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L’Italie, l’Allemagne et l’Autriche, favorables pour la réalisation du gazoduc SoutH2Corridor

Des médias occidentaux annoncent que les ministres de l’énergie de l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche ont signé une lettre conjointe de soutien politique au développement du gazoduc SoutH2Corridor , un tube de 3 300 kilomètres préparé pour le transport de l’hydrogène et qui devrait être le principal moyen de transport réseau en Europe. Le SoutH2Corridor, long de 3000 km devra transporter deux fois plus de tonnes d’hydrogène que le H2Med. Il sera opérationnel avant 2030.

Les gestionnaires de réseau de transport (GRT) de ces territoires, l’italien Snam , les autrichiens TAG et GCA et les allemands Bayernets, se sont réunis dernièrement pour élaborer une feuille de route, concernant la mise en oeuvre du projet  gazoduc SoutH2Corridor  .

Les gestionnaires de réseau de transport se sont prononcés en faveur de l’alignement politique pour le développement du gazoduc qui reliera l’Algérie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne pour le transport de l’hydrogène. On estime qu’il sera opérationnel avant 2030. Il aura une capacité de quatre millions de tonnes d’hydrogène par an , soit l’équivalent de 133,2 TWh/an. Deux fois plus que celui que transportera le H2Med, estimée à environ deux millions de tonnes.

Les promoteurs du plan espèrent recevoir le statut de « projet d’intérêt commun » afin qu’il puisse bénéficier d’un financement. Le gouvernement allemand dirigé par le chancelier Olaf Scholz parie gros sur l’Algérie. Ainsi, les deux pays ont signé un protocole d’accord fin 2022 pour la construction de la première usine d’hydrogène en Algérie. L’accord a été signé entre Sonatrach , et la compagnie gazière allemande VNG AG . Selon les autorités algériennes, la centrale proposée aura une capacité de production de 50 mégawatts.

Le tracé du futur gazoduc. | Source : South2Corridor

Il y a deux mois, lors d’un événement appelé ‘ Decarbonization Pathway-HyAccelerator Day 2023 ‘, le projet SoutH2Corridor était présenté à Munich (Allemagne). Il a reçu la même qualification que le pipeline H2Med avait reçu des mois auparavant : « Une colonne vertébrale pour soutenir la création d’un marché de l’hydrogène intégré et interconnecté dans l’UE. » La table ronde a réuni des acteurs clés d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne représentant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, depuis la production, le transport et l’extraction. Au cours de la conférence, un appel à l’action a été lancé aux gouvernements, aux régulateurs et aux institutions financières pour permettre le développement d’un futur gazoduc.

« Cet événement est le résultat des mois de travail acharné et il est à la fois important et satisfaisant de voir un tel engagement et des intérêts alignés. Nous avons un plan de suivi concret pour le projet du Corridor SoutH2 avec lequel nous allons aller de l’avant . Ensemble, nous faisons bouger les choses », avait alors déclaré Piero Ercoli, vice-président de l’unité des projets de décarbonisation de l’entreprise italienne publique Snam.

H2Med a commencé fort avec une grande intégrité entre tous les pays impliqués, mais les premières fissures sont rapidement apparues. Celles-ci étaient dues à la confrontation entre l’Espagne et la France sur la couleur du gaz à transporter : vert (produit par l’énergie éolienne et solaire) ou rose (grâce au nucléaire). Une « crise » qui n’a pas été surmontée. D’autre part, il a été annoncé qu’il serait capable de transporter 10 % de la consommation d’hydrogène de l’UE d’ici 2030. Le coût du projet est estimé à environ 2 500 millions d’euros. Cependant, Enagás est allé plus loin et a estimé l’investissement total à environ 7 000 millions d’euros.
Dans un précédent article, le président de la Fondation Enrico Mattei, en l’occurrence Ardo Curzi Mattei avait évoqué les capacités de l’Algérie, à devenir un leader mondial en matière d’exportation de l’hydrogène, en bénéficiant de la maîtrise technologique de son pays qui entretient des relations stratégiques et de partenariat avec l’Algérie.
Pour rappel,le président de la république Abdelmadjid Tebboune avait évoqué lors de la dernière visite de la présidente du Conseil Italien Giorgia Meloni en Algérie, la possibilité de la réalisation d’un gazoduc  entre l’Algérie et la péninsule transalpine permettant à l’Algérie d’exporter outre le gaz, l’électricité, l’ammoniac et l’hydrogène.
Ce projet revêtait « une importance extrême » et « sera réalisé en peu de temps »,avait rassuré le président Tebboune.

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