Alors que la population palestinienne continue de subir les conséquences du génocide, de l’agression et de la destruction de la bande de Gaza, Rabat prépare le déploiement de centaines de militaires dans le cadre d’une force internationale de "stabilisation".
Une participation qui soulève des interrogations sur le rôle de cette force, appelée notamment à contribuer au désarmement de la résistance palestinienne, et sur le rapprochement entre le Maroc et l’entité sioniste.
Le Maroc poursuit son implication dans le dispositif international prévu pour la bande de Gaza. Jusqu’à 500 militaires marocains auraient reçu une formation en préparation de leur éventuel déploiement dans le territoire palestinien.
D’après le média espagnol El Independiente, qui a rapporté cette information ce mercredi 21 octobre, la formation a débuté vers la fin du mois d’août au Maroc, sous la conduite de la Force internationale de stabilisation", dirigée par les États-Unis. Elle aurait d’abord concerné un groupe d’officiers et d’instructeurs, avant d’être étendue au reste du contingent. Le responsable cité n’a toutefois pas confirmé que l’ensemble du programme était achevé.
Rabat figure parmi les pays ayant accepté de contribuer à cette force multinationale, aux côtés de l’Indonésie, du Kazakhstan, du Kosovo et de l’Albanie. Le Maroc, dont le comateux commandeur est président du Comité d'El Qods ,pourrait être le premier de ces pays à déployer effectivement des personnels dans la bande de Gaza, même si aucune date précise n’a encore été annoncée.
Une mission qui interroge sur le sort des Palestiniens
La Force internationale de "stabilisation" est prévue par le plan américain pour Gaza, comprend notamment" l’appui à la sécurisation du territoire, la protection des civils, la surveillance des couloirs d’aide humanitaire et la contribution au désarmement de la résistance".
Cette " force" soulève des questions sur les conditions d’intervention des contingents étrangers et sur les risques de confrontation avec des Palestiniens, alors que l’avenir politique et sécuritaire de Gaza demeure incertain.
La participation marocaine intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par les destructions massives, les besoins humanitaires et les revendications palestiniennes concernant le droit à l’autodétermination. La présence de militaires étrangers dans l’enclave pose ainsi la question de leur rôle concret et des garanties destinées à empêcher que les opérations de sécurisation ne se fassent au détriment de la population palestinienne.
La normalisation avec l’entité sioniste en toile de fond
Cette participation intervient également dans un contexte de rapprochement croissant entre Rabat et l’entité sioniste, depuis la normalisation de leurs relations en décembre 2020, dans le cadre des accords d’Abraham, avec le soutien de l’administration américaine de Donald Trump.
Malgré l’opposition exprimée au sein de la société marocaine à cette normalisation, les autorités poursuivent leur coopération avec Tel-Aviv. La perspective d’un déploiement militaire à Gaza ravive ainsi les interrogations sur la cohérence entre les positions officiellement affichées en faveur de la cause palestinienne et les choix diplomatiques et sécuritaires de la royauté.
Dans les colonnes d’El Independiente, Karim Hassoun, cofondateur de la Hind Rajab Foundation, organisation engagée dans des procédures judiciaires visant des militaires sionistes soupçonnés de violations des droits humains, critique cette implication. Il estime que la participation à un dispositif lié au gouvernement génocidaire de Benjamin Netanyahu expose les militaires concernés à des risques juridiques et politiques.
Pour cet activiste, les autorités marocaines prennent une décision qui ne reflète pas la position d’une partie importante de la population, opposée à la normalisation avec l’entité sioniste et solidaire des Palestiniens.
Un déploiement toujours tributaire des autorisations sionistes.
Malgré les préparatifs annoncés, le déploiement de la force internationale reste soumis à plusieurs contraintes.
Des projets nécessaires à son installation, notamment la construction d’une base destinée à accueillir environ 150 personnels près de la ligne de démarcation dite « ligne jaune », attendent encore des autorisations sionistes.
Ces retards illustrent les incertitudes entourant la mise en œuvre du plan américain. Le calendrier du déploiement dépendra notamment de l’avancement des préparatifs et des décisions relatives à l’organisation de la présence internationale dans l’enclave.
En s’engageant dans ce dispositif, Rabat s’expose à une question politique majeure : celle de la place accordée aux aspirations des Palestiniens dans les arrangements sécuritaires concernant leur propre territoire. Au-delà de l’annonce de l’envoi de militaires, c’est donc le rôle de cette force, ses règles d’intervention et ses conséquences pour la population de Gaza qui restent au cœur des interrogations.
Rédaction Algérie 54