Le département espagnol de la sécurité intérieure relevant de la compétence du gouvernement espagnol vient de publier un rapport accablant sur la hausse de l’activité criminelle de trafic de drogue menée par le régime du Makhzen, dans un contexte géopolitique marqué par le soutien indéfectible de Madrid à la cause palestinienne et son refus du diktat américano-sioniste au sujet de l’agression menée contre l’Iran.
Dans ce rapport, le régime du Makhzen est qualifié de locomotive de la production mondiale du haschisch, précisant que la filière d’exportation marocaine a été réactivée en 2025, confirmée parle Centre d’opérations et de surveillance maritimes de la Marine espagnole, qui signale au passage la mise en service d’environ 600 vedettes rapides, en circulation entre les deux pays.
La publication de ce rapport survient quelques jours après la mort de deux agents espagnols de la Garde civile au large de Huelva. Pour la Garde civile espagnole, il n’y a aucun doute, c’est les trafiquants de drogue qui sont à l’origine de la mort des deux gardes civils.
Sur ce volet, le rapport est explicite, les réseaux criminels de trafic de drogue opèrent à partir du Maroc, bénéficiant d’une large manœuvre e de facilités. Les réseaux criminels utilisent des d’embarcations de types (petits semi-rigides, bateaux de pêche, voiliers, bateaux de plaisance, et yachts) .
Cette dynamique de trafic de drogue menée à partir du territoire marocain, coïncide selon les autorités sécuritaires ibériques avec la hausse fort constatée des saisies de carburant dans le sud de la péninsule , notamment dans les provinces de Cadix et de Huelva, destiné à approvisionner les bateaux de trafiquants de drogue .
Pour sa part, le média espagnol La Gaceta dans sa livraison de ce jeudi 14 mai revient sur l’impunité accordée aux trafiquants de drogue au Maroc. Pour le média espagnol la grâce royale accordée par le Commandeur à 4831 prisonniers poursuivis ou recherchés pour des infractions liées à la culture du cannabis, a été le catalyseur à cette redynamisation de l’activité criminelle de trafic de drogue.
Cette mesure de grâce intervenait trois ans après la loi de 2021 qui réglemente la culture du cannabis à des fins thérapeutiques et industrielles. Le régime du Makhzen, par l’intermédiaire de l’Agence nationale de régulation des activités liées au cannabis (ANRAC), ont présenté cette mesure comme un pas vers l’intégration des cultivateurs dans le système légal et la réduction de la production illicite.
Grâce à ces mesures, qui ont concrètement eu un effet incitatif, la production a progressé de manière constante. En 2024, elle a atteint 4 082 tonnes sur 2 169 hectares ; en 2025, la superficie légalement cultivée oscillait entre 3 141 et 4 751 hectares, selon diverses estimations, pour une production de 1 957,6 tonnes de matière sèche. Des milliers de licences supplémentaires ont été accordées, et le nombre d’agriculteurs autorisés a dépassé les 5 000 par an après l’amnistie susmentionnée. En résumé, cette amnistie a entraîné une augmentation exponentielle de la production de matière première servant à la fabrication du haschisch.
Les 4 831 cultivateurs graciés faisaient partie de la filière transformant le cannabis en haschisch prêt à l’exportation. Leur réinsertion s’est faite dans un contexte où la production illégale n’a pas totalement disparu , malgré l’augmentation des activités réglementées. Les réseaux de trafic de drogue opérant dans le nord du Maroc continuent d’utiliser cette matière première pour approvisionner l’Espagne, l’Europe et des pays voisins dont l’Algérie.
Les décisions de Rabat concernant le cannabis ont des conséquences directes sur la sécurité dans toute la région, d’où la nécessité pour les pays limitrophes du royaume du haschisch,de coordonner des actions concertées pour mettre à nu ce régime dont l’activité criminelle de trafic de drogue menace des dizaines de millions de citoyens dans le monde.