L’Algérie commémore, mercredi, le 69e anniversaire de la grève historique des huit (8) jours, un événement marquant ayant illustré l’unité du peuple algérien et son attachement à sa Révolution, et démontré sa capacité de résistance face à l’occupation française, tout en mettant à nu ses pratiques criminelles.
Cette grève, de par la mobilisation massive et la large adhésion du peuple algérien qu’elle a suscitées, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, a démontré la grande cohésion entre les différentes composantes de la société et leur ralliement unanime à la Révolution.
Cet élan populaire a trouvé un écho médiatique important, à travers la presse révolutionnaire de l’époque, notamment par le biais de la Radio secrète, qui a joué un rôle clé dans la mobilisation des Algériens, à travers ses appels à la résistance durant cette semaine de lutte, qui a amené la France coloniale à recourir à tous les moyens de répression et de manipulation.
Cette grève générale, à laquelle a appelé le Comité de coordination et d’exécution (CCE) du Front de libération nationale (FLN), et dont la préparation a été confiée aux chefs des six (6) wilayas historiques, s’est déroulée du 28 janvier au 4 février 1957. Elle a vu la participation des organisations de masse, toutes composantes confondues, notamment les travailleurs, les commerçants et les artisans.
Cette adhésion unanime à l’action révolutionnaire a permis d’unifier les rangs du peuple algérien autour de sa cause décisive, de réduire à néant les allégations de l’occupant français et de faire entendre la voix de la Révolution algérienne, tout en réaffirmant que le FLN était le seul représentant légitime du peuple algérien.
La grève des huit jours a permis d’atteindre l’un des principaux objectifs de la Révolution nationale, en amenant l’Assemblée générale des Nations Unies à inscrire la question algérienne à l’ordre du jour de sa 11e session dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et ce, à la demande du groupe arabo-asiatique.
Elle a également permis de mettre en échec les plans de l’occupant visant à séparer le peuple de sa Révolution par la propagande et la désinformation et de barrer la route aux partisans de l'”Algérie française”.
En répondant massivement à l’appel à la grève, le peuple algérien a asséné un coup de grâce à la France coloniale, qui a tenté d’étouffer la résistance des Algériens par les massacres, la répression barbare, les arrestations arbitraires, la torture, l’expulsion et la destruction des biens.
Les forces coloniales françaises ont alors lancé une campagne d’arrestation de plusieurs dirigeants de la Révolution, à leur tête Larbi Ben M’hidi, mort en martyr sous les sévices de la torture. Elles ont également découvert la cachette d’Ali Lapointe et de ses compagnons, qui ont refusé de se rendre, préférant mourir en martyrs.
Les historiens affirment que les autorités françaises ont mené des opérations de ratissage tous azimuts pour briser la grève, tuant près de 1500 fidayin armés qui étaient soutenus par près de 5000 civils à la Casbah.
L’administration coloniale a également interrogé 40% des citoyens algériens, dont des dizaines ont été arrêtés et tués. Des centaines d’autres ont été envoyés dans des camps de concentration.
Cependant, cette violente répression et ces massacres n’ont pas eu raison de la résistance du peuple algérien, comme en témoignent les Manifestation du 11 décembre 1960 et la poursuite de la lutte jusqu’au recouvrement de l’indépendance et de la souveraineté nationale.
Cette grève historique, se voulant une concrétisation réelle des clauses du Congrès de la Soummam qui appelaient à la nécessité de dynamiser le soutien populaire en faveur de la Révolution, a également été marquée par l’active contribution de la communauté algérienne à l’étranger, notamment en France, dans un message clair confirmant la cohésion du peuple algérien avec sa direction révolutionnaire.