Les accointances étroites de l'homme d'affaires algérien, actuellement en détention en Espagne, Ayoub Aissiou, avec les cercles proches de l'entité sioniste et du Makhzen, qui s'activent pour empêcher son extradition vers l'Algérie, ont été révélées, lundi, par plusieurs titres de la presse nationale.

En titrant sa Une "Connexions israéliennes et lobbies de l'ombre", le quotidien El-Watan donne à lire des révélations sur l'affaire de l'homme d'affaires, Ayoub Aissiou, lourdement condamné par la justice algérienne dans de "sombres affaires de corruption et qui doit désormais répondre d'agissements criminels d'une gravité exceptionnelle durant la période de la +Issaba+".

Il s'agit, est-il expliqué, de ses accointances avec les cercles sionistes et les officiers du Makhzen, "ces conclaves de l'ombre qui jettent les bases d'une synergie opérationnelle ouvertement orientée vers la déstabilisation de l'Algérie".

Le journal ajoute que "face à l'imminence de son extradition, une opération de sauvetage politique s'est orchestrée. La preuve irréfutable du soutien inconditionnel que lui vouent plusieurs réseaux d'influence sionistes et pro-entité sioniste s'est étalée au grand jour à travers une lettre ouverte adressée aux gouvernements espagnol et français demandant sa libération immédiate".

Revenant sur les péripéties récentes de l'intéressé, la publication fait savoir que c'est le 3 avril 2019 que ce dernier a orchestré sa fuite en France, dans une manœuvre de dérobade à la justice de son pays. Une manœuvre qui ne l'empêche pas de "déployer dés son ancrage européen un activisme méthodique, tissant une toile d'influences tentaculaire entre le territoire français et la confédération suisse".

El-Watan souligne, également, que l'attrait exercé par le Maroc sur Aissiou remonte à 2014 et s'intensifie, avec une fréquence minimale mensuelle, en 2019. Les premiers contacts formels avec les officiers du Makhzen se seraient opérés cette année-là depuis la capitale française, avant de relever le rapprochement effectué en 2023 avec le journaliste Mohamed Sifaoui, lequel a constitué "un rouage pivot, facilitant l'immersion d'Assiou auprès des services d'intelligence français".

L'année 2022 marquera "un seuil critique" avec le premier déplacement du justiciable vers l'entité sioniste, suivi de deux autres, dans une démarche qui "n'avait rien d'un acte isolé", note enfin El-Watan.

"Ce n'est pas en s'accrochant à d'autres causes comme l'affaire Ayoub Aissiou que Sansal parviendra à redorer son blason", écrit, de son côté Le Jour d'Algérie, estimant que Aissiou devient le nouvel ingrédient d'une recette connue: un peu de polémique, beaucoup de dramatisation et, au bout du compte, la volonté de faire passer une cause perdue pour un combat historique".

Dans son article intitulé "Le lobby sioniste défend le fugitif Ayoub Aissiou: lorsque l'agitation se mue en fonction", le journal El-Khabar s'interroge et s'étonne "par quelle logique des intellectuels et des politiciens soutiennent-ils un corrompu ?!".

Tout en affirmant que "le secret est désormais divulgué", le quotidien évoque des "liens étroits" entre celui qui "a spolié l'Etat algérien et d'honnêtes citoyens algériens, et dilapidé les deniers publics" et le Makhzen ainsi que l'entité sioniste, citant quelques personnalités parmi la liste ayant plaidé pour la libération d'un "bandit impliqué dans des activités de blanchiment d'argent et le financement d'opérations de déstabilisation".

Pour El-Khabar, le questionnement qui s'impose est lié à "la volonté d'impliquer le palais de l'Elysée dans cette affaire", y voyant "une preuve du rôle actif de Sansal et de son entourage".