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January 24, 2026

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La “contre-attaque” de l’Empire, la reconfiguration du monde et l’Algérie

Non Trump n'est pas fou. Il agit en fonction des intérêts de son pays sans prendre de détours ni de gants.  En un mot il a tous les défauts sauf celui d'être hypocrite.

Par Mil Boumaza

Non Trump n’est pas fou. Il agit en fonction des intérêts de son pays sans prendre de détours ni de gants.  En un mot il a tous les défauts sauf celui d’être hypocrite.

Il faut comprendre que les États-Unis sont dans une situation qu’ils estiment être une question de vie ou de mort. Or ils n’en sont pas arrivés là du jour au lendemain. C’est le résultat d’un long processus de désindustrialisation qui a conduit à une “financiarisation” de l’économie, où la richesse du pays s’est concentrée principalement à Wall Street.

Cette situation est également le résultat d’une stratégie, qui, comme on peut s’en rendre compte aujourd’hui, s’est avérée pas seulement contre-productive mais destructice. 

Pour en avoir une idée globale, il s’agit de faire un petit retour en arrière. Voici donc une brève rétrospective historique. 

En 1864, par le National Banking Act, Abraham Lincoln décidait de mettre un terme au chaos monétaire aux États-Unis où, dans chaque État, des privés émettaient leur propre monnaie. Cette réforme, œuvre principale de son mandat, constituait une véritable révolution dans le paysage bancaire américain. Elle consistait en la création de banques nationales sous le contrôle de l’état fédéral afin d’unifier et centraliser la création de monnaie.

Aussi, il nous semble que son assassinat, quelques mois plus tard, était moins lié à la question de l’esclave qu’à des banquiers privés, voyant leurs prérogatives de contrôle de la monnaie (garant de leur puissance) leur échapper, ont pris soin d’éliminer cette menace. Il ne fait pas de doute non plus que son successeur, Andrew Johnson, avait été mis place par ces mêmes banquiers, car sa première action a consisté à abroger le décret de Lincoln et donc à revenir à la situation ante.

Deux siècles plus tard, la tentative de Kennedy de transférer le contrôle et la création de la monnaie sous l’autorité du gouvernement fédéral, notamment à travers son Executive Order 11110 en 1963, a connu la même conclusion que son prédécesseur avec son assassinat quelques mois après la proclamation de ce décret.

Voilà donc le sort de ceux qui viennent empiéter sur les platebandes des banquiers privés. Le message est clair : “Qui que vous soyez, président, prince ou État, ne touchez pas à notre argent ou il vous en cuira! “

Entre temps, le deuxième acte (le troisième acte étant l’assassinat de Kennedy) mettait en scène Franklin Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite, Abdelaziz Ibn Saoud, à bord de l’USS Quincy le 14 février 1945. Cette rencontre, qui s’est déroulée au retour de Roosevelt de la conférence de Yalta, constituait le point de départ devant consacrer la suprématie du dollar dans les échanges internationaux : le pétrodollar était né.

Mais pour pérenniser cette nouvelle donne économique internationale, il s’agissait de “protéger” (nous dirions : accaparer) les principales réserves d’hydrocarbures et routes pétrolières à travers le globe.

Ainsi toute menace à cette domination états-unienne est considérée comme une déclaration de guerre et par conséquent justifie l’élimination ou la destruction de dirigeants ou d’États récalcitrants à travers la planète. Car il s’agit là d’une question existentielle. Sans le dollar comme devise internationale et le contrôle des routes commerciales, les États-Unis cessent d’exister, ces derniers ne produisant plus rien. 

Cependant, la machine s’essouffle progressivement et le monde a changé. Il n’est plus le temps où un Cortès ou un Pizarro, avec une poignée d’hommes, conquéraient des empires. Du reste sans l’aide de forces intérieures (les fameuses 5ème colonnes, financées justement par les États-Unis pour la plupart) il leur est impossible de prendre le contrôle d’aucun pays où la population est soudée et fait bloc derrière son armée.

Les dirigeants des États-Unis doivent se rendre à l’évidence : leur pays est engagé dans un déclin irréversible quoi qu’ils fassent. Et l’avenir se trouve en Afrique. Le continent noir constitue justement un relais de croissance et un marché offrant d’innombrables opportunités. 

Le monde a toujours fonctionné comme un vase communiquant : chaque empire déclinant a donné un empire naissant. La richesse de l’un se transmet progressivement à l’autre par toute une série de mécanismes économiques, sociologiques, etc.

Quant au reste du monde (l’Afrique, notamment) nous devons accompagner cet empire déclinant à “atterir” en douceur en lui proposant d’investir sous nos cieux et de contribuer au développement de nos pays, ce qui profiterait à toutes les parties. Car il faut comprendre qu’une chute brutale des États-Unis entraînerait un chaos économique mondial bien plus dramatique que le krach de Wall Street d’octobre 1929.

En effet, les États-Unis étant le plus grand consommateur mondial (la Chine étant par ailleurs le premier producteur mondial), imaginez que votre principal client, qui vous achète plus de 80% de vos produits (à crédit en réalité) disparaît ou, ce qui revient au même, déclare faillite : vous seriez ruiné. C’est pourquoi même des ennemis mortels n’ont aucun intérêt à anéantir brutalement les États-Unis. Et ce, même s’ils ont en les moyens matériels, humains, etc. 

La conclusion à tirer, pour notre pays, de tout ce qui précède, est en premier lieu de faire en sorte que au grand jamais notre banque nationale ne soit privatisée ou même ouverte au privé. Ce serait le début de la fin de la souveraineté et de l’indépendance de l’Algérie. En effet, ouvrir son capital serait comme offrir une dose à un toxicomane invétéré et qui vous dirait : ” Encore une ! c’est la dernière ! c’est promis ! “

Ensuite, il s’agirait de convaincre les investisseurs états-uniens, mais aussi européens et chinois (le marché de ces derniers commençant à être relativement moins rentable) de s’établir en Algérie de préférence pour les avantages comparatifs qu’elle présente (position géostratégique, coûts attractifs, etc).

Enfin pour être une puissance économique, il faudrait, en parallèle des chemins de fer transsahariens reliant les capitales et principaux centres continentaux, constituer une flotte maritime marchande (et militaire) ainsi que des “comptoirs” dans chaque région stratégique pour faire sa place dans le commerce mondial. N’oublions pas que l’Algérie était autrefois une puissance maritime crainte et respectée en méditerranée. 

Or notre chute a été due principalement au déclin de notre flotte, notamment après la bataille de Navarin, où nos marins se sont illustrés par leur combativité et leur habileté dans les combats rapprochés, au prix, malheureusement, de la destruction d’un important contingent de notre marine.

Ce funeste épisode, de l’avis de plusieurs historiens, a contribué directement à l’affaiblissement d’Alger (quasi-absence de défense navale) et a enhardi la France, 3 ans plus tard, à envahir l’Algérie, qui n’avait pas eu le temps de reconstituer sa flotte et former des marins expérimentés. 

La gestion de nos ports doit par ailleurs rester entre les mains de l’Algérie.

A ces conditions, sans faire de vagues, notre pays retrouvera sa grandeur d’antan et fera connaître son rayonnement aux quatre coins du monde. 

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