sont espagnols.

La dernière provocation en date, et qui suscite une grande indignation en Espagne est celle du récidiviste Yahia Mohamed Yahia, ancien sénateur du régime du Makhzen et recherché par la justice européenne après avoir été condamné pour divers crimes en Espagne et en Italie.

Dans une vidéo diffusée le samedi 20 septembre, il a menacé de « faire couler le sang » sile Chef d'Etat espagnol se rend à Ceuta et Melilla.

« Si le roi Felipe VI visite les prisons occupées de Ceuta et Melilla, je vous assure que nous, Marocains, verserons notre dernier sang pour défendre notre intégrité territoriale dans le nord du Maroc »,souligne-t-il  dans une vidéo diffusée par le média de la propagande makhzenienne Hespress et enregistrée devant le consulat espagnol à Nador et au poste frontière de Beni Enzar.

Les services de renseignement espagnols qualifient ce message comme « un acte d'intimidation direct contre la plus haute institution de l'État, une incitation manifeste à la violence armée et une menace explicite contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Espagne ».

Et expliquent que la vidéo ne peut être interprétée comme « un simple excès de rhétorique ou une expression isolée de mécontentement politique ». La principale raison, selon elles, est que le message a été formulé par un individu, Yahia Mohamed Yahia, connu pour ses antécédents d'agitation radicale, ses condamnations pénales et « sa capacité avérée à mobiliser des populations marginalisées et radicalisées dans la région frontalière nord du Maroc ». 

Par ailleurs, José Luis Gil Garre, analyste espagnol du renseignement et de la sécurité, avertit dans  un rapport que la gravité de la menace est « exacerbée » par le contexte géographique et opérationnel dans lequel elle se manifeste : les abords du consulat général d’Espagne à Nador et le poste frontière terrestre de Beni Enzar, à quelques mètres seulement de Melilla. Il s’agit de zones, souligne le rapport, caractérisées par de fortes tensions migratoires et une pression constante sur les forces de sécurité de l’État. 

« Le choix délibéré de ces scénarios n’est pas fortuit ; il vise à maximiser l’impact psychologique et politique de la menace, en la projetant sur la représentation souveraine de l’État espagnol et sur la frontière territoriale immédiate de Melilla », avertit Gil Garre. De l’avis des experts, Yahia Mohamed Yahia a franchi le seuil du débat politique légitime pour entrer dans le domaine des « menaces violentes et de l’incitation au conflit armé contre les institutions et le territoire espagnols ». 

Dans son rapport, l'analyste espagnol estime que Yahia a occupé des postes de haute importance au sein de la structure institutionnelle du régime du Makhzen, ce qui lui a offert pendant des années une tribune pour s'exposer publiquement et, « surtout, un bouclier d'impunité lui permettant d'échapper à plusieurs reprises à la justice européenne ». Il est un ancien sénateur à la Chambre haute du Parlement makhzenien ; un ancien maire de la ville frontalière de Beni Enzar ; un ancien président de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat marocain ; et le fondateur et dirigeant du Comité national pour la libération de Ceuta et Melilla, aujourd'hui dissous. 

Concernant la vidéo, Gil Garre souligne également la rhétorique de Yahia. Tout d'abord, il ouvre son discours par une formule religieuse islamique en arabe afin de légitimer moralement et de sacraliser son message auprès d'un public marocain. Ensuite, il utilise directement l'espagnol, « transformant ainsi la menace en un acte de communication directe et sans intermédiaire avec la société et les institutions espagnoles ».

En résumé, le dossier conclut que le message constitue « un acte d’ intimidation public, délibéré et géolocalisé contre le chef de l’État espagnol , formulé à partir de scénarios à forte charge symbolique (consulat et frontière) et avec un langage qui combine sacralisation religieuse, appel à l’intégrité territoriale et menace explicite de violence armée ».