Par Rasha Selmi 
 
Réunis du 5 au 7 novembre dans la capitale éthiopienne, les représentants de formations politiques africaines ont adopté la Charte de l'Initiative des Partis politiques africains (APPI), ainsi que son cadre institutionnel. Les travaux ont également abouti à la mise en place de nouvelles structures dirigeantes et à l'adoption d'un plan de travail triennal.
 
Le IIe Sommet des Partis politiques africains, organisé du 5 au 7 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marqué par l'adoption officielle de la Charte de l'Initiative des Partis politiques africains (APPI) et de son cadre institutionnel, ouvrant une nouvelle étape dans la structuration de cette plateforme continentale.
 
Placée sous le thème « Gouverner pour la croissance : les partis politiques comme architectes de l'avenir économique de l'Afrique », cette rencontre a réuni des représentants de formations politiques issues de plusieurs pays africains, ainsi que des responsables institutionnels et des invités internationaux.
 
Les travaux ont été clôturés par le président du Parlement panafricain, le sénateur algérien Fateh Boutbig. Ils ont notamment permis aux participants d'approuver un plan de travail sur trois ans et de mettre en place une direction composée de 17 membres. Le Forum africain des jeunes en politique et le Sommet du leadership politique des femmes d'Afrique ont également été reconnus comme plateformes de participation au sein de l'APPI.
 
Une nouvelle architecture institutionnelle
 
Sur le plan organisationnel, les participants ont procédé à la constitution d'un Bureau exécutif présidé par le Congrès national démocratique (NDC) du Ghana. Sa composition prévoit la représentation de deux formations politiques pour chacune des cinq régions de l'Union africaine, à savoir l'Afrique du Nord, l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe.
 
L'Algérie et la Mauritanie représentent ainsi l'Afrique du Nord au sein de cette instance.
 
La nouvelle architecture prévoit également la création d'un Conseil des écoles et instituts des partis politiques africains (CAPPSI), ainsi que la mise en avant de l'Académie politique pour le leadership transformationnel (PATL). Ces structures auront notamment pour mission de contribuer à la formation des responsables politiques et au renforcement des capacités institutionnelles des formations du continent.
 
À cette occasion, le président de l'APPI, Johnson Asiedu Nketiah, a souligné la nécessité de développer des institutions politiques capables de transformer les ressources naturelles et le potentiel démographique africain en capacités productives, en prospérité et en influence à l'échelle internationale.
 
Souveraineté, intégration et transformation économique
 
Sur le volet politique, le document final du sommet réaffirme l'attachement des formations participantes aux principes de souveraineté, d'autodétermination des peuples, d'intégration et d'unité, conformément aux dispositions de l'Acte constitutif de l'Union africaine.
 
Les participants ont également mis l'accent sur le rôle des partis politiques dans la transformation économique du continent, notamment à travers la réindustrialisation, une gestion prudente de la dette, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la réduction de la dépendance aux exportations de matières premières et aux technologies importées.
 
À cet effet, le Bureau de l'APPI a été chargé d'engager un processus de consultations inclusives à l'échelle continentale, devant déboucher sur l'élaboration de l'Agenda Afrique 2040.
 
Une participation africaine et internationale
 
Le sommet a enregistré la participation de nombreuses formations politiques représentant notamment l'Algérie, le Ghana, l'Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Sénégal, la Namibie et plusieurs autres pays.
 
La délégation algérienne était représentée par le Front de libération nationale (FLN), le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Mouvement El-Bina El-Watani. Le Front Polisario a également pris part aux travaux au titre de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
 
La rencontre a, par ailleurs, accueilli des représentants des ambassades des pays membres de l'Union africaine, des délégués du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ainsi que des invités internationaux.
 
L'Amérique latine était notamment représentée par le Mouvement du socialisme allendiste du Chili, membre du Forum de São Paulo, dont la participation a illustré la dimension internationale de cette initiative et l'intérêt porté au renforcement de la coopération Sud-Sud.
 
À l'issue des travaux, les organisateurs ont salué le soutien des autorités éthiopiennes, notamment le haut patronage du Premier ministre, et appelé le Bureau de l'APPI à assurer le suivi de la mise en œuvre des résolutions adoptées.
 
Avec l'adoption de sa Charte fondatrice et la définition de ses mécanismes institutionnels, l'Initiative des Partis politiques africains entend ainsi consolider un cadre permanent de concertation entre les formations politiques du continent, avec l'ambition de contribuer aux réflexions sur la gouvernance, l'intégration et les perspectives de développement de l'Afrique.
 
Rasha Selmi