Treize organisations de défense des droits humains appellent à la mise en œuvre des décisions et avis des mécanismes des Nations unies concernant les prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, dont plusieurs observent une grève de la faim illimitée depuis le 23 septembre 2026 dans les prisons marocaines.
 
Dans un communiqué de solidarité publié dans le cadre du projet SOS-Defenders, les organisations signataires expriment leur vive inquiétude quant à l’état de santé des détenus et réclament la libération immédiate de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis.
 
Les grévistes protestent contre la poursuite de leur détention et leurs conditions d’incarcération. Ils exigent notamment l’application des avis et recommandations des mécanismes onusiens chargés des droits humains, dont les rapporteurs spéciaux, le Comité contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire. Ils demandent également leur transfert vers des prisons situées au Sahara occidental, afin de se rapprocher de leurs familles.
 
Selon le communiqué, huit détenus poursuivent cette grève de la faim : Naâma Asfari, Ahmed Sebaï, El Hassan Dah, El Hussein Zaoui, Mohamed Bani, Mohamed Lemine Haddi, Mohamed El Bachir Boutenkiza et Abdellah Abahah.
 
La déclaration fait également état de plusieurs transferts récents. Bachir Khada a été transféré à la prison locale de Laâyoune, au Sahara occidental, où il a suspendu sa grève de la faim. Naâma Asfari a, quant à lui, été transféré à la prison de Loudaya, à Marrakech, tandis qu’El Hassan Dah a été transféré à la prison d’Ibn Jarir. Tous deux poursuivent leur grève de la faim.
 
Les organisations rappellent que cette mobilisation intervient plus de seize ans après l’arrestation des membres du groupe de Gdeim Izik. Elles soulignent les souffrances persistantes des détenus dans les prisons marocaines ainsi que les difficultés endurées par leurs familles.
 
Parmi les signataires figurent notamment le Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains au Sahara Occidental (CODESA), l’Association tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
 
Les organisations réaffirment leur préoccupation face aux risques pesant sur la santé des grévistes et appellent à la mise en œuvre des avis et recommandations des mécanismes des Nations unies, tout en renouvelant leur exigence de libération immédiate des prisonniers politiques sahraouis.
 
Rasha Selmi