Par Hanane Ben

Une simple bannière publicitaire sur une application météo ou un site d’information suffit désormais à pirater un smartphone. En détournant le système mondial d’enchères publicitaires (RTB), l’entreprise sioniste Discover-Tech a mis au point une cyberarme invisible, déployée de Madrid au Pentagone, pour pirater et surveiller à grande échelle. Mais l'usage de ce mercenariat numérique ne s'arrête pas aux frontières de la géopolitique globale. A la royauté du Maroc, ces mêmes technologies sionistes sont détournées par le régime marocain pour mener une guerre d'intimidation et d'anéantissement contre les voix dissonantes.

Ce ne sont plus des liens suspects sur lesquels il faut éviter de cliquer. Il suffit aujourd'hui d’ouvrir une application ordinaire ou de consulter un journal en ligne pour que le piège se referme. Selon les révélations conjointes du Citizen Lab et de la société de sécurité Confiant, la firme sioniste Discover-Tech a militarisé l’infrastructure publicitaire mondiale pour en faire un vecteur de piratage massif.

En injectant du code malveillant dans des bannières d’apparence inoffensive vantant des téléphones ou des écouteurs, la société a manipulé les réseaux de géants comme Google, Comcast ou Yandex pour diffuser jusqu'à 10 millions d’annonces piégées par jour. Cette opération d’une ampleur inédite a infecté ou surveillé des centaines de millions d’utilisateurs sur plus de 120 000 sites web et 75 000 applications.

Baptisée « AdFection », cette méthode détourne le système d'enchères publicitaires en temps réel (RTB) pour analyser chaque visiteur en un éclair. Si la cible correspond au profil visé, le serveur injecte un script malveillant de façon totalement invisible ; s'il s'agit d'un utilisateur ordinaire ou d'un scanner de sécurité, il renvoie une réponse vide pour tromper les antivirus. Reliée à la firme controversée Candiru, Discover-Tech a ainsi piraté au moins 45 appareils de la chaîne Al Jazeera et infiltré les réseaux d'organisations majeures comme l'OTAN, le Pentagone, la CPI ou l'ONU.

L’Espagne et Gibraltar au cœur du viseur israélien

Si la menace touche la planète entière, la péninsule Ibérique a fait l'objet d'un ciblage d'une intensité anormale. Les flux de données analysés par la recherche internationale révèlent une concentration massive d'opérations au-dessus de l'Espagne et de la zone stratégique du détroit de Gibraltar.

Plus grave encore pour la sécurité nationale espagnole, selon les médias espagnols, l'attaque a réussi à franchir les portes de l'Etat. Des scripts d'attaque « AdFection » ont été directement identifiés sur des terminaux connectés aux réseaux du ministère espagnol de la Transformation numérique et de la Fonction publique — l'organe même chargé de piloter la politique technologique et la cybersécurité du pays. Rien que ça !

Rabat-Tel-Aviv : la sinistre alliance du cyberespionnage et de la répression

Des technologies conçues à Tel-Aviv, appliquées à Rabat. L’axe israélo- marocain s’impose aujourd'hui comme le modèle le plus abouti de la tyrannie numérique. En combinant piratage de pointe, intimidation et campagnes de dénigrement, les deux voyous partagent les mêmes méthodes toxiques pour surveiller, harceler et faire taire toute voix dissidente.

Ce savoir-faire israélien en matière de mercenariat numérique trouve au Royaume chérifien son terrain d'application le plus impitoyable. Dans un rapport choc intitulé « On commence par le verdict », Amnesty International dévoile les rouages du vaste système d'espionnage orchestré par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) marocaine.

Tout comme Discover-Tech et Candiru ciblent les institutions et les médias internationaux, les services secrets marocains s'appuient sur l'arsenal technologique israélien — notamment le logiciel Pegasus de NSO Group et les outils d'extraction de Cellebrite — pour faire régner une terreur numérique absolue. De l'historien Maâti Monjib aux journalistes d'investigation, personne n'échappe à cette pieuvre technologique.

Le fait que des entités étatiques, des institutions internationales, des réseaux ministériels et des défenseurs des droits humains aient été exposés à ces vecteurs d'intrusion militaire démontre la fragilité extrême des périmètres de sécurité modernes. Face à une cyberarme qui voyage camouflée au milieu du trafic publicitaire général ou qui s'infiltre à distance dans les smartphones, la sécurité traditionnelle s'effondre.

Devant l'ampleur du scandale, des géants de la Tech comme Google ont exclu en urgence Discover-Tech de leurs plateformes publicitaires. Mais malgré les preuves accumulées et les appels répétitifs d'ONG internationales exigeant un moratoire, Rabat et Tel-Aviv poursuivent leur fuite en avant dans un déni total.

En détournant les réseaux d'information et les technologies du quotidien à des fins d'espionnage et de harcèlement, l’entité sioniste et son relais régional, le Makhzen ont transformé l'espace numérique mondial et régional en un terrain de chasse à l'homme, érigeant la violation de la vie privée et l'écrasement des libertés fondamentales en véritables doctrines d'Etat.

Face à cet engrenage mortifère, les pays de la région, de l’Afrique du Nord jusqu’au Sahel, n’ont aujourd’hui d’autre choix que de bâtir leur propre souveraineté numérique pour se prémunir contre les offensives coordonnées de ces deux malfaisants.