La contestation sociale se poursuit en France au lendemain d'une journée nationale de grève et de manifestations dans la fonction publique, alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées dans les prochains jours, sur fond de revendications liées aux salaires, à la dégradation du pouvoir d'achat et aux conditions de travail, ainsi qu'aux moyens accordés aux services publics, laissant des politiques redouter les pires scénarios pour l'avenir du pays.

Près de 170 rassemblements ont eu lieu mardi à travers le pays, à l'appel des huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique. La Confédération générale du travail (CGT) a revendiqué plus de 300.000 manifestants, dont 30.000 dans la capitale, parmi lesquels 8.000 pompiers. Au-delà de la fonction publique, plusieurs catégories de la population sont appelées à poursuivre ou à rejoindre la forte mobilisation. L'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante ont ainsi appelé à des blocages dans les lycées et les universités jeudi 1er octobre et à une manifestation de la jeunesse le 6 octobre.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par des revendications concernant notamment les conditions d'étude, les moyens des établissements scolaires et universitaires et, plus largement, les conditions de vie et d'accès aux services publics.

Sur le front syndical, la CGT a également annoncé plusieurs rendez-vous de mobilisation dans les prochaines semaines, avec notamment une journée de manifestations féministes le 5 octobre, une grève dans le secteur de l'énergie le 6 octobre, une grève des salariés du groupe "Total" le 8 octobre et une mobilisation des retraités le 14 octobre contre le gel des pensions.

La Confédération générale du travail a par ailleurs donné 48 heures au gouvernement pour revoir ses orientations budgétaires, à la veille de la présentation du projet de budget pour 2027.

La multiplication de ces appels à la grève et aux manifestations traduit la persistance de revendications sociales dans plusieurs secteurs, alors que les organisations mobilisées contestent notamment les mesures envisagées en matière de salaires, de pensions et de financement des services publics.

La présentation du projet de budget pour 2027, prévue jeudi, intervient ainsi dans un climat d'inquiétude sociale marqué par la poursuite de la mobilisation lycéenne et étudiante, et par l'annonce de nouvelles actions syndicales au cours des prochaines semaines. Cette tension intervient à la veille de l'examen du projet de budget pour 2027 comprenant une série de mesures drastiques donnant lieu à des critiques de plus en plus vives de plusieurs responsables politiques à l'égard des choix économiques adoptées ces dernières années.

Le débat est de plus en plus tendu, notamment sur la trajectoire économique de la France, le niveau de la dépense publique, la fiscalité et la soutenabilité de la dette, laissant certains politiques redouter les pires scénarios pour l'avenir du pays