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France : l’antisémitisme fantasmé sert d’alibi pour étouffer le débat sur les violences sexuelles

Récemment en France, trois garçons âgés de 12 et 13 ans ont été mis en examen après avoir, selon les médias, violé une fille de 12 ans. Une agression sexuelle par des mineurs rapidement instrumentalisée par les médias, les organisations juives et le gouvernement avant les législatives.

Arezki Belkacimi

Récemment en France, trois garçons âgés de 12 et 13 ans ont été mis en examen après avoir, selon les médias, violé une fille de 12 ans. Une agression sexuelle par des mineurs rapidement instrumentalisée par les médias, les organisations juives et le gouvernement avant les législatives.

Le viol présumé, l’âge de la victime et de ses agresseurs ont suscité un effroi et une émotion légitime. Ce fait divers rappelle la réalité et la brutalité que revêt les violences sexuelles en France, y compris chez les mineurs.

En tout cas, cette affaire sordide, plutôt que d’ouvrir un débat national sur les violences sexuelles, a rapidement fait l’objet d’une instrumentalisation éhontée du gouvernement, de l’extrême droite et d’organisations comme le Crif, du fait de la religion juive de la victime.

Depuis la révélation de l’affaire, les médias et le gouvernement ne parlent pas de l’agression sexuelle dont aurait été victime la fillette, mais de «l’acte antisémite». Non pas du viol, mais d’«antisémitisme».

Dans les médias, les attaques contre La France Insoumise (LFI) se sont multipliées ces derniers jours, accusée d’être au moins responsable de ce crime, sinon coupable de la «flambée de l’antisémitisme». De nourrir «l’antisémitisme musulman».

Mercredi 19 juin, à Paris, un rassemblement appelé par le collectif Nous Vivrons s’est transformé en tribunal d’inquisition contre LFI et manifestation de haine contre Jean-Luc Mélenchon. Lors de ce rassemblement, il n’était pas question de dénoncer la présumée agression sexuelle de la fillette, mais LFI et Jean-Luc Mélenchon. Les violences sexuelles mais l’antisémitisme. Le tragique sort de la fillette a été totalement occulté. Les manifestants n’étaient pas venus dénoncer le viol de la fillette mais l’antisémitisme supposé de l’extrême gauche. Les manifestants ont fustigé La France Insoumise ainsi que tous les mouvements alliés en vue des législatives.

«Tout viol est une abomination, quand il est commis en raison du judaïsme de la victime, c’est une horreur», a estimé le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) Samuel Lejoyeux. En d’autres termes, quand un viol est commis contre une fillette «non en raison du judaïsme», il ne constitue pas une abomination, une horreur.

Comme le rapporte Le Monde, les slogans à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon étaient loin d’être amicaux devant la mairie de Paris. «Mélenchon en prison !» a notamment scandé la foule à Paris. Le journal évoque d’ailleurs un rassemblement qui «a viré à l’expression de haine contre le leader» de LFI et ses alliés du nouveau Front Populaire. A Toulouse et dans de nombreuses villes, la foule hystérique scandait «Mélenchon assassin».

Le Parisien rapporte aussi les mots accusateurs du président du Crif. «Ce climat (antisémite) est nourri par les provocations de La France Insoumise !» a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements. Lors de ce rassemblement «apolitique», supposément organisé pour dénoncer le présumé viol de la fillette de Courbevoie, le président du Crif a ensuite conclu son meeting électoral par cette consigne de vote pour les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet : «Il faut lutter contre les deux extrêmes, sans compromission.»

«Après les motifs incendiaires, il y a des incendies» a, de son côté, lancé Dupond-Moretti, le garde des Sceaux. Et de poursuivre, ciblant Mélenchon : «Vos propos récurrents alimentent la haine qui mène au pire.»

Pour sa part, Jean-Michel Blanquer a vilipendé les partisans de LFI : «Il faut être sans complaisance avec ceux qui ont de la complaisance, et il y en a eu beaucoup trop ces derniers temps !» Quant à Marine Le Pen, elle a dénoncé «la stigmatisation des juifs» par «l’extrême gauche à travers l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien». «Chacun devra en avoir pleinement conscience le 30 juin et le 7 juillet», a-t-elle conclu sa profession de foi électorale.

Une récupération éhontée qui s’inscrit dans la politique de dévoiement opérée régulièrement par les organisations juives et le gouvernement français pour vampiriser l’actualité et amplifier statistiquement les actes qualifiés d’antisémites.

Le présumé viol a été qualifié d’acte antisémite, et non de crime antisémite. Et pour cause. En effet, comme tout un chacun peut l’observer, le gouvernement tout comme les médias emploient systématiquement le terme «acte», mais jamais les termes «crime» ou «délit» pour décrire les supposés faits qualifiés d’antisémites. Et ce, pour des raisons de droit et de légalité que les dirigeants politiques comme les journalistes n’ignorent pas.

De manière générale, tout acte enregistré par la police, autrement dit toute plainte recueillie par un commissariat, n’acquiert jamais, sur la base des déclarations du plaignant, le chef d’accusation d’antisémitisme. Le seul dépôt de plainte ne peut être invoqué pour caractériser un incident d’antisémitisme, à plus forte raison de la part du gouvernement, censé ne pas ignorer la loi. Tant que l’incident n’a pas été jugé par un tribunal, seul apte à définir et formuler un chef d’inculpation, il ne peut être considéré comme antisémite. La qualification d’antisémitisme ne peut résulter que d’une instruction et d’un jugement rendu par un tribunal. Mais jamais à la suite d’un simple dépôt de plainte.

Autrement dit, tous les actes catégorisés depuis le 7 octobre 2023 comme antisémites par le gouvernement et les médias français aux ordres sont juridiquement factices, fabriqués artificiellement pour les besoins de la cause sioniste. Ils n’ont aucune valeur. Ni légale, du point de de vue de la loi en vigueur ; ni juridique, du point de vue du droit. Car ils n’ont pas fait l’objet d’une instruction ni, a fortiori, d’un jugement.

Il en est ainsi de ce récent fait divers évoqué plus haut, dans lequel une fillette française aurait été agressée sexuellement par trois garçons à Courbevoie, dont l’un d’eux était son ex-petit ami.

En tout cas, cette sordide affaire de viol présumé, au lieu de constituer l’occasion d’ouvrir un débat national sur les violences sexuelles, aura, encore une fois, fait l’objet d’une instrumentalisation éhontée du gouvernement et d’organisations comme le Crif, du fait de la religion juive de la victime.

Tout se passe comme si la dénonciation du fantasmagorique et idéologique antisémitisme est plus importante que la condamnation du viol de la fillette, qui se retrouve, à son corps défendant, politiquement violée, instrumentalisée.

Pourtant, les violences sexuelles constituent un véritable fléau social en France.

Puisque les médias et le gouvernement français prétendument féministes, dévoyés par les organisations sionistes toujours promptes à phagocyter l’actualité, refusent d’ouvrir le débat sur les violences sexuelles, nous nous proposons de le faire à leur place.

Qu’en est-il des violences sexuelles en France ?

Avant d’aborder la question des violences sexuelles en particulier, nous allons évoquer brièvement le problème des délits et des crimes, en général, pour le comparer aux «actes qualifiés d’antisémites».

En France, chaque année, on comptabilise officiellement presque 3,8 millions de délits et crimes. Au regard de ces 3,8 millions de crimes et de délits réellement enregistrés, les actes catégorisés comme antisémites sont insignifiants. En temps ordinaire, ces dernières années, on recense en moyenne 400 «actes qualifiés d’antisémites» par an. Cela représente moins de 0,001%. Pour rappel, il s’agit d’actes et non de crimes car non jugés.

A cet égard, il est utile de rappeler qu’en France il est interdit d’établir des statistiques selon l’origine ethnique ou religieuse. D’autre part, tout incident n’acquiert sa qualification d’antisémitisme que par décision judiciaire ; autrement dit, par le tribunal. Aussi, les chiffres d’actes qualifiés d’antisémites avancés régulièrement par les médias et le gouvernement sont, à double titre, frappés de vice de forme. Pour ne pas dire mensongers. A ce propos, il est également utile de rappeler quel organisme fournit les statistiques des actes qualifiés d’antisémites.

En tout cas, pas la police, étant donné qu’elle ne procède à aucun recensement par confession religieuse. Alors, qui fournit ces chiffres ? Etonnement, ceux-ci ne sont pas recensés par des organismes officiels étatiques, mais par des associations de défense de la communauté juive de France, notamment le Crif et la Licra, connus pour leur défense inconditionnelle de l’Etat israélien et leur propension à s’aligner sur le narratif militariste sioniste, en particulier dans les périodes de conflits armés. Autrement dit, ces chiffres sont fournis par des instances qui ont partie liée avec le sionisme et l’Etat d’Israël. Comment accorder foi à des chiffres qui, outre qu’ils sont établis en infraction avec la loi, sont fournis par des organisations liées au sionisme ?

Ainsi, chaque année, presque 4 millions de Français sont victimes de délits ou de crimes. Pourtant, le gouvernement et les médias, tout comme la classe politique française, ne manifestent pas la même empathie et solidarité à l’égard de ces presque 4 millions de Français victimes, qui d’agression, qui de violences, qui de viol, qui de cambriolage, qui de meurtre.

Tout se passe comme s’ils n’appartenaient pas à la République. On n’entend pas un homme politique français proclamer à leur égard «toucher à un de ces Français, c’est toucher toute la République». Peut-être ont-ils eu le malheur de naître français, d’être d’origine maghrébine ou subsaharienne. Ou tout simplement d’être pauvres. D’appartenir à la classe populaire. D’être nés sous la mauvaise étoile.

Pour revenir au fléau social des violences sexuelles, en 2023, les services de sécurité intérieure ont enregistré 114 000 victimes, dont 84 000 ont subi ces violences hors du cadre familial.

La répartition des types de violences demeure stable ces dernières années : 73% de violences sexuelles physiques (viol, agression sexuelle, atteinte sexuelle), 7% d’atteintes non physiques (harcèlement sexuel, voyeurisme, outrage sexiste), 12% d’exploitation sexuelle (proxénétisme, recours à la prostitution, pédopornographie, corruption d’un mineur) et enfin 9% d’exhibition sexuelle.

Les femmes représentent la très grande majorité des victimes de ces violences, soit 85%, alors qu’elles forment 52% de la population française. Chez les mineurs, cette proportion est sensiblement la même, avec 81% de victimes féminines. Et les hommes constituent l’écrasante majorité des auteurs de violences : 96% des mis en cause sont de sexe masculin. A noter, 28% des auteurs sont mineurs. Plus de la moitié des victimes de violences sexuelles en dehors du cadre familial sont mineures au moment des faits (57%).

Au vrai, en France, comme partout dans le monde, le nombre de victimes et leur répartition restent approximatifs, les victimes révélant peu ces crimes. En effet, une grande majorité de faits de violences sexuelles ne sont jamais signalés, ou signalés beaucoup plus tard. Autrement dit, aux 114 000 victimes de violences sexuelles enregistrées, il faudrait ajouter des milliers d’autres victimes non signalées à la police ou à la gendarmerie.

Ces violences sexuelles s’intègrent aux violences physiques. En 2023, plus de 444 000 personnes ont été victimes, selon le décompte du ministre de l’Intérieur, soit une hausse de 7%. 

Ainsi, en France, on enregistre chaque année 3,8 millions de crimes et de délits réellement enregistrés. Soit 10 410 crimes et délits par jour. 444 000 violences physiques, soit 1216 par jour. 114 000 violences sexuelles officiellement enregistrées, soit 312 victimes d’agression sexuelle et viol.

Pourtant, le gouvernement et les médias, tout comme la classe politique française, ne manifestent pas la même empathie et solidarité à l’égard de ces presque 114 000 victimes d’agression sexuelle et de viol.

Tout se passe comme si ces victimes françaises, de toutes conditions sociales et obédiences religieuses, n’appartenaient pas à la République. On n’entend pas un homme politique français proclamer à leur égard «toucher à une de ces jeunes filles françaises, c’est toucher toute la République». «Tout viol est une abomination, quand il est commis contre toute fillette, c’est une horreur.» Ni le président de la République, Macron, ordonner, après chaque agression sexuelle d’une adolescente (312 victimes par jour), aux chefs d’établissements scolaires d’organiser un débat de sensibilisation sur les violences sexuelles faites aux filles françaises.

Pour rappel, au lendemain de la présumée agression sexuelle de la fillette à Courbevoie, ce mercredi 19 juin, Macron a annoncé en Conseil des ministres qu’«un temps d’échanges soit organisé dans les prochains jours dans les écoles sur le racisme et l’antisémitisme».

Un débat national sur les violences sexuelles ne semble pas à l’ordre du jour en France. La France officielle préfère s’adonner, de manière indécente, aux ébats politiciens pimentés par le sionisme obscène, cet excitant des tensions et conflits protéiformes. Ce sionisme qui vampirise en permanence l’actualité, s’octroie en toute occasion la primauté.

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