La famille du défenseur des droits humains sahraoui Naâma Asfari, détenu dans le cadre du groupe de Gdeim Izik, alerte sur sa situation ainsi que sur celle de huit de ses codétenus, après la reprise de leur grève de la faim le 23 septembre 2026. Dans une « alerte urgente » rendue publique le 28 septembre, elle affirme ne plus avoir pu communiquer directement avec Naâma Asfari depuis le 21 septembre.
 
Selon la famille, le dernier contact téléphonique avec Naâma Asfari a eu lieu le lundi 21 septembre à 10h44, heure locale au Maroc. Le détenu avait alors échangé avec son frère Khaddad Asfari, avant de parler le même jour avec son épouse, la militante française Claude Mangin, qui se voit refuser le droit de lui rendre visite.
 
Naâma Asfari aurait indiqué à son épouse qu’il reprendrait contact avec elle le mercredi suivant, vers 10h30, heure locale. Cet appel n’a toutefois pas eu lieu. Depuis, la famille affirme ne plus avoir eu de contact direct avec lui. Elle indique que les huit autres détenus participant à la grève de la faim, incarcérés dans différents établissements pénitentiaires, seraient également privés de communication avec leurs familles.
 
Cette rupture intervient alors que les détenus ont repris leur grève de la faim le 23 septembre, ce qui suscite des inquiétudes au sein de leurs familles quant à leur état de santé et à leurs conditions de détention. La famille de Naâma Asfari demande ainsi une vérification urgente et indépendante de la situation des neuf détenus, notamment de leur état de santé, de leurs conditions de détention et de leur accès effectif aux soins médicaux.
 
Elle rappelle qu’une situation similaire s’était déjà produite en juillet dernier, durant une précédente grève de la faim de Naâma Asfari. Dans un communiqué publié le 23 juillet 2026, la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion avait expliqué la coupure des communications par l’utilisation du téléphone par le détenu pour transmettre à son épouse des informations sur sa situation, informations qui étaient, selon la délégation, « utilisées contre le Maroc ».
 
Dans sa nouvelle alerte, la famille souligne qu’elle ne cherche pas à déterminer les causes de la rupture actuelle des communications ni à établir d’éventuelles responsabilités. Elle appelle toutefois les organismes compétents à vérifier rapidement la situation des détenus, compte tenu notamment des risques liés à la poursuite d’une grève de la faim.
 
La famille demande également que les détenus puissent bénéficier d’une prise en charge médicale appropriée, que leurs liens avec leurs proches soient préservés et que leur droit à communiquer avec leurs avocats soit garanti conformément aux règles applicables.
 
Elle appelle enfin les mécanismes internationaux et les organisations spécialisées à examiner cette situation et à engager, dans le cadre de leurs compétences respectives, les démarches qu’ils jugeront nécessaires auprès des autorités concernées.
 
La famille de Naâma Asfari affirme rester à la disposition des organismes sollicités pour fournir tout document ou élément complémentaire susceptible de contribuer à la vérification des faits, tout en appelant à la protection de la vie privée et de la sécurité des personnes concernées.
 
Rédaction Algérie 54