L’organisation internationale des services relatifs aux droits de l’Homme réclame des mesures urgentes pour protéger le militant sahraoui et demande au Maroc de mettre en œuvre les décisions des mécanismes onusiens concernant les détenus du groupe de Gdeim Izik.
 
L’Organisation internationale des services relatifs aux droits de l’Homme (ISHR) a exprimé sa vive préoccupation face aux risques pesant sur la santé du défenseur sahraoui des droits de l’Homme Naâma Asfari, qui observe une grève ouverte de la faim depuis le 23 septembre, aux côtés de huit autres détenus du groupe de Gdeim Izik.
 
Dans un communiqué, l’organisation a appelé les autorités marocaines à prendre des mesures urgentes afin de protéger la vie et l’intégrité physique de Naâma Asfari. Elle a également exhorté Rabat à se conformer aux recommandations des mécanismes des Nations unies chargés des droits de l’Homme et à mettre en œuvre, sans nouveau délai, les décisions du Comité contre la torture ainsi que l’avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire.
 
Citant la famille de Naâma Asfari, l’ISHR indique que le militant et huit autres défenseurs sahraouis détenus ont repris leur grève de la faim le 23 septembre 2026. L’organisation précise que, lors d’un entretien téléphonique avec sa famille le 29 septembre, Naâma Asfari a confirmé son transfert vers une prison à Marrakech et indiqué qu’il poursuivait son mouvement de protestation avec ses codétenus, malgré les tentatives des autorités de les convaincre d’y mettre fin.
 
Naâma Asfari fait partie des neuf défenseurs sahraouis des droits de l’Homme condamnés dans le cadre de l’affaire liée au démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik, au Sahara occidental, en 2010.
 
L’ISHR rappelle également qu’en mai 2026, le Comité des Nations unies contre la torture a réaffirmé ses conclusions concernant le traitement réservé aux militants liés au camp de Gdeim Izik. Selon l’organisation, le Comité a relevé l’existence d’un « schéma persistant d’arrestations arbitraires, de détention à l’isolement et d’actes de torture ou de mauvais traitements lors des interrogatoires », ainsi que l’utilisation, dans les procédures judiciaires, d’aveux obtenus sous la contrainte.
 
L’organisation revient par ailleurs sur la précédente grève de la faim observée par Naâma Asfari cette année. Le militant avait mené un mouvement de 47 jours, du 8 juin au 24 juillet 2026, baptisé « bataille de la dignité ». Cette action visait notamment à protester contre le non-respect, par les autorités marocaines, des appels des Nations unies concernant les conditions de détention de Naâma Asfari et de ses codétenus, ainsi que leur libération.
 
Naâma Asfari avait initialement mis fin à sa grève après la visite d’une délégation de la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion au Maroc. Lors de cette visite, la délégation aurait notamment pris l’engagement de le transférer vers un établissement pénitentiaire plus proche du lieu de résidence de sa famille, l’une des revendications à l’origine de son mouvement de protestation.
 
L’ISHR souligne enfin que les neuf détenus sahraouis actuellement en grève de la faim ont fait l’objet de transferts vers plusieurs établissements pénitentiaires, dans des conditions dénoncées comme difficiles. Ces transferts interviennent alors que les détenus réclament la mise en œuvre des décisions du Comité des Nations unies contre la torture et de l’avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire concernant leur situation.
 
Rédaction Algérie 54