Face aux profondes mutations géopolitiques et géoéconomiques qui marquent l’ordre international, l’Algérie s’attèle à renforcer ses espaces de coopération régionale afin de consolider sa sécurité, promouvoir l’intégration économique et accroître son influence sur le continent africain.

Cette stratégie repose sur trois espaces considérés comme ses profondeurs géographiques : l’Afrique du Nord, le Sahel – notamment la zone dite des « trois frontières » entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger – ainsi que la Méditerranée occidentale. Ces espaces constituent, pour Alger, une profondeur stratégique indispensable dans un contexte de recomposition des équilibres régionaux.


La région sahélo-saharienne demeure l’une des principales préoccupations de l’Algérie. L’instabilité politique, les coups de forces successifs, les conflits armés et la montée des menaces transnationales, telles que le terrorisme, le trafic d’armes, la criminalité organisée et le trafic humain, font de cette zone un foyer de tensions susceptible de déstabiliser l’ensemble de la région.
Fidèle à sa doctrine de non-ingérence, l’Algérie ne cesse de poursuivre et de privilégier le dialogue inclusif, la réconciliation et le développement économique comme leviers de stabilisation durable.

Dans cette optique, Alger mise sur des projets structurants destinés à renforcer l’intégration régionale et continentale.
Parmi eux figurent l’autoroute transsaharienne reliant l’Algérie au Nigeria, le projet de gazoduc Nigeria-Algérie via le Niger, le réseau de fibre optique transfrontalier ainsi que la route Tindouf-Zouerate, appelée à ouvrir de nouvelles perspectives commerciales vers l’Afrique de l’Ouest.

Le président Abdelmadjid Tebboune a également annoncé la création de zones économiques frontalières avec plusieurs pays voisins, dont la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, le Mali et le Niger, illustrant la volonté de l’Algérie de faire de la coopération économique un instrument de développement partagé et de sécurité collective.

En effet, Alger défend une approche progressive et inclusive, fondée sur le bon voisinage et le partenariat. L’initiative de concertation trilatérale avec la Tunisie et la Libye s’inscrit dans cette vision, sans se substituer aux mécanismes régionaux existants.

À travers cette démarche multidimensionnelle, l’Algérie entend consolider son rôle de partenaire régional fiable, promouvoir le développement partagé et contribuer à la stabilité de son environnement géostratégique, dans un contexte où les regroupements régionaux apparaissent plus que jamais comme un impératif de sécurité et de prospérité.

Rasha Selmi